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CHAPITRE VIII

M. Combes et la loi sur les Associations. — Waldeck-Roussbau DISPARAÎT. — La Séparation des Ëouses et de l'État. — Alqésibas. — Le iixKisTàBE Sabbibn. — Les élections de 1906.

La politique suivie entre 1902 et 1905 a été aussi ftprement débattue que rhomme qui Ta conduite fut passionnément discuté. Pour les cléricaux, M. Combes, le « petit père » comme on l'appela, figura pendant longtemps Tantéchrist. Quelques complaisances que le vieil anticlérical eût pour ses adversaires quand, pendant la guerre, il passa accidentellement au gouvernement, certaine lettre adressée par lui à une sœur de charité (sœur Julie) et publiée avec ostentation dans la presse furent considérées par les catholiques comme des actes de repentance. Ils lui valurent « des indulgences ». Aux yeux des masses avancées, l'homme, moins à raison de son œuvre qu'à raison de la haine que lui vouèrent durant des années les réacteurs, apparut comme un très grand républicain, comparable aux Ferry et aux Waldeck. On ne lui tint pas rigueur des faiblesses, négligeables à la vérité, auxquelles sa vieillesse, soucieuse sans doute de calme, descendit.

Je gagerais que la postérité ne ratifiera ni l'une ni l'autre de ces appréciations véhémentes.

Elle ne retiendra pas plus le dénigrement disproportionné de l'homme politique auquel s'acharnèrent les gens de.

droite que les grotesques injures dont le suppôt de Satan fut Tobjet. Pas davantage une place dans le Panthéon républicain ne sera-t-elle réservée au successeur de Waldeck.

Je me suis opposé à lui accidentellement. J'ai souvent regretté d'y avoir été contraint par des raisons de principes et de sentiments. J'ai plus tard amicalement fréquenté l'ancien chef de gouvernement. J'ai admiré sa parfaite sérénité, l'exemplaire dignité de sa vie. Le jugement que je porterai sur lui ne sera donc faussé ni par l'hostilité, ni par l'admiration préconçue. J'accorderai à Emile Combes le caractère, la volonté, je m'inclinerai devant son incorruptibilité. Je lui refuserai l'intelligence, je lui contesterai le complet désintéressement, politique s'entend.

Arrivé à l'ancienneté, nommé sénateur au déclin de l'âge mûr sans avoir jamais passé par la Chambre des députés, il fait petite figure dans la haute Assemblée. Il est cependant muni par M. Léon Bourgeois d'un portefeuille qu'il garde quelques mois (1895-1896). Va-t-il, après avoir traversé le gouvernement sans que rien l'ait mis en relief, rentrer définitivement dans l'obscurité? Chacun le présume. Mais, ce médecin de la petite ville de Pons unit à la souplesse ambitieuse du politicien de chef-lieu de canton la finauderie du rural qui veut parvenir. Il sait, en 1902, tirer parti des eircoDstances, jouer du dissentiment entre Wakleck-Rousseau et Léon Bourgeois. Il affirme à l'un que ses directions pobtiques seront ponctuellement suivies, à l'autre que ses protégés seront merveilleusement casés. Il se glisse ainsi au pouvoir qu'il convoite depuis des années. Il a aperçu qu'un moyen d'assurer sa longévité ministérielle s'offrait à lui : il lui suffira d'appliquer violemment ta loi sur les Associations. Il y répugne d'autant moins qu'élevé au séminaire, ayant failli entrer dans les ordres, il est imbibé de la haine 4q prêtre séculier contre les réguliers.

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