‹ Mes mémoires; enfance -- adolescence -- jeunesse;Chapitre 107 sur 128 · COMME IL FAUT · texte numérisé non relu

COMME IL FAUT

J*ai*fait déjà plusieurs fois allusion, dans le cours de ce récit, à ce litre français, et je sens à présent la nécessité de consacrer un chapitre entier à celle conception qui, dans ma vie, a été une des plus préjudiciables et des plus mensongères de toutes celles que m'aient inculquées Téducation et le milieu.

On peut diviser le genre humain eii plusieurs catégories : en riches et en pauvres, en bons et en méchants, en militaires et en civils, en intelligents et en imbéciles, et ainsi de suite. Mais chaque homme fait nécessairement une division particulière au moyen de laquelle il classe inconsciemment les individus qui s'offrent à ses regards. Ma division préférée, au temps dont je parle, était celle des gens comme il faut ^ et des gens comme il ne faut pas *.

La seconde catégorie se subdivisait de plus en personnes pas comme il faut ^ et en simples gens du peuple. Pavais de Testime pour les gens comme il faut et je les considérais comme dignes d'avoir avec moi des rapports d'égaux. Pour les seconds je faisais semblant de les mépriser, mais au fond je les haïssais et ressentais en eux comme une sorte d'offense à la dignité de Thomme.

Les troisièmes n'existaient pas pour moi : je les méprisais complètement. Mon c comme il faut» consistait tout

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