Voir l'art du chef d'orchestre; etc
2, Cette mesure existait encore de mon temps; depuis, cela a changé.
— loi ^
douze instrumentistes jouissent du privilège d'un congé par semaine. Aussi, avec la faculté qu'ont ces Messieurs d'échanger leurs congés, ils arrivent à avoir 8, 10, 15 jours de vacances, en prenant les précautions nécessaires, dans leur propre intérêt, pour assurer le service.
Les trombones étant quatre pour trois ont lamôme faveur.'
Les cors n'étant que cinq pour quatre, il en résulte que, parla double nature de Tinstrument, les deux pupitres se composant d'un premier et d'un deuxième cor, un seul remplaçant ne peut être affecté indistinctement, soit à Tune, soit à l'autre fonction de premier ou de deuxième cor. Par conséquent les deuxièmes de chaque pupitre n'ont point de remplaçants.
Les quatre bassons étant obligés, soit par la division à quatre, soit par le doublement des parties, un cinquième basson suppléant suffirait pour assurer le service, la nature de l'instrument permettant indistinctement le remplacement d'une des quatre parties.
En conséquence, des trente-six instrumentistes composant Vharmonie, dix-huit (la moitié) jouissent du bénéfice de congé.
Les instruments non privilégiés sont : le basson, la trom" pette, Vophicléidej la harpe, les timbales, grosse^caisse, cymbales et tinangle ; le service actif de ces dix-huit derniers est donc constamment régulier — et souvent compromis par suite d'absence, qu'elle qu'en soit la cause.
A ce chiffre (18) si l'on joint celui de 49 du quintette^ on a un total de soixante-sept exécutants dont la présence est obligatoire à chaque exécution.
D'un autre côté, les appointements des chefs de pupitre étant à peu près sur le taux de l'égalité, il s'en suit que les chefs de partie du quintette ont, par le fait de leur service régulier, une charge plus lourde.
Les congés accordés, les indispositions, les maladies-— que l'on ne saurait prévoir — sont autant de causes qui
produisant un vide dans chacune des parties des instruments à cordes. Aussi le quintette est-il bien rarement au complet I
Pour parer à ces inconvénients, ainsi que pour maintenir à Torchestro, tant d'un côté que de Tautre, cette pondération si désirable pour l'exécution, certaines mesures d'organisation sont à signaler, afin de soutenir la réputation si justement acquise ^divV orchestre de VOpéra,
Dans Vkarmonie, deux suppléants en plus, seraient, nécessaires pour assurer le service des l^r et 2« cor de chaque pupitre, ainsi que celui des bassons, ce qui porterait le nombre des remplaçants titulaires à vingt.
Dans le quintette^ ce serait, il est vrai, Tobjet d'une création nouvelle : il conviendrait d'adjoindre 2 premiers violons, 2 seconds violons, 2 altos, 2 violoncelles, 2 contrebasses au nombre actuel. Ces dix suppléants titulaires, à l'exemple des vingt, de Y harmonie^ garantiraient au moins le service des quarante-neuf instrumentistes du quintette et permettraient alors d'avoir chaque partie au complet. — Condition essentielle pour tout orchestre et surtout pour celui de l'Opéra. Ces dix auxiliaires seraient naturellement désignés pour concourir à l'exécution de Don Juan, des ouvrages de Gluck, de Weber, par exemple, ainsi que pour remplacer d'une manière définitive tout artiste dont la place deviendrait vacante.
Et si Ton examine la question « au point de vue de l'art, comme au point de vue de l'équité, • il est véritablement temps d'aviser aux moyens d'améliorer la position des artistes.
