LE PREMIER BAISER
Te souvient-il, mon adorée, De cette heure d’épanchement Où ta chevelure dorée
Vint effleurer mon front brûlant, Où ma lèvre, chère Alvinie,
Sur ta lèvre alla se poser ?...
O moment d'ivresse infinie,
Que celui d’un premier baiser !
Alors as-tu lu dans mon âme
Tout l'amour qui la consumait ?
As-tu senti l’ardente flamme Qu’en mon cœur ton œil allumait, Quand ta bouche, mon Alvinie, Enfin n’osa me refuser...
O moment d'ivresse infinie,
Que celui du premier baiser !
Quand dans ma mémoire infidèle Les souvenirs se faneront,
Celui-là restera, ma belle,
Quand tous les autres passeront !
Oh ! non! jamais, tendre Alvinie, Le temps ne pourra l’effacer,
Ce moment d’ivresse infinie,
Où j’obtins ton premier baiser !
Avril 1860,
ait, le, !