A MOX FRÈRK ACHILLE;, ÉTUD. AU SKM. DE QUÉBEC
Reviens, petite " Abeille, " Laisse là ta prison !
Reviens à notre oreille, Bourdonner ta chanson !
* Petit journal publié par les Elèves du Petit Séminaire de Québec,
De la plage inconnue, Reviens à notre voix, Et sois la bienvenue Au foyer d'autrefois !
Dans la fleur empourprée.
Va plonger d'un vol sûr Ton aile diaprée, Ton corselet d'azur I
La pelouse fleurie Te donne son trésor, Et la verte prairie T'ofîre ses boutons d'or.
La craintive pervenche ; Le sémillant jasmin ; Le muguet qui se penche Sur le bord du chemin ;
Les frêles pâquerettes Douces eomme leur miel ; Les pâles violettes Au regard bleu de ciel ;
Le gracieux narcisse.
Favori du printemps. Qui mire son calice Au miroir des étangs ;
La candide aubépine Qui dort sons les buissons ; La rose dont l'épine Déchire les toif-ons ;
L'immortelle an teint blême ; Le pavot séducteur ; Les oeillets à remblenie Plus doux que leur odeur ^
Et les tuUpes blondes, Et le froid nôuuphar Qui berce au gré des ondei Sou calice blafard ;
La douce marjolaine Qui pare nos bosquets, Et dont la châtelaine Embaume ses bouquets ;
Des fraîches églantines.
Les boutons empourprés ; Les clochettes mutines.
Ornements de nos prés ;
La triste renoncule Qui, rêveuse, le soir, Sourit au crépuscule ]Et lui dit ; au revoir !
Sous les blondes avoines, Et sous l'or des épis, Les pesantes pivoines Aux reflets cramoisis ;
Les primevères sombres, Et la belle-de-nuit Qui sourit dans les ombres Quand le soleil s'enfuit ;
L'amoureuse pensée, Au velours jaune et noir.
Qui frissonne, glacée Par le frais arrosoir ;
La blanche marguerite Qui prédit l'avenir ; Le bluet qui palpite gous l'aile du ^épbir \
Le lotus qui déploie Son calice mouvant ; Le dalhia qui ploie Sous les baisers du vent ;
L^odorante anémone, Aux reflets éclatants ; Et les fleurs de l'automne, Et les fleurs du printemps ;
Le lis qui vient d'éclore Avec les feux du jour :
Toute la cour de Flore Sourit à ton retour.
Ya, de tes fleurs si chères, Humer les doux ])arfums. Et chasse des parterres Les frelons importuns.
Dans les plaines que dore Un printemps éternel, Sous les yeux de Taurore, Va butiner ton miel !
Puisse un reflet de gloire Longtemps briller encor Sur ton corset de moire Et sur tes ailes d'or !
Loin de toi le calice D'amertume et de fiel, Et que rien n'obscurcisse L'azur de ton beau ciel !
Qu'aucun soin n'inquiète Ton paisible séjour !
C'est le vœu du poète Qui chante ton retour !
Octobre 1860.