‹ Mes heures perduesChapitre 11 sur 97 · COMMENCEMENT DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DE L'ANNÉE

Ecoutez bien: l'heure est sonnée; La dernière du dernief jour, Le dernier adieu d'une année Qui vient de s'enfuir sans retour !

Encore une étoile pâlie ; Encore une page remplie Du livre immuable du Temps !

Encore un pas fait vers la tombe, Encore une feuille qui tombe De la couronne de nos ans !

Et toi qui viens à nous, jeune vierge voilée, Dis-nous, dois-tu passer joyeuse ou désolée ? Apprends-nous les secrets enfermés dans ta main Quels dons apportes-tu dans les plis de ta robe, Vierge; et qui nous dira le mot que nous dérobe Le grand mystère de demain t

ï'i HEURES PERDUES

Dois-tu, comme la bien-aimée Au souffle du vent matinal, Passer rieuse et parfumée Des senteurs du lit virginal ?

Dois- tu nous apparaître amère Comme la douleur d'une mère Au tombeau de ses en fans mort?, Ou, comme un lamentable drame, Laisser pour adieu dans notre âme Le désespoir et le remords ?

Mais qu'importe, mon Dieu, ce que ta main enserre De pluie ou de soleil, de joie ou de misère! Pourquoi tenter si loin le muet avenir ? Combien, dans cette foule à la mort destinée, Qui voient aujourd'hui commencer cette année, Ne doivent pas la voir finir !

Moi-même, qui fais le prophète, Que sais-je, hélas! si ce flambeau Qui m'éclaire dans une fête Ne luira pas sur mon tombeau?

Peut-être une main redoutable M'entraînera hors de la table Avant le signal de la fin, Comme une marâtre inhumaine Qui guette un enfant, et l'emmène Sans qu'il ait assouvi sa faim.

Et l'homme cependant, si pauvre et si fragile, Passager d'un moment dans sa maison d'argile,,

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