‹ Mes loisirsChapitre 29 sur 42 · A MOX FRÈRK ACHILLE;, ÉTUD. AU SKM. DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

A MOX FRÈRK ACHILLE;, ÉTUD. AU SKM. DE QUÉBEC

Reviens, petite " Abeille, " Laisse là ta prison !

Reviens à notre oreille, Bourdonner ta chanson !

* Petit journal publié par les Elèves du Petit Séminaire de Québec,

De la plage inconnue, Reviens à notre voix, Et sois la bienvenue Au foyer d'autrefois !

Dans la fleur empourprée.

Va plonger d'un vol sûr Ton aile diaprée, Ton corselet d'azur I

La pelouse fleurie Te donne son trésor, Et la verte prairie T'ofîre ses boutons d'or.

La craintive pervenche ; Le sémillant jasmin ; Le muguet qui se penche Sur le bord du chemin ;

Les frêles pâquerettes Douces eomme leur miel ; Les pâles violettes Au regard bleu de ciel ;

Le gracieux narcisse.

Favori du printemps. Qui mire son calice Au miroir des étangs ;

La candide aubépine Qui dort sons les buissons ; La rose dont l'épine Déchire les toif-ons ;

L'immortelle an teint blême ; Le pavot séducteur ; Les oeillets à remblenie Plus doux que leur odeur ^

Et les tuUpes blondes, Et le froid nôuuphar Qui berce au gré des ondei Sou calice blafard ;

La douce marjolaine Qui pare nos bosquets, Et dont la châtelaine Embaume ses bouquets ;

Des fraîches églantines.

Les boutons empourprés ; Les clochettes mutines.

Ornements de nos prés ;

La triste renoncule Qui, rêveuse, le soir, Sourit au crépuscule ]Et lui dit ; au revoir !

Sous les blondes avoines, Et sous l'or des épis, Les pesantes pivoines Aux reflets cramoisis ;

Les primevères sombres, Et la belle-de-nuit Qui sourit dans les ombres Quand le soleil s'enfuit ;

L'amoureuse pensée, Au velours jaune et noir.

Qui frissonne, glacée Par le frais arrosoir ;

La blanche marguerite Qui prédit l'avenir ; Le bluet qui palpite gous l'aile du ^épbir \

Le lotus qui déploie Son calice mouvant ; Le dalhia qui ploie Sous les baisers du vent ;

L^odorante anémone, Aux reflets éclatants ; Et les fleurs de l'automne, Et les fleurs du printemps ;

Le lis qui vient d'éclore Avec les feux du jour :

Toute la cour de Flore Sourit à ton retour.

Ya, de tes fleurs si chères, Humer les doux ])arfums. Et chasse des parterres Les frelons importuns.

Dans les plaines que dore Un printemps éternel, Sous les yeux de Taurore, Va butiner ton miel !

Puisse un reflet de gloire Longtemps briller encor Sur ton corset de moire Et sur tes ailes d'or !

Loin de toi le calice D'amertume et de fiel, Et que rien n'obscurcisse L'azur de ton beau ciel !

Qu'aucun soin n'inquiète Ton paisible séjour !

C'est le vœu du poète Qui chante ton retour !

Octobre 1860.

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