‹ Mes heures perduesChapitre 34 sur 97 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LA FÉRONNIÈRE, évanouie; FRANÇOIS I«, arrivant par la porte dérobée; puis FERRON.

FRANÇOIS 1er.

J'étais las d'être ainsi l'œil à la découverte ;

Quand j'ai vu le signal; cette croisée ouverte...

(Il aperçoit la Féronnière étendue à terre, fait un mouvement d'effroi, et se jette à genoux pour lui saisir la main, la Féronnière, que le son de cette voix a ranimée, se relève à demi, ouvre les yeux et le reconnaît. Elle le repousse avec un geste d'horreur.)

LA FÉRONNIÈRE

(Elle aperçoit Ferron, qui rentre.) Fuyez! — Il n'est plus temps!

(Elle retombe sur l'escabelle.) FERRON,

Saint Yves, mon patron !

(Il approche, et le reconnaît.) Un homme à ses genoux! — Le Roi.

FRANÇOIS 1er; le reconnaissant à son tour.

Maître Ferron!

134 LA MORT DE FRANÇOIS I*;r

FERRON

N'est-ce point quelque songe, ou piège diabolique ?

(Se tâtant pour voir s'il est bien éveillé.) Je ne dors pas ? — Instruit par la rumeur publique, Je dédaignais ces bruits. — Je n'ai plus le bonheur De douter de son crime et de mon déshonneur !

(Pendant les quatre vers qui précèdent, deux chambrières a courues au bruit du timbre sont entrées, et ont emporté Féronnière dans son appartement.)

ferron, continuant.

Ah ! si je ne prenais conseil que de ma rage!

(Il saute sur une épée suspendue à la mu: aille.; Qu'il en soit donc ainsi! — Vous avez du courage; Or sus, défendez-vous! — Tout roi que vous soyez...

(François Ier reste impassible.) Çà, te défendras-tu, dis?

FRANÇOIS 1er, avec dignité.

Vous me tutoyez !

C'est sans doute, mon maître, ur,e plaisanterie! Vous battre 1 un avocat ! rengainez, je vous prie, Vous qui de votre vie oneques n'avez songé A manier le fer ! Cédant arma togœ !

FBRRON.

Ce n'était pas assez d'affronts! mort et furie! Sans qu'il y vînt encor joindre la raillerie ! Ah! je le sens, n'était le nom que vous portez... (Il brise son épée, et en jette les morceaux.) Mais je respecte encor l'oint du Seigneur. — Sortez!

Page 1