‹ Mes heures perduesChapitre 12 sur 97 · LE COMMENCEMENT DE L ANNÉE · texte numérisé non relu

LE COMMENCEMENT DE L ANNÉE

Misérable bateau sur l'Océan jeté, Dans cet amas confus de rumeurs incertaines, Sent au fond de son cœur comme des voix lointaines Qui lui parlent d'éternité.

Et quoiqu'un terrible mystère Lui laisse Ignorer pour toujours Si sa part d'avenir sur terre Se compte par ans ou par jours, Il croit, dans sa pensée altière, Que pour jamais à la matière Ce rayon de l'âme est uni ; Il cherche un but insaisissable :

Pour le rocher prenant le sable, Et l'inconnu pour lïnfini.

Mais regarde en arrière, et compte tes années, Si promptes à fleurir et si vite fanées : Celles-là ne devaient non plus jamais finir; Qu 'à des rêves moins longs ton âme s'abandonne, Imprudent! et du moins que le passé te donne La mesure de l'avenir.

Toutefois de l'an qui CDmmencc Saluons la nativité, Cet anneau de la chaîne immense Qui se perd dans l'éternité ; Et s'il est vrai que cette année Par grâce encor nous soit donnée,

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N'usons pus nos demi ri instans A clierclier si de son vis;:

Ce voile épais est le présage De la tempête ou du beau temps.

Et vous tous, mes amis, vous qui sur cette terre Semez d'ombre et de fleurs mon sentier solitaire, Des biens que je n'ai pas puisse Dieu vous doter; Sitôt que la clarté doive m'être ravie, Puisse-t-il ajouter aux jours de votre vie Ceux qu'il lui plaira de m'ûter!

1er janvier 1833.

SONNET

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