‹ Mes heures perduesChapitre 83 sur 97 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LISETTE

Rien. — C'est une manière De conversation pour savoir seulement Si vous êtes bien sîlr d'être éveillé.

PANDOLPIIE.

Comment V

LISETTE

Ah ça, de bonne foi,, quelle lièvre nouvelle Vous a, depuis deux jours, dérangé la cervelle? C'est donc une gageure? Eh quoi ! lorsqu'à Paris Il n'est pas de tuteurs, il n'est pas de maris Qui n'aient toujours présente a l'esprit cette idée Qu'une vertu de femme est toujours mal gardée, Qui n'a contre Satan et les pièges d'enfer Un rempart de gros murs et de barreaux de fer, Vous seul, par passe-temps et par forfanterie, Vous amenez le loup dans votre bergerie I Je vous en donne avis ; ne vous y fiez pas, Monsieur ; songez qu'on a sitôt fait un faux pas ! Ne risquez pas l'honneur de votre tête grise Aux périlleux hasards d'une telle entreprise : Vous serez bien plus gras quand vous serez coou !

PANDOLPIIE.

Je connais Isabelle, et je suis convaincu...

LISETTE

A la bonne heure ; mais...

PANDOLIMIK.

Mais, ma belle, il me semble Que voilà bien du temps que nous causons ensemble. Fais ce que je t'ai dit : j'ai besoin de sortir ; J'ai mon notaire à voir.

LISETTE

J'ai dû vous avertir ; S'il vous arrive mal, après tout, je me vante Que j'ai fait tout au monde...

PANDOLPHE, s'en allant sans l'écouter.

Adieu.

LISETTE

Votre servante.

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