L:iîii avec la mort, mais ayant
.jUL" contre des troupes réglées, à prêter au r« ' ^ ^.. smccès de la résistance; bien échUe sur la ^^^.^j^ Je sa passion militaire n'est s mdigne do ^ ^^ victoire. En 1831, quand, à la sions excès- ' ^ .^.^ j^ Varsovie, la nation frémit vis des Sf»' ^^^ji^juîa 1832, quand la troupeu
depuis sa défaite, est pour la première fois sur le point de recommencer la lutte, qu'elle hésite, que le ministre de la guerre balance, qu'un aide de camp du. maréchal vient aux bureaux du National pour conférer avec lui, il persiste à s'abstenir, ne pouvant empêcher le combat. Même conduite en avril 1834.
Cette erreur funeste prête parfois à son ferme caractère l'apparence de l'irrésolution. S'agit-il au contraire de son action individuelle , isolée , il n'est que trop prompt à sacrifier sa vie : en 1823, à Toulouse, pour le salut de ses co-accusés; en 1830 et 32, pour la défense du droit des écrivains. Malheureusement, il la prodigue aussi pour les plus subtiles délicatesses du point d'honneur : en 1833, il accepte une rencontre avec M. Laborie, un das preux de la duchesse de Berry, et reçoit une première blessure. Trois ans plus tard, nous le verrons, sans nécessité, exiger une réparation par les armes de M. de Girardin.
J'ai démontré comment le militarisme lui ôtait toute foi aux chances de son parti dans la lutte des rues contre la troupe; d'accord avec les siens pour l'abolition de la monarchie, il en différait essentiellement sur les principes du gouvernement qui devait la remplacer.
Il lui avait fallu un travail de sa volonté pour se défoire de ses préjugés en faveur de la dicta-^ tiire militaire ; c'est à force d'intelligence et par
103 MÉMOIRES 1836t1^4X
une l'iiule approfondie de In conslimtion améri caine (|u'n l'tjiit arrivi^ A conquérir les saines idée ilo lilx.'iltî: il repoussait d'autant plus énergique ment la dictaiiire révolutionnaire, qui était alor le riioven supri';ino exifré par presque fous ceu: qui niardiaiiMit derrière lui.
Sans doiuc, ajiriis s'iHn; converti lui-même lien n'eût éti' plus utile et plus lieaii qae d'amené irniduellei lient la démocratie an culle de la liberté ( )ii petit i]iia<riner par la pensée (jne si sa vie n'a vaif pas été trancliée, il aurait accompli cett tâclie innnense , de telle sorte qu'en 1S4S, l'heure oi"! k couronne tombait, il y aurait eu u: peuple prêt pour la répnlili(iue et un homme ca pahle de le 'gouverner. Mais, en ll^'îO, eointie Carrel était loin de ce rêve ! Jamais ses etforts n lui avaient semlilé plus vains, ses peines plus in fruciueuses; il succombait, iad'rieur à sa tache (lésespéi'ant des autres et de lui-mémo,
•l'ai fité les [laroles de glace par lesquelles : câlinait, dès l.'*:.U, mes aspiralions répuliiicaines dans la suite il eiiqièclia Inen d'autres adhésion (pie la mienne, et plus importantes. Sur ce point les fémoijrnages almudent : c'est le grand pros ci'itdu -? Décotnlire, Victor Hugo, m'écrivant d Ouerncsey : «J'ai connu Carrel tel que vous l dé|)eigne/: il a Ont aussi ce qu'il a pu [lour la'i' loigner de la répulili<pie. »
l>epuis plusieurs années dt'jà, le rédacteur d
National et l'orateur lëgitimiste avaient eu des relations réciproquement bienveillantes. En 183(5, ils se rencontrent :
-^ J'aurais besoin, dit Carrel, de causer à Taise longuement avec vous ; il faut trouver un lieu retiré.
— Mais, de ma part, répond Berryer, je n'appbrte aucun mystère à l'entretien.
— Il n'en est pas ainsi pour moi ; mon parti est ombrageux. Vous connaissez Elisa R*** ; je vais lui deman^r pour demain soir une tasse de thé et la solitude.
