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LE RETOUR

Fleuve dont la vague sonore A bercé mes jeunes amours, Ton flot conserve-t-il encore Le souvenir de mes beaux jours ?

Tu me revois sur cette grève, Après bien des ans révolus, Revenant chercher dans un rêve.

L'ombre d'un bonheur qui n'est plus !

* Musique de M. Alfred Parc.

Brise fidèle De mon fleuve adoré, Parle-moi d'elle . .

J'ai tant pleuré !

Combien de fois, au bord de l'onde, Rêveuse, je la vis s'asseoir.

Laissant sa chevelure blonde Frémir sous le souffle du soir !

Combien de fois ta vague errante Nous balança-t-elle tous deux, Lorsque, sous ta brise odorante, Kotre esquif fendait tes flots bleus I

Brise fidèle De mon fleuve adoré.

Parle-moi d'elle . .

J'ai tant pleuré î

Et quand le triste bruit des armes Vint m'arracher à mon bonheur, Tu reçus ses premières larmes Et son premier chant de douleur !

O fleuve ! sur ton beau rivage, Elle vint pleurer si souvent, !N"'as-tu pas gardé son image Au fond de ton miroir mouvant ?

Brise fidèle, Témoin de mes amours,

Parle-moi d'elle

D'elle toujours !

Septembre 1860,

BARGAROLLE *

Viens, ma belle,

Ma nacelle A la 1)1186 ouvre son aile, Comme un cygne gracieux,

Et se penche,

Toute blanche, Pour nous recevoir tous deux !

* Musique de M. Edm. Fréchette.

Le vent carres^'e l'onde ; Le ciel sourit au flot ; Sur nous, l'étoile blonde Semble veiller là-haut !

Viens, ma belle,

Ma nacelle A la brise ouvre sou aile, Comme un cygne gracieux, '

Et se penche.

Toute blanche, Pour nous recevoir tous deux !

Viens ! la vague soupire. . . .

Viens ! le lac est si beau

Je veux voir ton sourire Entre le ciel et l'eau !

Viens, ma belle, Ma nacelle A la brise ouvre son aile,

Comme un cygne gracieux,

Et se penche,

Toute blanche, Pour nous recevoir tous deux !

La nacelle coquette

Glissa sur les flots bleus

Mais bientôt la tempête Couvrit Tonde et les cieux !..

La nacelle

Faible et frêle Longtemps secoua son aile Contre le vent ; mais soudain L'abîme s'ouvrit sous elle ....

Puis on n'entendit plus rien ! .

Août 1862.

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