‹ Mes expériences avec les esprits [microforme]Chapitre 13 sur 13 · RÉVÉLATIONS CONTRE LA RÉVÉLATION · texte numérisé non relu

RÉVÉLATIONS CONTRE LA RÉVÉLATION

Ges deux médiums — qui ne se connaissent pas, vivant loin l’un @e l'autre, seraient incapables d'écrire ce que les esprits ont dicté par leur entremise, pendant qu'ils dormaient, Je connais parfaitement le premier, Alfred James, et je puis certifier que cet être est nul, grossier, tllettré — tout à fait au-dessous de l'œuvre accomplie. M. J. M. Roberts (décédé depuis peu), rédacteur de Mind and Matter, organe spirite publié à Philadelphie, recueillit les dictées et les inséra dans son journal hebdomadaire (18811. Réunies, ces révélations formeraient un fort volume. Il est probable qu'un jour ou l'autre ces dictées remarquables seront publiées en un livre et qu'elles seront traduites. C'est le sort qu'elles méritent. En attendant j'en donne quelques-unes, que j'ai traduites aussi littéralement que possible.

Les autres révélations, sur le même sujet, par les mêmes esprits, en grande partie — et transmises par le médium Budington (dont le nom ne paraît pas) furent publiées à Springfield (Mass.\ 1883, en un volume de 208 pages — sous le titre de : Jésus-CHRisT, & Ficrion. Il est dit que l'esprit de Faraday servit de

porte-voix aux autres esprits pour communiquer par le médium, ce que ces derniers avaient à déclarer.

Ces révélations, données par deux médiums différents, tendent au même but et concordent en substance. Elles servent à montrer l’état actif du spiritisme américain — dont je me fais l'interprète. C'est pourquoi je crois devoir les signaler dans cet ouvrage et en insérer quelques-unes.

Communication d'Apollonius de Tyane. — Alfred JAMES, médium.

« Que notre salut soit la revendication de la vérité et le triomphe sur la superstition. — Je suis né, selon l'ère chrétienne, le 16 février, l'an 2, de parents riches; je suivis jusqu’à ma 26° année les cours de philosophie et de littérature — puis je servis pendant six ans sous Euxène d'Héraclée, apprenant la philosophie pythagoricienne. Après avoir acquis tout ce que je pus apprendre des instructions de ce philosophe, j'allai à Antioche et de là à Jérusalem. A cause de manifestations spirites merveilleuses qui eurent lieu par ma médiumnité alors nouvelle, dont plusieurs personnes de Jérusalem avaient entendu parler, mon entrée dans cette ville fut acclamée, comme on a dit que l'entrée de Jésus de Nazareth avait été acclamée par des hozannas et des cantiques de louanges à celui q'ai vint au nom du Seigneur. Maintenant, faites bien attention à ce que je vais vous dire : ceci eut lieu à ma 33° année. Je désire que vous fassiez la plus grande attention à ce que je vais vous raconter : — En examinant le livre de Josephe (La Guerre des Juifs) Vous verrez que concernant le siège de Jérusalem une certaine prophétie fut citée, ou des mots furent prononcés, comme il est allégué par Jésus

de Nazareth — mots qui furent accomplis. Vous trouverez ce à quoi je fais allusion dans Mathieu, chap. 23, V. 35, où le soi-disant Jésus affirma, dit-on, que cette génération était coupable de tout le sang qui avait été versé depuis celui d'Abel jusqu'à celui de Zacharie, fils de Baroch, tué entre le temple et l'autel, exactement 34 ans après la prétendue mort de Jésus, Et vous trouverez cette prophétie alors accomplie, tandis qu'on prétend que Jésus a dit qu'elle avait été accomplie dans son temps ; et ici vous avez un exemple du peu d’'authenticité des Evangiles Chrétiens. Tout ceci je l'ai appris au temps précis où Flavius Josephe écrivait l'histoire de la Guerre des Juifs, car l'empereur Vespasien se servait de moi cornme son oracle quand j'étais dans le même état qu'est ce médium qui siège devant vous.

« Je n'ai jamais dans ma vie mortelle manifesté le désir d'être adoré après ma mort et jamais comme homme mortel je n'ai prèché une telle doctrine. Mais je fus déifié après ma mort. Je reçus en présent neuf épitres de Phraotes de Taxille, dans les Indes, ou plutôt, entre Babylone et les Indes. Ce Phraotes était satrape dans ce temps-là. Ces épîtres contenaient tout ce que contiennent les épitres alléguées écrites par saint Paul. Et d’après ce que j'ai appris comme esprit je conclus que je suis également le Jésus et le saint Paul des Ecritures Chrétiennes — très flatteur sans doute pour ma vanité, mais la ruine de mon bonheur. C'est mon devoir ici de confesser tout ce que je puis me rappeler pour disperser l'obscurité spiritueile et faire briller la lumière de la vérité.

