‹ Mes hainesChapitre 17 sur 25 · EXTRAIT DE ‘+ L’ILLUSTRATION · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE ‘+ L’ILLUSTRATION

Et d’abord, pourquoi Mes Haines? Il semblefqueñles haïines de M. Emile Zola soient communes à beaucoup de ses confrères. Ensuite, s’il y a dans les causeries littéraires de M. Zola une personnalité très accentuée, trop exclusive peut-être on! n’y trouve pas, à proprement parler, de haïines. Ainsi, le titre nous paraît assez peu justifié, même par la préface, qui a été faite uniquement pour lui. Mais laissons cette chicane; en ce temps où il faut crier pour se faire entendre, M. Zola aura voulu forcer l’attention par ce qu’on nomme un coup'de pistolet.

Ajoutons qu’il n’avait nul besoin de cette amorce, et que son talent: d’écrivain, joint à un tempérament particulier, suffisait pour le signaler au public lettré. Pour nous, le recueil de ses! articles nous a fait plaisir à plus d’un titre, ayant l’un des premiers recommandé ses Contes à Ninon comme un début plein de promesses, nous avons été un peu déconcerté par sa Confession de Claude, écart voulu, excessif, en des régions déplaisantes.

Son livre de critique nous rassure. En étudiant et en jugeant les autres, M. Zola s’habituera à sortir de lui-même, et, tout en lgardant son individualité, il l’enveloppera davantage. Nous comptons aussi beaucoup sur le temps pour calmer des nerfs qui s’exaspèrent trop aisément pour modérer un essor qui semble vouloir conquérir le monde à lui tout seul. Citons maintenant quelques pages excellentes de Mes Haines : Le Catholique Hystérique (M. Barbey d’Aurevilly ); La Littérature et la Gymnastique; enfin et surtout M. Taine, artiste et Erckmann-Chatrian : les deux inséparables n’ont jamais été jugés avec plus de justesse et de force. Il y a aussi des morceaux curieux sur Le Supplice d’une Femme, Germinie Lacerteux, Les |Chansons des Rues et des Bois; mais on y sent peut-être trop le parti-pris, le goût de la violence. M. Zola écrit sur son drapeau : A outrance! Il dit; dans sa préface : ‘* Je n’ai guère souci de beauté et de perfection. Je n’ai souci que de vie, de lutte, de fièvre ”’. Mais faut-il lui rappeler que la fièvre est une maladie? Souhaitons-lui plutôt la santé, et applau-

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dissons à son succès."

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A. L. (Lefèvre) L’Illustration\ 23 juin 1866.

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