Ainsi fut fait; la belle personne les laissa dans un tête-à-tête qui se prolongea de neuf heures à minuit.
Le chef radical se répandit en propos anieis sur sa lassitude et son découragement.
— Les hommes que je parais diriger ne sont pas mûrs pour la république ; aucun esprit politique... aucune discipline Nous commettons
faute sur faute. Enfin, s'écria-t-il, je suis réduit au rôle de marteau; on se sert de moi pour frapper; marteau pour briser, je ne puis rien édifier. .. L'avenir! il est trop lointain pour que je l'atteigne.
Le surlendemain de cette triste et notable conversation avait lieu le duel entre Armand Carrel et le rédacteur en chef de la Presse, Emile de Girardin. Dans son Histoire de dix ans, Louis Blanc
eu a Faconté les péripéties, la sanglante issue, avec la précision, la chaleur de cœur d'un homme qui fut témoin de l'agonie du plus illustre parmi les républicains.
J^a polémique acerbe des deux journaux futroccasion, non le motif, de la querelle; tout au plus fit-elle déborder Tirritation que Carrel renfermait en lui. Les calomnies dont il était abreuvé, même par les siens, son indigne arrestation après l'attentat Fieschi, les mesquines persécutions du poji- " voir lui avaient donné un dégoût violent de la vie ; la condamnation et les amendes répétées à la suite des lois de septembre , en compromettant l'existence de la^ feuille qu'il dirigeait, devaient lui faire craindre la suppression de la seule arme de guerre encore puissante entre ses mains. Qui sait où s'arrêtèrent les suppositions de son imagination assombrie, mal protégée par une ignorance volontaire des questions d'argent? si dans l'établissoment de la presse à bon marché, réduisant de moitié le prix de l'abonnement, il ne soupçonna pas une machination spécialement dirigée contre hii? Quoi qu'il en soit, la mort ne laissa pas à sa loyauté le temps de revenir de son erreur. Aux veux d'amis ardents, inconsolables de sa fin prématurée, implacables dans leur haine pour l'homme qui l'avait causée, cette erreur acquit la force de l'évidence : ils voulurent voir dans M*, de (Tirardin un instrument du pouvoir à la tête d'une
spéculation fictive, couvrant une manœuvre dont celui qu'ils adoraient avait ëtë la victime désignée ; pour venger le plus généreux, le plus clément des hommes,' ils poursuivirent sans relâché , et par xtous les moyens, celui qui, dans un combat loyal, blessé lui-même, Tavait atteint mortellement.
]3ans une sincère appréciation du beau caractère de Carrel, j'ai signalé à l'admiration l'éducation libérale qu'il s'était faite à lui-même avant de tenter celle de son parti. 'Je n'ai caché aucun des préjugés qu'il tenait de l'époque où il était né : comme tous les hommes politiques qui l'avaient précédé, et presque tous ceux de sa génération, il resta indifférent ou hostile aux questions d'économie sociale et d'intérêt matériel; aussi a-t-il été l'honneur, la gloire du parti démocratique , il ïïen a pas été la pensée. Dans la famille des esprits illustres, il m'apparaît c<>mme un fils de Chateaubriand ; avec lui finit l'ère chevaleresque du dévouement, du désintéressement. Celle (Je l'utilitarisme lui succède.
11 est difficile déjuger les morts; néanmoins on peut en dire le mal, et aussi le bien qu'on en pense; à l'égard des vivants, la critique peut passer pour de la rancune, l'éloge pour de la complaisance : d'ailleurs ils n'ont pas dit leur dernier mot.