« Il est une chose dont je désire particulièrement parier, —et ceci est le dernier mot du pouvoir spirituel sur la terre. Tous les matérialistes prétendent qu'il est

impossible de ressusciter un mort. Sur ce point, d'après ma connaissance personnelle, j'affirme que si vous avez développé votre corps mortel jusqu'à ce degré, non ce qu’on appelle pureté morale, mais en un amour saint et confiant, avec un cœur qui bat pour l'humanité, — si une telle personne peut être mise en contact avec un corps jeune et frais dont l'esprit s’est échappé avant d'avoir accompli sa mission, prend ce corps par la main avec une volonté puissante, arrêtera cetesprit,le forcera de rentrer dans son corps et de remplir sa mission. Trois choses sont nécessaires pour ceci, d'abord un organisme parfaitement sain. Ceci ne veut pas dire un esprit fort et puissant, mais plutôt un organisme dans lequel l'esprit est plus puissant que le corps, — l'excès de l'esprit produisant ce résultat.

« L'esprit qui vous parle n’est pas borné aux limites du corps que vous avez devant vous. Non seulement il remplit l'organisme physique que vous voyez, mais s'étend bien loin au delà. Alors que je vivais sous l’enveloppe mortelle le vieillard mourait et l'enfant naissait.Par ceci j'entends que la superstition, les dieux et autres idées, etc., tendaient à disparaître, et l’homme, comme aujourd'hui, cherchait quelque chose de plus pratique et de plus avantageux.

« Ce n'était pas à cause de qualités exclusives ou supérieures à celles de tout autre, mais bien à cause du développement spirituel dont j'étais doué, que j'attribue ce que j'ai fait. Je tiens plus particulièrement à établir ce point. Les mortels doués de la sensibilité la plus excessive, de tout âge et de toute gènération, et dont la vie approche le plus de l'harmonie qui doit exister avec les lois divines de la vérité naturelle, peuvent donner le jour à un enfant qui sera le

prétendu sauveur de sa génération. Ce sont les hommes et les femmes qui font entendre aux autres les vérités les plus salutaires les plus élevées, qui sont les sauveurs de leur temps.

« De plus, j'ai ceci à dire. Je me retirai volontairement, n'ayant pas été ostracisé ni banni dans l'île dans laquelle on prétend que saint Jean de la Révélation alla pendant les années 69 et 70 A. D. J'écrivis alors ce qui se passa en moi pendant que j'étais dans un état extatique et ne sachant nullement ce que j'écrivais, — une histoire presque identique à celle que l'on attribue au fameux Jean le Révélateur. Cette histoire n'était rien moins qu'un essai de la part des esprits d'exposer la vérité de la vie spirituelle par l'entremise d’un médium à une génération qui n’était guère capable de la comprendre : parce que le médium choisi pour transmettre ces enseignements était trop imbu du mysticisme de la Judée et des pays voisins pour POuoi bien remplir la tâche.

« Ce que vous, hommes des temps moder nes, appelez la Bibliothèque ante-Nicène, contenait des documents dont quelques-uns existent encore, qui vous justifient de mettre en doute l'exactitude des traducteurs d’aujourd’hui. Qu'ils examinent, s'ils l'osent, les manuscrits auxquels je fais allusion, et ils pourront se convaincre que ce que l'on publie en ce temps est erroné sous plusieurs rapports. Ils ont eu le tort de se trop attacher à la traduction de leurs prédécesseurs et de n’avoir pas assez traduit eux-mêmes.

« Et ici je déclare : — que les Évangiles Chrétiens ont tous été prêchés par moi — et à Jérusalem — et à Ephèse — et à Antioche — et aux Philippi — et à Athènes — et à Rome — et à Alexandrie — et à Babylone. Dans tous ces pays j'ai prêché et au moyen de

manipulations et par certaines qualités que je possé- ” dais, j'ai guéri des malades, rendu la vue aux aveugles, et j'ai même ressuscité des morts, en me servant des moyens plus haut mentionnés. — Je vais essayer de rendre plus clair ce fait de la résurrection des morts : — Si un enfant, adolescent ou vierge, dont le corps est sain, vigoureux et parfait, et dont l'esprit a quitté le corps, dans ce cas je soutiens, qu'alors que ce corps est encore chaud, que quelqu'un de puissant et dont la volonté est forte, peut rendre à ce corps son esprit. En ce sens je suis convaincu que les morts peuvent-être rendus à la vie. — Alors que je vivais sur cette terre tous les philosophes qui prêchaient la rédemption, d'après les autorités de l'antiquité, s'entendaient à dire que telle rédemption devait s'opérer en ce temps-là. D'après ce que j'ai appris depuis que j’habite le monde spirituel, je suis la personne que les esprits avaient choisi pour remplir cette mission. Je ne réclame supériorité sur personne. Je maintiens seulement que mon corps était doué de plus d'esprit que la plupart des hommes de mon temps, même de ceux chez qui ce développement était à l'apogée.