« Autrefois, d'ailleurs, nos grands théâtres avaient un « moyen de retenir et de s'attacher leurs artistes, ceux du « moins dont la situation était la plus modeste. A l'aide f d'une légère retenue sur leurs traitements, et de « quelques représentations données à leur profit, une « caisse de retraite était instituée pour eux, assurant, « après un nombre d'années de service déterminé, une
i pension, faible, sans doute, mais suffisante pour mettre « leur vieillesse à l'abri du besoin. Grâce à ce système, a les scènes lyriques avaient un personnel fixe, se renou- « vêlant régulièrement et sans secousses, un personnel « dont l'ensemble n'était jamais détruit, et qui, par cet en- « semble et par les qualités propres à chacun, arrivait à « d'excellentes exécutions. »
(Voir le Mémoire présenté à l'Assemblée Nationale par la société des compositeurs de musique.)
III. — Pour remonter aujourd'hui les chefs-d'œuvre anciens, pour les représenter dignement, il serait opportun d'examiner plusieurs questions au point de vue musical, dont l'importance commande l'attention.
Les conditions dans lesquelles se trouvent les ouvrages du répertoire n'étant pas les mêmes, il est nécessaire d'établir un classement, afin de distinguer les opéras montés, il y a quelques années, et ceux qui datent d'une époque antérieure.
Ainsi, par exemple, Hamlet^ Faust, ne sont point dans les mêmes conditions que les Huguenots, la Juive, etc.
En effet, les ouvrages qui comptent, au théâtre, environ un quart de siècle, ont subi de nouvelles mises en scène, des transformations de tous genres, des suppressions, des arrangements où l'on reconnaît, à tout moment, la marque de l'arbitraire. Ils ont été édités selon les procédés établis alors; et comme la publication n'était, pas toujours conforme à l'œuvre représentée, il en résulte une grande incertitude à Tégard de bien des passages. Il n'en est pas de même pour les ouvrages modernes du répertoire. On peut s'en convaincre par l'examen des quelques ouvrages représentés salle Vantadour :Don Juan, La Favorite, Faust ^ Hamlet, Les Huguenots, Robert, ont été pour ainsi dire reportés de l'Opéra aux Italiens. Une seule répétition générale a suffi pour chacun de ces ouvrages. On ne peut dire vraiment qu'ils aient été remontés.
La routine a été maltresse absolue, par suite de la triste situation survenue, et par Tétat provisoire qui en est la conséquence •
Eh bien I môme en présence de ces obligations impérieuses, il s'est produit un fait que Ton ne peut méconnaître. Les éditions de Faust, d'Hamlet^ étant assez conformes à la représentation de ces ouvrages, les parties d'orchestre gravées avec plus de soin, plus d'exatitude que celles des opéras anciens, les partitions mieux en ordre^ il en est résulté une exécution moins éloignée des traditions des auteurs que pour ceux, par exemple, qui ne présentent pas réunir les mêmes conditions. — Gomme les Hu^ guenots, Robert, entre autres, pour lesquels la gravure est inexacte, en caractères fins, presqu'illisibles, le papier vieux sans consistance, le texte non conforme à celui des partitions et des représentations, etc., etc.
D'un autre côté, les parties d'orchestre ne pouvant durer tout au plus (tant elles sont en mauvais état déjà) que pour le provisoire actuel, sur quoi, et commentées mômes ouvrages seront-ils remis en scène, remontés comme il convient à une Académie de musique? Quelles traditions invoquera-t-on? La routine doit-elle pénétrer jusqu'au sanctuaire du Nouvel Opéra? Ces questions sont de nature, ce me semble, à appeler l'attention, si non des Ministres, comme pour les peintures, les décorations, mais des musiciens, des maîtres qui pourraient justement ôtre consultés sur un sujet de cette importance!
En résumé, pour conclure aux questions qui viennent d'ôtre exposées, je me permettrai. Monsieur le Directeur, d'appeler votre attention sur quelques points dont l'intérêt réclame votre sollicitude :
1® La reconstitution delà copie des parties d'orchestre, ainsi que la mise en ordre des ouvrages du répertoire, lesquels ouvrages ne sauraient ôtre remontés avec le soin et l'exactitude nécessaires, sans ces conditions indispensables ;
2» L'adoption en principe d'un supplément de dix instrumentistes (instruments à cordes) attachés à l'orchestre, soit comme suppléants, pour assurer le service des représentations ordinaires, soit comme adjoints, dans certains cas, pour renforcer le nombre actuel des exécutants ;
3** Enfin, l'adjonction d'un sixième cor et d'un cinquième basson pour assurer le service, au complet^ dans chacune de ces deux parties.
