‹ Mes hainesChapitre 16 sur 25 · OPINION DE VAPEREAU · texte numérisé non relu

OPINION DE VAPEREAU

M. Emile Zola flotte et flottera longtemps encore entre les inventions un peu précieuses de ses Contes à Ninon et les réalités brutales de sa Confession de Claude. Les unes et les autres, malgré la divergence des manières, ont eu un succès qui doit embarrasser l’auteur sur la voie à suivre, à moins qu'il ne se l’explique, comme l’avaient fait de mauvaises langues, par la situation qu’il occupait dans la librairie, quand il lança ses deux premières œuvres. Ce serait trop de modestie. La vérité est que ces deux premiers essais n'étaient pas sans mérite, et qu'il n’y a rien d'étonnant à voir un débutant hésiter entre les genres les plus contraires, avant d’être sûr de sa direction.

M. Zola se hâte peut-être trop de produire avant d’avoir choisi celle qui lui convient. Collaborateur ardent, infatigable des journaux littéraires de M. de Villemessant, il a improvisé, toute une année, dans L’Evénement, le compte-rendu des ‘* livres du jour et du lendemain et c’est peut-être jusqu'ici le meilleur emploi de son activité littéraire. Faisant un choix entre ses articles de critique, il a publié, sous ce titre assez recherché : Mes Haines, un volume de causeries littéraires et artistiques qui, sans pécher par une exagération féroce de l’indépendance, n’accusent qu’une chose, aujourd’hui commune, le désir excessif de faire survivre de rapides improvisations à l’à-propos qui les a vus naître.

L’Année Littéraire.

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