« Mon histoire, telle qu’un certain Damis et d'autres après lui ont transmise aux modernes, en ce qui a trait aux principaux événements de ma vie, est exacte; mais pour ce qui est du mystère, de l'esprit et de la pompe de la narration, elle m'est tout à fait étrangère. Cette narration a été l'œuvre de mes disciples et prosélytes après ma mort, et ce sont eux qui l'ont promulguée.

« J'ajoute ceci et je finis : — Presque toutes les images que dans les temps modernes l’on s'accorde à reconnaître comme étant la ressemblance de Jésus, sont également le portrait identique d’Apollonius de Tyane — peint sous le règne de Vespasien. Cet empe-

reur avait l’habitude de me consulter : j'étais l'oracle dans son camp : et je sauvai un jour la vie de Flavius Josephe.

Ici on demanda à l'esprit comment il se faisait que Josephe n'eût fait aucune mention de cela dans son ouvrage — la Guerre des Juifs? 11 répondit :

« La hiérarchie judaïque avait en horreur et détestait même ses meilleurs amis d'une autre foi, et Josephe étant un pharisien fanatique devait nécessairement omettre de témoigner en faveur d'un Gentil comme moi. Je ne prétends pas dire que les pharisiens étaient de mauvaises gens; mais ils étaient attachés à leur religion jusqu'à en devenir bigots et ennemis de ceux qui ne partageaient pas leurs croyances.

« C'est mon opinion, d'après ce que je puis connaître comme esprit — que tous les Evangiles Chréliens doivent leur origine aux livres par moi apportés des Indes et que je tenais de Phraotes. Les platoniciens, les éclectiques et les gnostiques d'Alexandrie ont puisé à cette source à peu près 150 ans après. Je mourus en 99 à Ephèse, à l'âge de 97 ou 98 ans, — bien que l’on ait prolongé la durée de mon existence Lerrestre jusqu'à 150 ans. — Les originaux des quatre Evangiles me furent donnés par un certain Hiram Ermandi de Taxille, avec qui j'allai dans l’intérieur de l'Inde. Ces Evangiles étaient écrits en caractères ressemblant un peu à celui des Chinois, — sur du papier fort et d'une extrême ténuité. La vie de Bouddha à ses quatre périodes en faisait les frais. La première, de sa conception à sa naissance ; la seconde, de son enfance et de son adolescence; la troisième, de sa maturité; la quatrième, de sa vieillesse et de sa mort. Je vins en possession de ces livres à Singapore, dans la partie la plus reculée des Indes,

sur le détroit qui sépare ce dernier pays de l’île de Sumatra. »

Nous lui fimes remarquer ici, que nous avions une semaine auparavant reçu une communication d'un esprit se disant Uphilas, évêque chrétien des Goths, qui prétendait avoir traduit de manuscrits samaritains les épitres et évangiles dont lui, Apollonius, avait fait mention en langue gothique; et que les manuscrits qu'il avait traduits étaient de lui d’après les originaux obtenus par lui à Singapore, aux Indes! — A ceci l'esprit répondit :

« Certain Hégésippus fit des copies de mes traductions et des versions modifiées des originaux en la langue samaritaine, et Uphilas copia les manuscrits d'Hégésippus. J'écrivis mes œuvres en langue hébraïcosamaritaine, qui était celle de mon pays. »

Cominunicatiun de Deva Bodhastuata. — Alfred JAMES, médium.

