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rv Elle se tait. Sa voix, comme les cris funèbres, Comme l'hymne effrayant de l’oiseau des ténèbres, Va d’échos en échos gronder dans la forêt ;
Son œil noir où se peint une colère immense
A semblé méditer une atroce vengeance,
Un épouvantable projet. .… ,
Un sourire infernal vient effleurer sa bouche ; Sou sourcil se contracte et son regard farouche Lance au ciel un éclair amer et triomphant ;
Sa main s’arme au hazard d’une flèche acérée, Et le large manteau dont elle est entourée.
S’entr’ouvre et nous montre.... un enfant!
Pauvre fleur qu’un printemps fit éclore sur terre! Ange qui, dans les bras d’un monstre sanguinaire, Entr’ouvre en souriant son œil de séraphin!
La blancheur de son front où brille l'innocence, Ses riches vêtements révèlent sa naissance :
C’est le fils du seigneur voisin,
Tendre fruit d’un amour aussi pur que sincère, Il sommeillait, cet ange, en rôvant à sa mère,
Dans un lit dérobé sous un épais rideau,
Quand, nourrissant déjà son projet de vengeance,
L’Iroquoise au manoir se glissait en silence,
Et l’arrachait à son berceau.
Pauvre mère! tu dors, et tandis que les songes Charment ton cœur aimant de leurs riants mensonges, Le malheur sur ton front pose sa lourde main. ‘Peut-être crois-tu voir un ange au doux sourire
Qui berce dans ses bras ton enfant qui soupire...,
Quel sera ton réveil demain !
Cependant sur le lac s’épaississent les ombres $ Le ciel voile ses feux sous des nuages sombres ; Le vent dans les grands pins a sifflé sourdement ; La cîme des forêts se courbe et se r!ra,
Et lé lac qui mugit vient balayer la grève
De son flot naguère dormant,
Que l’o Ses che L’enfan Immob (
Longter Fixe av Et savo Puis soi Pousse
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pire. CRE
pres ;
ment ;
La tempête partout jette son cri sublime :
Le tonnerre roulant au-dessus de l’abîme, Comme un boulet d’airain sur un dôme de fer, Eclate et, tout-à-coup, d’un jet de flamme horrible, Embrase un vieux tronc sec dont la lueur terrible
Eclaire un spectacle d'enfer!
L'Iroquoise était là, comme un sombre génie
Que lon croit voir parfois dans les nuits d'insomnie : Ses cheveux hérissés se tordaient sous le vent ; L'enfant paralysé sous son affreuse étreinte, Immobile semblait l'oiseau saisi de crainte
Que fascine l’œil du serpent.
Longtemps son œil hagard que la démence anime Fixe avec volupté l’innocente victime
Et savoure à longs traits sa profonde terreur ; Puis soudain, l’élevant au dessus de sa tête, Pousse un cri.... mais en vain, la voix de la tempête
Est plus forte que sa clameur,
Comn Ombres de ses guerriers, manitous de la plage, L'Iro. Esprits, éveillez-vous ! c’est vous que, dans sa rage, Aug l Elle veut pour témoins de son acte sanglant ! Quanc Elle veut, sous vos yeux, finir son existence, Elle 8 En vous offrant, au moins, pour dernière vengeance,
Le sang d’un jeune guerrier blanc!
Et, se
La me Voyez-là soutenant sa victime éperdue Dans | Elle s’arme et la flèche, un instant suspendue, Puis, 8 En frémissant se plonge au cœur de l’innocent. Lui dé
Le voile du trépas couvre son œil limpide,
Et son âme d’enfant, bel ange au vol rapide
Monte vers le ciel en chantant.
Parmi
Puis la fureur du monstre atteint son apogée ; Une ro
En un délire affreux sa rage s’est changée ; Comme C’est 1:
Et le v
Son œil fauve et sanglant lance un horrible éclair ; Elle pousse un éclat d’un rire sardonique,
Et danse en écumant la ronde satanique
Que dansent les damnés d’enfér !
Comme un vent tournoyant dans l'angle d’un abtme, L’Iroquoise tournait autour de sa victime, Aux lueurs du flambeau par la fondre allumé,
Quand saisissant enfin la faible créature,
Elle scalpe en hurlant sa blonde cheyelurg
De son poignard envenimé ;
Et, se ruant encor sur la frêle dépouille,
La meurtrit, la déchire, ét dans sa rage fouille Dans la blessure affreuse ouverte dans son flanc ; Puis, semblable au vautour, aux entrailles s’attache, Lui découvre le cœur, de ses ongles l’arrache
Et.... le dévore tout sanglant...
Parmi les nénuphars et les algues verdûtres, Une roche, là-bas, baigne ses flancs grisâtres, Comme un nid d’alcyon caché sous les roseaux. C’est là qu’elle s’enfuit, mi-nue, échevelée,
Et le vent se heurtant sur la roche ébranlép,
Lui jette l’'écume des eaux,
Là, debout sur le roc, et promenant dans l'ombre
| Ses regards où fulmine un feu terrible et sombre, pé Le monstre pousse encore un cri rauque et pergant : Projetas & Je suis vengée enfin !....” Elle dit et s’élance. ti Et la fille des bois meurt avec 84 vengeance Au fond du gouffre mugissant. | Juin 1961.