III. — Vint ensuite le tour du budget. Ce point délicat était naturellement réservé à M, le Directeur qui, selon les réclamations des artistes, présentées par la commission, approuvait ou rejetait leurs demandes. Les décisions de M. le Directeur m'étaient communiquées; je les transmettais à la commission, en lui faisant part de l'opposition ou de l'acceptation que je croyais devoir faire, eu égard aux intérêts des artistes de l'orchestre. Ces réclamations devenant plus impérieuses et étant comme l'ultimatum de leurs prétentions, les délégués jugèrent opportun, me dirent-ils, de les transmettre de vive voix à M. le Directeur. Ils furent reçus plusieurs fois en audience particulière et défendirent (comme je l'avais fait moi-même) les intérêts généraux, pourvus du mandat qui leur était confié. Ce débat dura quelque temps entre la direction et la commission.
Je reçus dans cet intervalle une pétition, signée de vingt-sept membres de l'orchestre, par laquelle ces messieurs désapprouvaient la commission. Voici dans quels termes :
«... Les soussignés estiment que les mandataires ont outrepassé leur droit, en fixant une répartition dont la pré-
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rogative (du moins ils le pensent ainsi] n*apparlient qu'au chef d'orchestre, parce que lui seul a intérêt à discerner l'importance et la qualité des services rendus par chacun des artistes placés sous sa direction.
« En conséquence les soussignés vous prient, Monsieur^ de vouloir bien reprendre cette part de vos attributions, en rectifiant ce qu'il peut y avoir d'inégal dans la répartition indiquée par les délégués.
« Dans Tespoir de...
c Vos tout dévoués collaborateurs. »
Suivent les signatures.
On voit par la teneur de cet écrit le peu d'influence que m'accordait M. le Directeur sur mon orchestre, l'impuissance dans laquelle j'étais concentré, comme un intermédiaire inutile, .ne fonctionnant que pour la forme.
Les discussions d'intérêt vinrent mettre le comble à la situation qui m'était faite, en me considérant comme nul dans la question. Je répondis en conséquence à leur lettre :
t Messieurs,
c Lorsque je vous ai fait connaître la proposition de M. le Directeur, je vous ai prié de nommer une commission chargée de me transmettre votre réponse.
« A mon retour de vacances, j'ai appris que vos délégués étaient allés trouver M. le Directeur qui les avait autorisés à lui présenter un mémoire.
« Ce travail m'a été rerais. Après une légère modiflca: tion, touchant Texposé de la demande d'augmentation, et selon votre désir, j'ai soumis votre réclamation à M. le Directeur.
« Cependant, tout en me chargeant de ce soin, je n'ai pas laissé ignorer à messieurs les délégués que la répartition de l'augmentation que vous demandez trouverait delapartdeTadministrationetdelamienne, certaines objections susceptibles d'empêcher la réussite, du moins complète, de votre demande.
« On a passé outre sans tenir compte de mes observations, j'ai dû remplir néanmoins mon rôle d'intermédiaire.
• Les vingt-six représentations ayant été réduites à dix seulement, la somme proposée premièrement par M. le Directeur étant maintenue (soit à peu près 30,000 fr.) malgré la réduction consentie de seize représentations, c'est alors que je fus chargé d'établir la répartition de l'augmentation accordée par M. le Directeur (30,000 fr.) j'en fis part à la commission, et mis sous ses yeux le travail qui établissait la répartition.
« MM. les délégués n'avaient rienàm'objecter : ils devaient préalablement consulter l'orchestre.