«Saïb, je vous salue : — En toutes choses appartenant à l'existence spirituelle et matérielle, l'expérience doit servir de guide et la raison de soutien. Il est de mon devoir comme esprit, agissant comme l’envoyé des sphères supérieures, de vous dire ce que je sais de ce que l'on appelle les Evangiles chrétiens, mais plus particulièrement des épiîtres de Mathieu, Mare, Lus et Jean. En entrant ici dans quelques détails de mon histoire personnelle, vous comprendrez peut-être mieux ce que j'ai à vous raconter. Dans la langue sanscrite je suis le 27° prophète, à partir de Bouddha. Je ne saurais . dire si vous trouverez les informations que je vais vous donner dans vos encyclopédies ordinaires, mais si vous pouvez avoir l'encyclopédie japonaise de 1821, traduite

par Abe] Rémusat, vous apprendrez beaucoup de choïes sur mon compte. Dans l'idiome sanscerit :10n nom était Deva Bodhastuata; en chinois Pushwa,-et en hindou Naw-Ming. Je commençai exactement comme le médium dont je me sers en ce moment (qui est endormi) dans le pays des Mahrattes ; et ce fut moi qui le premier enseignai 200 ans avant l'ère chrétienne, le style métaphysique et allégorique, qu'on attribue à un homme qui n’a jamais existé, et qu’on appelle Jésus de Nazareth. Ces Évangiles furent portés par moi à Singapore, où ils tombèrent ultérieurement entre les mains d’Apollonius de Tyane. Leurs noms originaux, dans votre langue moderne, représenteraient les quatre saisons; mais on en usa et on en abusa par la suite pour désigner un sauveur de l'humanité. Les originaux, d’après les Hindous, signifiaient ceci : — la préparation du sol — l’ensemencement — la récolte — et la fête domestique. Voilà ce que ces livres, interprétés par l’aide de certaines étoiles dans ce qui est maintenant appelé le zodiaque, voulaient dire. L'apparition de l’ « étoile de l'orient » annonçait tout simplement le temps des semences. Les Hindous se servaient de ces mystères pour représenter les phases de l'existence humaine, qui ressemblent aux fonctions générales de la nature, telles que l'enfance, l'adolescence, la maturité et la vieillesse ou la mort. Vous voyez comme l'intelligence de ces choses en montre la beauté. Premièrement, les étoiles servant alors d'almanach: secondement, le temps des semences et de la récolte, et troisièmement, leur analogie avec la vie de l’homme. Ces écrits ou épîtres me furent donnés, premièrement, ainsi qu'il est dit au commencement de cette communication, lorsque je me trouvais en état de transe; secondement, en les raisonnant : et troisièmement. en entrant en

HADDor intime avec les sommités de la vie spirituelle par le moyen de ma nature intuitive. Et je dois encore ici répéter que ces écrits n'étaient pas nouveaux dans mon temps, et qu'ils n'étaient qu'un reflet des esprits sur mon organisme réceptif. Pris dans un sens allégorique ces écrits ne peuvent nuire à personne; mais employés par les prêtres pour s'emparer du pouvoir — et qui en gardent la clef pour eux seuls — cela finit par abâtardir l'intelligence humaine, à la rendre esclave.

« Nous croyons à la réincarnation; nous croyons, dans . le sens de Bouddha, que lorsque la morale baissait dans le monde, qu’un homme vertueux était appelé pour la rétablir; et quecet hommeétait soit Bouddha lui-même, soit un autre influencé par l'esprit saint de Bouddha. Ces épiîtres ou évangiles apportés des Indes par Appollonius, furent modifiés par lui pour les assimiler à sa nature spirituelle. Ils perdirent beaucoup de leur puissance et de leur sublimité par leur traduction en tant de langues différentes. « Le Code des Initiés » — tel était leur nom, en langue hindoue, ainsi que je le traduirais dans votre langue. Il y avait dans le temps aux Indes un ordre sacré, semblable à celui des Maçons, où l'élite — je n’entends pas dire par là la noblesse — cherchait à pénétrer en passant d'un degré à un autre. Personne n’était admis comme élève sans examen préalable, afin de témoigner de ses dons médianimiques, et on procédait de différentes manières pour le prouver. Un des principaux moyens consistait à regarder par un tube sur un morceau de verre ou sur un morceau de peau. Si le sujet percevait sur l'un ou l’autre de ces objets aucun signe, ceci était une preuve de sa clairvoyance. D'autres étaient éprouvés, en plaçant à leur oreille un tube en forme de corne. S'ils entendaient

aucune voix, un bruit quelconque, ou si leur cerveau était impressionné aucunement, ils étaient admis comme médiums auditifs. Par cette méthode nous étions toujours assurés d'avoir des sujets qui, non seulement répandaient notre philosophie, mais la démontraient également. Je crois avoir certifié tout ce qui est nécessaire, et rempli mon devoir suffisamment; et, si je ne me trompe pas, cette communication, qui voit le jour dans cet humble réduit, sera considérée plus tard, comme une des merveilles du spiritisme,'en considération de la source d'où elle procède. Les esprits sages — non pas que je prétende à la sagesse — n'entrent jamais là où se trouve l'orgueil. L'humilité sied mieux à n'importe quel médium pour recevoir toute la vérité et rien que la vérité. »

Communication de Félix, Proconsul en Judée. — Alfred JAMES, médium.

