LES MARCHÉS EN
Le 15 juillet 1872, M. Aspinall comparaissait à Londres devant la Cour de TEchiquier, et voici ce qu'il déclarait :
« Je suis parti pour la France avec le directeur de la Compagnie de Cannon Street, M. Gray, lequel m'a servi d'introducteur auprès de M. Steenackers à Tours.
a Au cours de la discussion qui s'est engagée, une difficulté s'était élevée qui touchait à Tordre politique. M. Steenackers est monté à l'étage supérieur pour en référer à M. Gambetta et est descendu ensuite pour continuai la conversation.
« L'entrevue terminée, nous sortions quand M. Sauvinet, cousin de M. Steenackers et qui avait assisté à notre conversation, nous a rejoints dans le couloir.
— « Il est bien entendu, nous a-t-il dit « alors, que tout ceci restera entre nous, « comme vous l'avez mandé dans votre lettre.
< Maintenant M. Steenackers m'envoie vers « vous pour vous demander si vous n'avez « pas l'intention de lui donner une commis- « sion. »
— < Combien ? dit-on.
— « 5,000 livres (125,000 francs) sur un t marché total de 2,700,000 francs. »
« Gray accepta ; après quoi, nous sommes allés dîner à l'hôtel de Bordeaux.
« Vers la fin du repas, on annonça de nouveau M. Sauvinet.
— « M. Steenackers, nous dit-il, trouve, « après réflexion, que 125,000 francs ne sont c( pas une prime suffisante; il en demande à « présent 250,000. »
— « Soit, dit M. Gray.
« Il est convenu que les noms de MM. Steenackers et Sauvinet ne paraissent pas dans l'affaire. C'est en mon nom, à moi Aspinall, ([ue sont souscrites les traites. C'est moi qui devais signer les reçus.
« Le 27 ou le 28 novembre, M. Sauvinet est arrivé à Londres, apportant le contrat modifié, réduit à 2,400,000 francs. En conséquence de cette modification, M. Steenackers, spontanément, réduisait sa prime à 200^000 francs.
« Sur les 200,000 francs, M. Sauvinet en a
touché immédiatement 100,000 en billets de 1,000 livres de la Banque d'Angleterre. C'est moi qui ai signé les reçus. »
{Lettre adressée à M. Numa Gilly.)