« La commission vit de nouveau M. le Directeur, et obtint 10,000 fr. en plus de l'augmentation accordée : 30,000 fr. (ce qui portait le chiffre à 40,000 fr.)
• La direction désirait vivement recevoir, au plus tôt, une réponse définitive. Je pressai la commission de hâter la décision de l'orchestre.
« Je fus instruit, enfin, que la commission se réunirait chez moi le lundi 20 septembre, à midi, pour me soumettre le résultat de la dernière entrevue des délégués avec l'orchestre.
« M. T... seul se présenta chez moi, muni d'un nouveau travail qu'il me montra à peine, et qui devait être remis le soir même à M, le Directeur.
« En effet, je fus appelé à 6 heures chez M. Halanzier, et j'appris avec étonnement (après les refus que j'avais reçus) que ce dernier travail de la commission avait été approuvé par lui, et, de plus, qu'il consentait à élever l'augmentation de 1,500 fr., sur la demande des délégués, soit: 41 ,500 fr. »
Voilà le résumé des faits tels qu'ils se sont accomplis.
Eh bien ! je ne crois pas qu'ayant été Torgane des deux parties, chargé de part et d'autres de transmettre le résultat obtenu par chacun d^s côtés intéressés, je ne crois pas, dis-je, que la question dût se terminer ainsi, sans que j'y prisse part. De la sorte, en donnant satisfaction à la commission directement, soit de Directeur à délégués, après que les refus m'eurent été signifiés, c'était me retrancher, m'anihiler, faire supposer que je n'avais pas débattu les intérêts de l'orchestre avec autant de conviction et de persévérance que les délégués eux-mêmes!
Déjà, à une époque antérieure, en 1865, lorsque MM. les musiciens de l'orchestre de l'Opéra adressèrent au directeur de ce théâtre, M. Perrin, une demande d'augmentation de traitements, la presse elle-même manifesta son éloignement pour toute immixtion dans les affaires administratives d'un intermédiaire quelconque.
Voici, à ce sujet, les termes recueillis d'un critique dont l'opinion, dans le cas présent, a une valeur incontestable, Nestor Roqueplan :
« Il m'est difficile, dit-il, de garder le silence sur une question que j'ai eu si souvent à traiter par son côté pratique.
« Je prends d'abord la forme. C'est, dit-on, une délégation, un comité, si l'on veut, qui a porté la demande au directeur. Je m'étonnerais que, dans les règlements actuels de rOpéra, pût figurer l'institution d'un comité qui annullerait la suprématie rationnelle du chef d'orchestre de rOpéra et lui ôterait sa qualité d'organe hiérarchique des demandes et des plaintes venant des artistes placés sous ses ordres.
« Dès lors, pourquoi un comilé?
« On ne comprend de communication, de conversation possible avec un comité, que s'il y a lieu de s'entendre avec une corporation ou une association, qui a des délégués reconnus, accrédités, comme le sont ceux de l'association des auteurs.
« Quand un directeur de théâtre est en difficulté avec les auteurs dramatiques, surtout en matière de droit pécuniaire, il en réfère aux délégués, à la commission élue, permanante de l'association, et traite avec elle.
• Or, c'est individuellement, un à un, avec une appréciation différente du talent spécial de chaque musicien, que l'Opéra traite et contracte des engagements »...
(Extrait du feuilleton du Constitutionnel du 31 juillet 1865).
IV. — Depuis rinauguration du Nouvel Opéra, Tadministration n'ayant en vue que la reprise de possession des ouvrages du répertoire, aucune idée de représentation de gala ne vint à la pensée de personne.
Cependant, je dois dire qu'il y eut un projet de Festival dont le programme fut ébauché de la sorte :
Armide (Fragment).
LullV
Fêtes d'Héhé —
Rameau
Armide —
Gluck
La Flûte Enchantée
Mozart
Anacréon
Grétry
Achille à Scyros (bacchanale)
Cherubini
Joseph
Méhul
La Vestale
Spontini
Le siège de Corinthe