« À vous, Monsieur, mes meilleurs saluts : —Je faillis moralement, il est vrai, dans mon existence terrestre. Je fus sensuel, vil, et juge injuste. Je m'en confesse franchement, et c'est ce que tout être vil dans le monde des esprits, qui veut progresser, sera obligé de faire. Il peut en remettre l'exécution durant des siècles ; mais le temps de sa confession arrivera finalement. Mon nom ici-bas était Félix. J'étais proconsul en Judée, de 52 jusque vers 63 À. D. Je crois qu’il y eût plus d’obsessions par les esprits de mon temps qu’en tout autre temps depuis. Le pays était infesté de démoniaques, de possédés de toutes les nations, et qui venaient en Judée pour vivre aux dépens des Juifs appauvris. Les Juifs en ce temps s’adonnaient à toutes sortes de déceptions occultes, de contrefaçons spirituelles ; et en venant ici

aujourd'hui mon but est de montrer la source d'où est sortie l'histoire de Paul. 11 y avait un prêtre égyptien — son nom était Alcibides — qui vint d'Alexandrie en Judée. Il était bon médium, mais très fourbe en même temps. Il possédait une immense influence et avait beaucoup de disciples: et je le considérais comme poussant le peuple à la révolte contre les Romains. Je le fs arrêter et amener devant moi, et il plaida sa cause à peu près dans le sens identique, ainsi qu'il appert dans le 24° chapitre des Actes : et comme il était si puissant par son influence je n'osai pas ordonner sa condamnation à mort, vu que mes troupes romaines n'étaient pas assez fortes pour faire face à une révolte; ainsi donc je le fis emprisonner, ct il eut affaire ensuite avec Festus, mon successeur, et fut envoyé à Rome, où il fut crucifié, la tête en bas, sous Néron. Cette explication vous montre jusqu'à quel point vous pouvez vous fler à l’histoire de Paul. C'est mon opinion profonde que Jésus aussi bien que Paul n'étaient autres que le grand oracle, Apollonius de Tyane. Le vôtre pour la vérité. Si vous consultez Josephe vous trouverez la preuve de ce que j'ai avancé. Vous ne trouverez pas le nom, mais vous trouverez le compte rendu auquel je fais allusion. »

Communication de Marcion. — Alfred James, médium.

« Je vous salue, Monsieur: — Pour mon profit et ma gloire personnelle j'apporlai à Rome les épîtres de Paul. Je les ai eues à Antioche.Je leur fis subir des interpolations ou des altéralions à mon goût; de plus, étant un lettré et sachant que ces épîtres contenaient des faits inconnus du monde entier, je crus qu'elles m'offraient une excellente occasion de me faire grand,

Ces épîtres avaient été écrites ou copiées d'après les originaux par Apollonius, Apollos ou Paulus; et afin de cacher l'identité de leur auteur, Apollonius de Tyane, j'interpolai cette description de Paul,.qui fut ensuite copiée par Lucien. La fondation principale de ces épiîtres c'était le signe du Zodiaque, connu sous le nom d'’Aries, du Bouc ou de l'Agneau. Les chrétiens primitifs, ainsi qu'il va être prouvé par celui qui va me suivre aujourd'hui (Lucien) adoraient tous un agneau, et non un homme sur une croix. Ces épiîtres étaient écrites dans la langue cappadocienne ou samaritaine. C’est mon devoir aujourd'hui de déclarer comme esprit que ce fut moi qui le premier présentai ces épîtres au public, dans l’an 130 A. D., et de la manière décrite plus haut. Cette communication est donnée pour le profit de tous les penseurs qui désirent connaître la vérité. Je naquis en Cappadoce, la patrie d'Apollonius de Tyane ; et mon nom était Marcion. »

Communication de Grégoire VII, — Alfred JAMES, médium.