' Malgré ces désavantages, j'entreprends le portrait d'Emile de Girardin. Né six ans après Car-
\v\. combien il est éloigne de lui dans le monde des idées! Rien de plus aisé que de mettre en relief le contraste des deux natures : Tun attirait d'abord là sympatliie, imposait la confiance, inspirait l'enthousiasme; Tautre, à première vue, })ar ses dehors froids, son aspect concentré, éveille rinquiétude ; on se sent en présence d'une force latent 0 dont on ignore les tendances bonnes ou mauvaises ; l'un avait la fierté, l'autre a l'orgueil; l'un l'incapacité dédaigneuse des questions d'argent. Tautre le génie des affaires; pourtant ils ont on c(»nmum la résolution, Tintrépidité , et ces traits singuliers de ressemblance que tous deux ont conquis par r.intelligence : l'un ses principes de lil>erté, l'autre ses idées de moralité; enfin, tous deux sont restés journalistes, sans avoir jamais pu donner la mesure de leurs facultés dana le gouvernement de leur pays.
La naissance d'Emile, le milieu où il a été éle— vé , les premières impressions de son enfance et de sa jetmesse sont indispensables à connaître pour qui vetit pénétrer cette nature complexe. Filsadultérin de Marie Fagnan, femme de M. Dupuy, conseiller à la cour royale de taris, et du général comte Alexandre de Girardin, il est inscrit sous le nom d'Emile de Lamothe. Jusqu'en 1814 il est l'objet des soins les plus tendres de sa mère et de son père, qui le traite en futur héritier.
Avec la rentrée des Bourbons, la liaison dont
il est né se rompt; le gênerai, rallié au gouvernement nouveau, épouse mademoiselle de Vintimille, et sacrifie à cette union l'enfiint illégitime. Pour sa mère il n'est plus qu'un regret amer du passé, un remords qu'elle voudrait chasser; elle le déporte dans un village de Normandie, chez un palefrenier du haras du Pin, chargé, moyennant 1,2()0 fr. par an, de son éducation. Parmi les hommes supérieurs on en citera, comme Proudhon, dont l'enfance a été phis pauvre, ou qui ont été abandonnés, ainsi qu'Emile, comme d'Alembert; mais Proudhon avait la famille, d'Alembert n'avait jamais vu la sienne; aucun autre n'a subi cette dureté du sort de tomber, à huit ans, en pleine connaissance , de .la tendresse à Tindifférence, à l'aversion; de quitter un entourage de gâteries et de caresses pour la solitude, sous une surveillance mercenaire. Un si cruel contraste devait serrer jusqu'à l'étouffer le cœur de la vicme, le rendre à jamais incapable d'aimer, ou si ce cœur était trop vivace pour succomber, le noiurrir d'amertume, y développer une sensibilité cruelle, incurable. En le dépaysant, en le condamnant à l'ignorance et à la pauvreté, ses parents avaient espéré lui faire perdre leurs traces. Tentative insensée ! à huit ans il est des souvenirs ineffaçables.
D'ailleurs, on Vie prévoit pas tout : à peu de distance du village s'élevait le château de M. Du-
bourg, dont une fille, marraine d'Emile, devint plus tard madame de Varaignes ; il eut ses entrées dans la maison. Sans autre moyen d'instruc- . tion, il dëvora d'abord instinctivement tous les livres de la bibliothèque, composée presque en entier de romans. C'est encore là qu'à dix-sept ^s il connaît madame de Senonnes; cette dame s'intéresse à lui, l'emmène à Paris, et son mari, secrétaire général de la maison du roi, lui obtient une place sous ses ordres. Peu après, M. de Senonnes ayant été révoqué de ses fonctions, Emile crut devoir l'accompagner dans sa disgrâce.
Même en 1825, 1,2(X) francs de rente sur les fonds espagnols ne suffisaient pas pour vivre à Paris. Il est commis chez un agent de change, joue à la Bourse, perd la moitié de son petit capital et quitte son emploi. Il veut s'engager : on le déclare trop faible pour le service.
Alors, retiré dans une petite chambre, au rezde-chaussée de la maison n° 28, avenue des Champs-Elysées, il jette au hasard sur le papier les ressentiments de son cœur, le souvenir toujours présent d'un inique abandon , ses révoltes contre une société qui, en laissant les coupables impunis, réserve le châtiment à la victime. Auprès des femmes seulement il a trouvé de la sympathie: c'est à une Mathilde imaginaire qu'il adresse ses confidences. En rehsant ces feuilles éparses, la pensée lui vient de les publier; avec l'appui d'un
courageux éditeur^ l'ouvrage parut sous le titre ^ Emile. Succès aussi grand qu'imprévu; J. Ja- ' nin, bien jeune, mais déjà célèbre, toujours prompt à découvrir le talent, qualifie cette étude intime de chef- d'œuvre : l'auteur pénètre dans le monde littéraire par la bçèche qu'il a faite.
