Fourrure en peau de mouton que portent les paysans
3. Les sichi sont un potage de choucroute, et la kacha du gruau cuit; mets favoris, presque uniques, des paysans.
La mère et lafilleétaientd^untout autre caractère ; ellesn'en différaient pas moins profondément entre elles. La mère était une femme très agréable, d'humeur égale et joyeuse en société. Tout ce qui était amusement et bruit la réjouissait. Elle avait même ce trait, qu'on trouve seulement chez les meilleurs vieillards : la faculté d'être heureuse de voir la jeunesse s'égayer.
La fille, au contraire, était sérieuse, ou plutôt distraite, indifférente, hautaine sans raison, ce qui est le propre habituel de toute belle femme non mariée. Quand elle voulait paraître gaie, sa gaîlé était plutôt étrange ; on eût dit qu'elle se moquait d'elle-même ou de son interlocuteur, ou bien de tout le monde, bien que ce fût loin de sa pensée. Souvent je m'en étonnais et je me demandais ce qu'elle entendait par des phrases telles que celle-ci:
« Oui, je suis terriblement belle! Comment donc ! mais tout le monde devient amoureux de moi... i
Anna Dmitrievna étaittoujours eu mouvement. Elle mettait une véritable passion à s'occuper de sa petite maison, de son petit jardin, de ses fleurs, de ses canaris, et d'une quantité de jolis bibelots. Son appartement et son jardin n'étaient réellement grands ni riches. Mais tout cela était entreténu avec tant de propreté et de commodité, avait un cachet de grâce légère et avenante si semblable à une jolie petite valse ou à une polka, que le mot joujou, employé souvent par les visiteurs charmés, allait très bien. Elle-même était comnne un joujou. Petite, maigrelette, le teint frais, les mains fines et soignées, toujours gaie et bien ajustée. Les veines trop saillantes de ses petites mains déparaient seules toute cette grâce.
i^dvotia Vassilievna, au contraire, ne faisait presque rien. Non seulement elle n'aimait pas s'occuper de bibelots ou de fleurs, mais soignait même trè.« peu sa toilette. Elle devait toujours s'enfuir pour passer une robe quand des visiteurs survenaient. Mais une fois habillée, elle était extrêmement belle, sauf l'expression froide et uniforme de ses yeux et de son sourire, particulière à tous les beaux visages. Ses
traits réguliers, son port élancé semblaient toujours dire : « Vous pouvez me contempler à votre aise. « Malgré le eeractère affable de la mère et l'extérieur indifférent de la fille, quelque chose disait que la première, ni jadis ni à présent, n'avait jamais rien aimé que le joli et l'agréable , tandis qu'Advotia Vassilievna était une de ces créatures qui donnent toute leur vie à celui qu'elles aiment.