« Bonjour. — Je viens ici de force, ainsi que l’a dit celui qui m'a précédé (l'esprit de Plotinus) — et ce qui est pis, je suis obligé de vous dire exactement ce que je fis lorsque j'étais ici en forme humaine. J'élais sur terre connu sous le nom de Grégoire VII et le but de ma visite aujourd'hui est de confesser que je fis détruire, en 1075 A. D. la bibliothèque Apollon Palatine, qui contenait tous les écrits de l'écolë d'Alexandrie, depuis Potamon jusqu'à un certain Maximus. Et quelle fut mon excuse pour amener cette destruction ? Une dévotion outrée. Je prétendis que je ne voulais pas que le clergé fût distrait de sa mission sacrée par l'é-

tude de la littérature payenne. Mais la véritable raison qui m'animait en ce cas, c'est que cette bibliothèque renfermait tous les faits de nature à prouver la non existence de Jésus de Nazareth; et sentant en consé:quence la faiblesse et l'instabilité de ma position, je fls tout mon possible pour la renforcer, en empêchant autant que je le pouvais qu'on en connût le véritable contenu. Je suis ici également pour reconnaître qu'il y a une puissance — un groupe d'esprits, occupant maintenant une position assez forte qui :eur permet, lorsqu'ils veulent obliger quelqu'un de revenir sur terre pour confesser leurs torts, de les contraindre à dire la vérité. Par la force de la vérité elle-même ils se trouvent obligés de revenir pour reconnaître leurs méfaits. Il en est de même avec les esprits comme avec les mortels : ils aiment le pouvoir et. détestent l'opposition, autant là qu'ici. C'est tout ce que j'ai à dire. »

Communication de Damis. — M. BupiNaron, médium.

« Je vous salue, Monsieur. — Je vous vois occupé à un ouvrage important, qui se fera sentir sur la terre longtemps après que vous l’aurez quittée.

« J'écrivis il y a bien des siècles une histoire des œuvres et de la vie de mon maître et ami, le grand mage ou prophète cappadocien, et on a fait de cet ouvrage une base pour y ériger une personnalité que beaucoup de nations éclairées adorent comme étant Dieu incarné. Tel est l’aveuglement des mortels, qu'ils suivent la direction de ceux qui sont aussi aveugles qu'eux sur des sujets de nature religieuse, ou plutôt, comme je devrais dire : qu'ils suivent des ambitieux, des gens malhonnêtes,

« Apollouius était doué de merveilleuses puiss’ncés spirituelles, et les manifestations ou les actes des esprits par l'intermédiaire de son organisme pnysique et mental dépassaient toute croyance.

«Il était le médium choisi par un groupe d'esprits égyptiens et chaldéens, qui opérèrent par lui les plus grands prodiges du pouvoir spirituel, à eux connus, sur le règne physique.

« Sa sagesse et ses connaissances sur différentes religions le rendaient compétent pour juger de la valeur des idées spirituelles, et de leur aptitude à développer la nature religieuse. Il enseigna la morale la plus pure et la spiritualité, comme étant les conditions nécessaires pour assurer le bonheur futur.

«Il suivait la méthode pythagoricienne dans ses enseignements et fut l'égal de Pythagore en sagesse, et son supérieur, j'ose dire, en fait de savoir spiriluel.

« Apollonius se trouvait si souvent sous l'inspiration directe des puissances spirituelles qu'on ne savait à qui attribuer ses sages paroles.

« Il arrivait souvent que les réponses à nos questions venaient de ses contrôles, quand selon les apparences lui seul en était responsable. Cela lui donnait une grande réputation de sagesse et en écrivant sur son compte j'ai fréquemment cité ce fait comme preuve de son inspiration divine.

«Il défendait à ses disciples de prendre aucun nom on titre autre que celui de phytagoriciens, mais à la fin ils furent absorbés par le néo-platonisme.

« Pendant notre visite aux Indes nous reçûmes les plus grands honneurs accordés aux voyageurs de notre pays. Les documents sacrés de ces nations furent mis à notre disposition, nous en emportâmes des

copies qui furent déposées dans la bibliothèque d’Alexandrie.

« Des copies furent! aussi envoyées à Rome par Vespasien et placées dans le temple de Juniter-Capitolin, où une statue d'Apollonius fut érigée.

« Je donnai aussi à Vespasien, un exemplaire de la vie d’Apollonius el de ses enseignements, lequel avec les rouleaux sacrés des Indes servirent à donner au monde les évangiles de Marcion et de Lucien — (Marc et Luc — editorial).

« Marcion était contemporain avec Lucullus, scribe romain qui traduisit du syriac, dans laquelle langue mes ouvrages étaient écrits, — mais je sais qu'ils furent ensuite altérés par d'autres.

«J'ai tout lieu de croire que Lucien était celui quiest appelé saint Luc, maïs je ne pense pas que, ni Marcion, ni Lucien, aient voulu donner des traductions infidèles. Ces écrits, ainsi que je les laissai, avaient un sens assez facile à comprendre pour le moins lettré, car les cahiers indiens concernaient principalement les traditions de Bouddha, ses incarnations, et les rites mystiques des brahmanes.

