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Rappelez-moi toujours mes souvenirs dorés !
Vous êtes la fontaine où notre âme ravie
Va puiser tout ce qui la retient à la vie... Rêves! si de nos cœurs votre essaim s’envolait, L'homme, comme un forçat qui traîne son boulet, Irait courbant son fiont au vent de l’infortune.
La mort serait aimable et la vie importune.
O mes rêves chéris! mes rêves adorés!
Rappelez-moi toujours mes sonvenirs dorés !
Et je songeais toujours, et toutes mes pensées
Toujours me reportaient vers ces scènes passées,
Vers ces moments trop courts, vers ces jours trop Cheureux !
Alors dans les reflets d’un lointain vaporeux,
Je croyais entrevoir, comme en un vol étrange, La forme d’une femme 0: l’ombre d’un archange Passer en répandant un rayon de splendeur...
Et ma main se fermait en pressant sur mon cœur
Tout ce que j’ai gardé de mes heures de joie, Une fleur, des cheveux, un simple brin de soie..., Souvenirs bien-aimés qui ne me quittent, plus,
Seuls vestiges, hélas ! de mes bonheurs perdus !...,
L'ombre avait disparu ; dans ma chambre l’aurore Glissait quelques râyons... le jour venait d’éclore…. Et j'écountais encor, sans pouvoir m’endormir,
Et la forêt se plaindre et l’ouragan gémir....
Novembre 1862.