‹ Mes heures perduesChapitre 29 sur 97 · ACTE I, SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE H

FRANÇOIS 1er, avec fierté.

Il n'oserait!

Mais te quitter si tôt, te quitter ! il me semble Qu'à peine avons-nous eu le loisir d'être ensemble; Je n'ai rien dit encor de ce que je voulais , Et tu veux m'exiler déjà dans mon palais!

— Je pars; mais eu retour, il faut qu'aujourd'hui même Je te revoie...

LA FÉRONNIÈRE

0 ciel !

FRANÇOIS Ier.

Une femme qui m'aime Sera-t-elle inflexible au plus cher de mes vœux ?

(Tendrement).

J'ai besoin de te voir, il le faut. — Je le veux !

LA féronnière, avec abattement.

Allons ! — Depuis le jour où je me suis donnée, J'ai remis en vos mains toute ma destinée, Advienne que pourra .'j'en ai pris mon parti.

— Mais attendez au moins que Ferron soit sorti.

FRANÇOIS Ier.

Mais comment le savoir? Que faut-il que je fasse ?

la féronnière, après avoir réfléchi un instant.

(Le menant à la fenêtre,) Il n'est que ce moyen. — Oui. — Le logis en face Est à l'un de vos gens. — Allez-y. — J'agirai Si bien aveo Ferron que je l'éloignerai ;

Dès qu'il n'y sera plus, j'ouvrirai la fenêtre

Que voilà; c'est le signe où vous pourrez connaître

Que je suis seule. — Allez. — Mais pas avant, pour Dieu !

FRANÇOIS Ier, lui baisant la main.

Je te le jure, foi de gentilhomme! — Adieu !

(Il sort par la porte dérobée.)

LA FÉRONNIÈRE, seule.

Remettons- nous un peu. — J'étais pâle et glacée.

Je tremblais qu'il ne vînt. — L'heure est déjà passée.

Qu'il n'aperçoive pas mon visage altéré,

Et ne se doute pas, surtout, que j'ai pleuré!

Mais comment l'éloigner d'ici sans qu'il soupçonne?...

On vient; — c'est lui! — Mon Dieu, malgré moi je frissonne!

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