«Ces écrits n'étaient pas considérés par Apollonius, ni par moi, comme rapportant des faits, mais simplement des images poétiques voilant les opérations de la nature et destinées à inculquer des leçons de morale aux initiés. La clef de ces écrits, en ce qui touche le service religieux, était le Zodiaque, et le rite mystérieux des Brahmanes n'était rien de plus que les règles à observer pour réussir à faire des séances effectives spirituelles.

« Apollonius mourut à Ephèse à l'âge de 97 ans. Ses facullés mentales étaient intactes, mais son corps était

perclus au point qu'il fallait le porter aux assemblées de ses disciples.

« La douceur de son caractère était tellement remarquable que tous se croyaient bien favorisés de l'entendre parler. Il est probable que ce fait a servi à dessiner le caractère traditionnel accordé à saint Jean, qu’on dit être mort à Ephèse à un àge très avancé — mais les Pères chrétiens ont cru utile de laisser ignorée la mort d'Apollonius à cet endroit, pour renforcer leurs traditions de la vie et des œuvres de saint Jean.

« Si ceux qui ont mutilé mes écrits voulaient dire la vérité nous pourrions facilement vous donner — de notre monde — toute l'histoire sans danger d'erreur; mais ces esprits ont la même répugnance que les fourbes éprouvent à confesser leurs mensonges.

« Vous avez les faits principaux qui servirent à fabriquer l'idéal chrétien et vous obtiendrez les détails de ceux qui prirent une part active à l'œuvre ou de ceux qui en savent quelque chose — si les acteurs refusent de venir se confesser. »

Communication de Ponce-Pilate. — M, Bupnarox, médium.

«Je viens dire que toutes les déclarations affirmant le crucifiement d'aucune personne pour avoir voulu fonder une religion, ou pour toute autre cause qu'un crime, — tandis que j'étais proconsul en Judée — sont fausses. Je n'ai jamais entendu parler du nommé Jésus des chrétiens, tandis que j'étais sur terre.

« Les Juifs étaient une race bigote et turbulente, constamment en révolte contre l'autorité romaine, et

constamment en dispute entre eux au sujet de leurs superstitions religieuses.

« Je gouvernai d'après les lois romaines générales pour les provinces, et si une telle personnalité comme il est allégué, avait été amenée devant moi, j'aurai plutôt crucifié ses ennemis, que de permettre qu’on lui fit le moindre mal. Je n'aimais pas les Juifs, et je ne craignais pas leur haine, et toutes les déclarations tendant à prouver que je mis une personne innocente entre leurs mains, pour être mise à mort comme malfaiteur — sont des calomnies infâmes, que je repousse autant aujourd’hui que jamais.

« Un gouverneur romain ne pouvait pas toujours connaître les mérites d'une religion étrangère, mais la peine de mort n’était jamais permise pour le blasphème contre aucun dieu, et je n'aurais consenti à la mort d'aucun homme dont le seul crime était de ce caractère.

« Dans tout cas d'accusation de trahison l'accusé avait Le droit d'un procès devant le gouverneur et ses accusateurs, et en en appelant à Rome, personne n'avait le droit de sentence de mort sur lui, excepté l'empereur, devant qui il avait le droit de paraître.

« J'espère que ceci permettra à tous ceux qui désirent connaître la vérité, de voir combien cette accusation élait malicieuse : — que je condamnai consciemment un homme innocent à mort à la demande d’une foule effrénée, qui donnait la mesure de sa piété par sa soif pour le sang de ses opposants. Est-il raisonnable de supposer que j'aurais osé livrer une personne à la mort dont la nature était d'un caractère que tous les Romains considéraient comme sacré? Non! je l'aurais défendu jusqu'au bout, tant qu'une cohorte aurait survécu, et plutôt que de commettre une telle im-

piété, j'aurais sacrifié ma propre vie, pour ce que j'âurais cru alors être une vérité — et maintenant que je sais être une fiction ecclésiastique. Vous pouvez signer mon nom comme étant celui du proconsul.

Ponce-PiLATE,

Gouverneur de Judée, sous Tibère. »

Question. — Beaucoup d'écrivains disent que Ponce- Pilate transmit à Tibère un mémoire sur les actions et la mort de Jésus-Christ. Est-ce vrai ?

Réponse. — Ce n'est pas vrai! Si un tel mémoire avait existé il aurait été conservé et cité par l'Eglise comme preuve de la carrière du Christ. Les archives publiques étaient en la possession des chrétiens depuis des siècles lorsqu'ils les détruisirent et tous les documents concernant une telle personnalité auraient certainement élé utilisés par eux contre leurs ennemis. — Tous les écrits qui me sont attribués ont été forgés !

PiLATE.

Communication de Caïphe. — M, BupiNGToN, médium.

