‹ Mes loisirs [microforme]Chapitre 2 sur 46 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Quand le souffle attiédi des brises parfumées

Fait reverdir nos bois ;

Quand l’essaim des zéphyrs vient peupler les ramées

D’harmonieuses voix ;

Quand le printemps doré vient éployer son aile

| Sur la nature en fleurs ; Quand le bosquet revêt sa robe solennelle, Sa robe aux cent couleurs ;

Quand la forêt reprend ses suaves murmures Et son front rajeuni, Quand les oiseaux du ciel sous l’arceau des ramures

Ont suspendu leur nid ;

Quand on voit reverdir sous l'effort de la sève

Les troncs chauves et nus, Et que tout ce qui vit s’ément, palpite et rêve

Des plaisirs inconnus ;

Sous les mille buissons qui parfument la rive De leurs rameaux fleuris, Qui n’a pas entendu la fauvette plaintive

Pousser de faibles cris ?

Qui n’a pas remarqué sa frayeur maternelle,

Et sous le feuillage agité,

La pauvrette cherchant, tournant, battant de l’aile .

Autour de son nid déserté ?

O mes

Qu S’enfuir

Ah! c'est. que ses petits, ses petits qu’elle adoré Depuis un instant l’ont quitté,

Ouvrant au vent du ciel leur aile faible encore

Pour goûter à la liberté !

amureg

O mes chansons ! je suis la craintive fauvette Qui voit ses petits, ses amours, S’enfüir, et qui pour eux éperdue, inquiète,

Craint les aigles ou les vautours!

O mes vers! vous quittez les rives maternelles Pour des pays plus fortunés !

Pour la première fois vous essayez vos ailes

Loin du nid où vous êtes nés!

L } Ce nid que vous quittez, chers enfants de mes veilles, : Pour vous n’est done plus assez grand ?

ci 4 Et vous voulez aller bourdonner aux oreilles le l'aile.

4 D'un monde, hélas, indifférent !

Ah ! Dieu voüs Barde, enfants, des riantes promesses 1 Que les trompeurs du monde font ! k

Car les coupes souvent les plus enchanteresses

Ont aussi plus de lie au fond !

Vous verres bien souvent l’envieux à l’œil louche Et plein de lâches trahisons...,

Ouvrez l’aile.et fuyez, . .. le souffle de sa bouche .

Est le plus mortel des poisons !

Evitez les sentiers de l’égoïste infâme De sa personne seule épris ; Et de tous ceux qui-n’ont sur la lèvre et dans l’âme

Que le sarcasmeé et le mépris !

Et puis, dans votre course errante et Vas Ah! puissiez-vous toujours avoir Pour tous les pauvres cœurs déshérités du monde,

Un mot d’amour, un mot d’espoir!

Janvier 1864.

louche

bouche

ans l’âme

bonde,

monde,

romesses

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