DE LA FONTAINE
ré
Baigne mes pieds du cristal de tes ondes, O ma fontaine ! et sur ton frais miroin, Laisse tomber mes longues tresses blondes
Flottant au gré de la brise du soir !
Nymphe des bois, sur ton bassin penchée, J'aime à rêver à l'ombre des roseaux, Quand une feuille à sa tige arrachée,
‘ Ride en tombant la nappe de tes eaux.
J'aime à plonger ma taille gracieuse Dans tes flots noirs chantant sous les glaïeuls, Quand de la nuit l’ombre silencieuse
Etend son aile au dessus des tilleuls.
Oh! j'aime à voir tes vagues miroitantes Multiplier les flambeaux de la nuit!
Oh! j'aime à voir, sous tes algues flottantes,
Le voile bleu d’une ondine qui fuit !
Tombe toujours en cascade légére Roule toujours en bouillons écumeux !.
Baise en passant les touffes de fougère
Et porte au loin tes flots harmonieux !
Pour t’écouter, la nuit calme et sereine Semble endormir les derniers bruits du jour.... Coule toujours, enivrante fontaine !
Coule toujours, fontaine, mon amour !
| Mai 1850.