«Je viens vous aider dans vos efforts pour débrouiller le mystère qui sert à unir le Christianisme au Ju- ‘daïsme.

« Durant mon existence terrestre mes compatriotes entretenaient l'espoir de voir apparaître un Sauveur qui délivrerait la nation du joug romain. Cet espoir servait de foyer à toutes les explosions insurrectionnelles qui avaient lieu et qui finirent par amener la défaite de la nation et son exil.

« Apollonius de Tyane était bien connu de nos sages,

mais il n’était pas regardé par eux comme possédant la vraie doctrine, en conséquence de ses affiliations avec les Romains et autres Gentils, et quelques discussions qu'il eut avec nos rahbins servirent de fondements aux histoires attribuées à Jésus.

« Apollonius disait que les Juifs n'avaient pas une juste conception de la Divin, qu'ils s'attachaient trop à la lettre de la loi Mosaïque, qu'ils étaient trop exclusifs énvers les autres nations. fl citait souvent de nos anciennes Ecritures, des idées qui Ctaient diamétralement en opposition avec les traditions reçues du jour, et il tâchait de nous prouver que tous ceux qui menaient une vie exemplaire étaient autant des Fils de Dieu que les Juifs.

« Ces controverses furent rapportées par Damis, et ensuite elles servirent à établir la nature divine de Jésus. |

«Souvent, en parlant sous l'influence des esprits égyptiens et chaldéens, il arrivait que ces esprits mettaient en la bouche d’Apollonius leurs propres pa: roles — ainsi, par exemple, ces mots: « Avant Abraham j'étais » — vérité liltérale, que nous pouvions comprendre avec la connaissance de l’autre vie.

«Nous ne cherchions pas sa destruction,ainsi qu'il a été dit de nous par rapport à Jésus, parce qu'il était considéré comme un étranger, mais ceux d’entre nous pour qui les notions spirituelles étaient familières, allaient souvent le voir en secret pour converser avec lui, et l'entretien cité de Nicodème, aurait bien pu être provoqué par l’un ou l'autré de nous — mais en inventant cette histoire on eut le soin de changer les noms, d'en substituer d’autres.

« A pollonius se plaisait à exercer ses merveilleux dons spirituels, et s'il eût été Juifon l'aurait reconnu comme

prophète, mais c'était contraire à notre manière de vôir, de reconnaître que d'autres que des Juifs pussent avoir la légitime possession de pouvoirs spirituels.

« Quant à ce qu'on a dit de moi, d'avoir accusé quelqu'un devant Pilate du crime de blasphème, etc., je le nie; ce sont des mensonges qui furent inventés des générations après mon temps. Il est faux qu'un tel Jésus ait été accusé devant le Sanhédrin; de plus, une telle accusation n'aurait servi de rien, car les lois judaïques devenaient nulles dans tous les cas où elles étaient en opposition avec les lois romaines.

« Nous n'aurions pu faire rien de plus nuisible à notre cause que d'accuser une personne innocente d'avoir blasphémé contre notre Dieu, ou de fomenter une insurrection contre les Romains.

D'un côté, les Romains se seraient moqués de nos accusations avec ironie, et, de l'autre, le peuple aurait refusé de nous seconder — car quiconque aurait offert de le conduire contre les Romains, aurait trouvé bien plus d'adhérents que nous n'en aurions eu pour combattre un tel pertubateur.

« I me semble que ceci doit suffire pour montrer l’absurdité de cette histoire de la mythologie chrétienne ; par là même les Juifs devraient être absous de la fausse imputation d'avoir causé la mort d'une personne dont on ne peut prouver l'existence.

« Malgré leurs aberrationsles Israélites n'acceptèrent jamais les idées du polythéisme, d'aucune manière, — et ce fut une bien grande folie de faire naître Jésus en Judée. Comme mise en scène cela peut paraître habile de la part des auteurs de la religion chrétienne, mais aucun. Juif n'accepterait comme vraie cette version d'un FÈ dé Bieui nè ŒURE 4 Aiaraé sie"

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«Cette histoire ainsi dévoilée;'le reste des détails, destinés à lier Jésus au Judaïsme, disparaissent ou n'apparaissent que pour prouver la légende concernant Apollonius.

«On dit que le Talmud prouve l'existence d’une personne du nom de Jésus, — mais le Talmud est une collection de traditions, qui durant des générations se transmit verbalement en grande partie. — Et, comme leurs dépositaires vécurent parmi les chrétiens, il n’est pas étonnant que quelques-unes des légendes de ces derniers y aient trouvé une place et se trouvent là encore — mais elles n’y ont aucun droit comme véri tés. »

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