Son livre eut encore un autre résultat : un matin, le portier du n** 28 entre en grande tenue chez son jeune locataire.
— Monsieur, je marie ma fille; j'ose vous prier de vouloir bi^n lui servir de témoin. D'ailleurs, monsieur, quoique je ne sois qu'un simple concierge, mademoiselle Horn, du premier, consent à être sa demoiselle d'honneur.
Emile accepte , la cérémonie a lieu ; madame Hom et sa fille. Anglaises d'une beauté rare, l'invitent à prendre le thé. Peu à peu, les relations deviennent journahères : elles avaient lu Emile, il était leur héros.
Un soir, vers minuit, on frappe à sa porte :
— Qu'est-ce?
— Clémentine.
— Qu'ya-t-Q?
— Ma mère est blessée ; ma mère se meurt. Quel hon^pe de vingt ans aurait réfléchi avant
de porter secours ? Mais le malheur lui a inculqué la prudence^ : il prend la précaution d'un témoin, et ne monte qu'accompagné du père Barillé, son concierge.
170 MÉMOIHES 1826-1848
Madame Ilorn, en dépit d'elle-même, rivale de sa lille, n'ayant ni assez d'abnégation pour la marier à Emile, ni assez de fermeté pour renoncer à des visites qui lui étaient chères, avait cherché une diversion dangereuse dans Tivresse. Ce soir là, sous l'influence violente des spiritueux et de la jalousie, après s'être emportée jusqu'à frapper sa fille, elle s'était blessée d'un coup de couteau. On la secourut, la soigna, mais le lendemain, Emile, donnant congé de sa chambre, allait loger rue Saint-Nicolas.
Depuis plusieurs mois, il n'avait revu ni la mère ni la fille quand Barillé arrive chez lui. *
— Monsieur, lui dit ce brave homme, les choses ont bien empiré depuis votre départ: mademoiselle Clémentine ne peut plus résister aux mauvais traitements de sa mère, qui est à présent plus d'à moitié folle ; elle a absolument besoin de vous.
— Mais, père Barillé, comment puis-je lui venir en aide i
— N'importe, monsieur^ elle a fait ses paquets, et elle vous attend en bas dans un fiacre.
Emile descend, se fait conduire chez sa marraine, madame de Varaignes, et tou« deux mettent Clémentine en pension. II écrit à Londres à M. Ilorn, qui, plein de reconnaissance, vient aussitôt prendre sa fille. Ce simple trait montre Texpérience précoce acquise par celui qui n'a eu
pour instituteur que Tadversité, pour conseiller que la réflexion ; car Einile, lorsqu'il calcule ainsi ses moindres démarches, en est à son premier amour; un mutuel attachement dont quelques lettres sont aujourd'hui le seul témoignage. Dans Tune d'elles, la belle étrangère, pour rench^e sa passion, a créé mi néologisme qu'on est heureux d'avoir inspiré : Je fidolise,
<c La vie est un combat. » Ces paroles semblent écrites à l'intention d'Emile : sans soutien, il a dès l'abord à lutter contre deux familles puissantes et la vigilante antipathie d'une beUe-mère. La recherche de la maternité est autorisée, mais si graves que soient les torts de sa mère, il suffit qu'elle sdit fenmie, il n'usera pas du droit que la loi lui accorde. En revanche, le jour de sa majorité, il adresse au comte de Girardhi une lettre ferme et respectueuse, lui demandant un entretien. En présence de ce père sans mémoire, il lui rappelle les souvenirs vivants de son enfance : le général persiste à ne pas le recoimaître.
— Je veux, dit Emile, prendre votre nom, qui est le mien.
— Je m'y oppose.
— Soit! Faites-moi un procès.
