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Notes et Commentaires sur ‘Mes Haines ”

On s’est beaucoup mépris, semble-t-il, sur le sens du titre ‘ Mes Haines ”’. Les critiques à vue courte et les gens qui forment leurs jugements en s’inspirant des titres des catalogues de librairie, représentent presque toujours ce livre comme une sorte de pamphlet, où le futur polémiste de J'’accuse exerça contre ses contemporains la vigoureuse ardeur de ses vingt-cinq ans... Il n’en est rien.

Mes Haines est un recueil de critiques, écrites avec enthousiasme, certes, mais où l’on devine le plus sincère souci de justice. Un jeune écrivain y étudie les œuvres de son temps, et en méditant sur ses lectures, il s’efforce de voir clair, il affirme son point de vue, il essaie de dégager sa forte personnalité. La violence et la férocité sont exemptes de ces pages. Et si elles ont fait scandale, c’est surtout en raison des idées et des affirmations qu’elles apportaient. Il n’y a dans Mes Haines qu’un seul éreintement, celui de Barbey d’Aurevilly, Le Cathodique Hystérique, mais si vif qu’en soit le ton, il ne dépasse jamais les limites de la discussion littéraire, Barbey d’Aurevilly, d’ailleurs, ne Je pardonna jamais à Zola, et le lui fit bien sentir plus tard ( voir les notes et commentaires des premiers volumes de la série des Rougon- Macquart). Par contre, le jeune écrivain se fait l’apologiste ardent .et le défenseur d'artistes ou d’écrivains alors très discutés, où même abhorrés : Gustave Doré, Courbet, Jules et Edmond de Goncourt. L'étude sur Erckmann-Chatrian est imprégnée de sympathie critique; et si celle sur Victor Hugo (à propos des Chansons des Rues et des Bois), abonde en réserves, elle est écrite avec une entière déférence à l’égard du grand poëte….

Qu'est-ce qui justifie donc le titre du livre? C’est la préface, la courte préface qui commence par ces mots : ‘* La haine est sainte. Elle est l’indignation des cœurs forts et puissants, le dédain militant de ceux que fâchent la médiocrité et la sottise.. ?” Ce sont ces quelques pages lyriques, pleines de fougue et de franchise, qui font comprendre le titre de Mes Haines, donné à l’ensemble du volume, et c’est ce titre-là, on ne saurait en douter, qui devait aider à la fortune première du livre. |

Ces ‘‘ causeries artistiques et littéraires *”’ avaient paru en 1865 dans Le Salut Public de Lyon à l’exception de l’étude sur Taine, publiée dans La Revue Contemporaine.

La première édition de Mes Haines, qui parut en 1866, chez Achille Faure, portait en épigraphe sur la couverture : Si vous me demandez ce que je viens faire en ce monde, moi, artiste, je vous répondrai : ‘* Je viens vivre tout haut ””.

Quand Georges Charpentier, en 1879, procéda à la réimpression de Mes Haines, l’édition fut augmentée de la réunion des articles publiés en 1866, dans L’Evénement, sous le pseudonyme de Claude, et réunis sous le titre de Mon Salon, ainsi que de l’étude biographique et critique sur Edouard Manet, datant de 1867.

‘Mes Haines”” et la critique

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