‹ Mes estampes, 1872-1884Chapitre 46 sur 51 · CONTES ET NOUVELLES EN VERS, par Jean de · texte numérisé non relu

CONTES ET NOUVELLES EN VERS, par Jean de

La Fontaine. Paris, Didot l'aîne, 1795, 2 vol. in-4, cart.

non rogné.

Fleuron de titre par Choffard, épreuve hors texte sur papier de soie volant, et eau-forte.

Vingt-huit figures de Fragonard, Touzé, avant les numéros, et TRENTE-ciNa EAUX-FORTES, parmi lesquelles celle de Feronde, rarissime.

Ce précieux livre est une de mes plus heureuses trouvailles. Il me fut vendu en 1873 P^"" ^^ libraire Caen, pour 400 francs. Depuis, la vogue de cet ouvrage a toujours été en croissant, et l'exemplaire de Sieurin a atteint en vente publique le prix de 20.000 francs, sans les frais.

Caen était un type de libraire très-particulier. Je le vois encore dans son magasin du Passage des Panoramas, raide dans son faux-col, caressant ses longs favoris, toujours debout, un livre a la main et lisant ; avec l'air d'un gentleman qui daignait de temps en temps interrompre sa lecture pour vous céder un livre. Q.uand on le connaissait, il était de relations fort agréables, mais l'abord était froid, et ce n'est pas lui qui se serait accommodé des causeries quotidiennes de bibliophiles.

Il avait pour commis Charles Fatout (depuis, l'associé de Morgand), qui lui était très-dévoué. Fatout, fin limier, n'avait pas son pareil pour rapporter au Passage des Panoramas les livres précieux qu'il dépistait chez les libraires du Q.uai. Il y avait là des libraires-voyageurs^ i:///«eHrs,

aui furetaient partout, en province et a l'étranger. Fatout était avisé e leur retour et les bons morceaux étaient mis de côté peur lui. Ces odyssées de livres, passant de librairie en librairie avec crescendo de prix, étaient alors fréquentes : il y en a qui sont restées célèbres, et l'on cite des ouvrages, sortis pour cinquante francs de l'étalage d'un bouquiniste de province, qui sont venus Passage des Panoramas, après avoir sauté de Q.uai St. -Michel en Q.uai Voltaire, etc., et ont été vendus dix mille francs et plus.

Fatout avait un goût fort remarquable pour disposer l'étalage de la librairie. Q.ue de fois, étant enfant, je suis resté pâmé d'envie devant cette harmonieuse exposition ! Je ne savais pas alors ce qu'apprennent les initiés, que chez les libraires comme chez les marchands de curiosités, les objets de premier ordre ne figurent pour ainsi dire jamais aux étalages. Soigneusement cachés au gros du public, on ne les montre qu'aux clients de choix, auxquels ils sont réservés, et jamais un acheteur d'occasion n'aura la primeur de ces précieuses trouvailles. Revenons aux Contes de La Fontaine. M. Paillet a eu la bonne fortune d'acquérir 57 dessins originaux et la plupart inédits de Fragonard pour les Contes, et la non moins bonne idée de mettre ces merveilleux dessins a la portée des bibliophiles en les faisant reproduire a l'eauforte, en fac-similé (autant que faire se peut) par Martial. Ces reproductions ont eu beaucoup de succès, ont rapporté beau bénéfice a l'éditeur et au graveur, et ont même remboursé au possesseur des dessins leur prix d'acquisition. C^'est un des plus beaux « coups « dont l'histoire de la bibliophilie fasse mention dans ces dernières années. M. Paillet a bien voulu me donner une suite de ces reproductions, avant la lettre, en bistre, que j'ai fait relier en un album.

Depuis, on a abusé de ces reproductions des dessins de Fragonard . Rouquette en a fait encore une réduction in-8 ; Conquet en a fait graver vingt par De Mare ; Lemonnier reproduit dans leur format in-4 les gravures de l'édition de Didot. Tout cela fait beaucoup. Gare la satiété, voisine de l'écœurement !

197. LES AMOURS DE PSYCHÉ ET DE CUPIDON , avec le poëme à' Adonis, par La Fontaine. Paris, Didot, an 111, un vol. in-4, cart. non rogné.

Portrait gravé par Audouin, avec son eau-forte, par Pauquet. Figures de Moreau avant la lettre, et eaux-fortes.

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