CHAPITRE VII
PorJTIQUE INTÉBIBXJBB. — LbS MEMBRES DU CABINET WaLDEOK-
RoussEATJ. — Alexandre Milleband. — c Mon admirable CONCOURS 1, — Les élections de 1902. — La démission du
MINISTÈRE. — Un nouveau GOUVERNEMENT.
N'ai-je pas péché par omission? n*ai-je pas négligé d'exposer ou n'ai-je pas insuffisamment exposé les méthodes dont j'ai fait choix pour conter mes souvenirs et situer mes réflexions? Les deux derniers chapitres que je viens d'écrire et qui se détachent de ma vie, ne font-ils pas contraste avec ceux qui précèdent? Les enjambées dans le temps qui y ont pris place n'ont-elles pas dérouté mes lecteurs? J'espère que non. Je me convaincs que je serai aisément suivi mais, au moment d'aborder des sujets plus touflus, je crois nécessaire de décanter mes procédés.
Je ne songerai en aucun cas à faire vivre sur le papier un gouvernement ou des gouvernements ballottés par la politique intérieure, à décrire leurs tracas journaliers. Le récit en serait fastidieux. Feuilles mortes, emportées par le vent, que les tribulations quotidiennes que subissent les cabinets. Je ne ferai même pas exception poiu* le ministère que j'ai présidé.
Donc, j'extrairai. Je retiendrai simplement les grands faits, les grands mouvements politiques que mon but est de dessiner et do philosopher. Cette discrimination, je l'ai opérée ou j'ai tenté de l'opérer dans les pages déjà écrites.
Mais, j'ai pu la lier presque constamment au mouvement de mon existence et animer ainsi mon livre tandis que je serai contraint de m'effacer à demi dans certains des chapitres qui suivront. Les développements où j'entrerai dont beaucoup seront ardus, les discussions de doctrine auxquelles je serai conduit pourront dès lors prendre un caractère didactique que j'essaierai bien de réduire en encadrant ce» paragraphes de souvenirs personnels, en y ajustant les phases de mon action, les évolutions de ma pensée* Je ne me dissimule cependant pas qu'à première lecture tous ces passages pourront paraître secs et mornes. Je veux en avertir mes lecteurs, les rassurer en même temps : je limiterai dans la mesure du possible les exposés sévères. Je ne leur ferai large place qu'autant que je les jugerai prolégomènes utiles à l'ample narration des événements de 1911-1914, à l'étude, que j'entends faire minutieuse, des actes et des acteurs figurant dans le prologue du grand drame qui a bouleversé le monde. La représentation de ce prologue sera le point culminant de mon œuvre. Elle remplira la plus grande partie de mon second volume où je réapparaîtrai porté par les circonstances, au centre de Faction*
a Vive la République, » crièrent les députés de la gauche en juillet 1899, tandis que Waldeck- Rousseau qui venait de lire le décret de clôture de la session ordinaire du Parlement s'acheminait vers la sortie de la salle des séances, a Soyez tranquilles. Elle vivra, » répondit avec une gravité sereine, le président du Conseil.
Un mois plus tard, Paul £>éroulède était arrêté, traduit avec quelques autres devant la Haute-Cour pour complot contre la sûreté de l'État. Enlever au parti nationaîistt