Dès lors il signe Emile de Girardhi. Il poursuit sa vengeance comme on poursuit un amour, une noble vengeance. Son plan est fait ; il se dit en songeant à son père : « Vous m'avez abandonné,
je vous forcerai à être fier de moi; je serai riche, influent, je parviendrai; je vous prêterai l'aide que vous me deviez ; je protégerai votre ambition ; je vous ferai député, pair de France. » Ce rêve sera un jour réalisé ; mais, à cette heure, à Texception de la volonté, tout lui manquait.
Parmi les journalistes habitués du Café de Paris, j'ai déjà cité Lautour-Mézeray, Normand, un peu plus âgé qu'Emile de Girardin. Il avait été son compagnon d'enfance; en lisant dans les feuilles politiques le succès littfTaire de son ami, il était accouru de sa province, certain d'arriver avec lui à la fortune. S'il parlait mal, s'il était brouillé avec l'orthographe, son ignorance ne nuisait en rien à son aplomb. Il voulait avec ténacité devenir journaUste : Emile l'ayant présenté inutilement à la rédaction de divers organes de la publicité :
— Je ne vois plus qu'im moyen, lui dit-il, de contenter ton envie; c'est de fonder nous-mêmes un journal.
— Pourquoi pas i
— Mais l'argent?...
Après beaucoup de combinaisons impossibles, ils eurent l'idée d'une feuille qui reproduirait les meilleurs articles de tous les journaux.
— Quel titre lui donner ?
Lautour proposa : La Lanterne magique.
— Non : nous n'aurions pour abonnés que des
enfants. Notre chance de succès est d'avoir le courage d'être vrais ; prenons pour titre : Le Voleur,
Henri Monnier, le dessinateur en vogue, leur fait la vignette, au-dessous de laquelle il inscrit les vers de Voltaire :
Au peu d'esprit que le bonhomme avait L'esprit d'autf ui par complément servait; 11 compilait, compilait, compilait.
Les futurs rédacteurs l'invitent à déjeuner pour la semaine suivante. Emile réussit à em- * prunter cinq cents francs, à peine de quoi imprimer le premier numéro ; aussi se garde-t-il bien de les employer en frais d'impression ; il place
LA TOTALITÉ DE LA SOMME EN ANNONCES. LcS
abonnements pleuvent; le jour où Henri Monnier se rendait à leur invitation, ils avaient déjà reçu par la poste une dizaine de mille francs : je laisse à juger si le déjeuner fut gai. Six mois après, Le Voleur tirait à 2,50(), rapportant par an 50,000 fr. net à ses fondateurs. Que ceux qui ont connu Lautour-Mézeray se le représentent le jour de l'inventaire, incapable défaire une multiplication, couché sur une main de papier dont il'joint les feuilles par des pains à cacheter, sur une interminable colonne se livrant à d'interminables additions, et répondant sans s'émouvoir aux raille-
174 MÉlilOlVES 1826-1848
ries de son co-intéressé : « Chacun a sa manière v de procéder. »
Pareil accueil du public à une "autre création (le Girardin : le journal La Mode. Il touchait à la richesse, quand sur\^ient la révolution de Juillet : tout est à recommencer.
Dans le salon de madame Sophie Gay, Emile voyait sa fille Delphine, belle et poëte ; un mariage d'inclination les unit, le 25 juin 1831. Toutcompte fait, Le Voleur et La Mode vendus, la corbeille payée, il restait aux nouveaux mariés une trentaine de mille francs : il fallait aviser. Emile obtient de Casimir Périer la promesse d'être sous-préfet à Langres; mais Iç, ministre, voisin et ami du général de Girardin, cédant à l'intercession hostile de la comtesse, revient sur son engagement. Forcé de renoncer à la carrière administrative, le sous-préfet, préventivement disgracié, cherche une autre voie.
Il n'est pas une entreprise de Girardin qui n'ait pour fondement une idée juste, un besoin public à satisfaire; ses moyens sont le bon marché, la publicité. Il invente le Journal des ronnamances utiles^ « enseignant à chacun ses droits, ses devoirs, ses intérêts, » prix 4 francs par an. il dé-