‹ Mes mémoires [microforme]Chapitre 8 sur 22 · RÉMINISCENCES. — COUVENT DE LA CONGRÉGATION DE NOTRE-DAME À QUÉBEC · texte numérisé non relu

RÉMINISCENCES. — COUVENT DE LA CONGRÉGATION DE NOTRE-DAME À QUÉBEC

Ma première attention dont je me souviens est d'avoir été portée dans un petit carosse par le messager de la Banque de Québec au couvent où j'apprenais mes lettres. Je suis née dans la Banque de Québec, et mon père était un des employés de cette institution dans le temps.

Oh! que j'avais peur des religieuses, leur costume m'effrayait; mais une charmante jeune fille, avec la bonté de cœur qui lui a duré toute la vie, m'a consolée et m'a pris sur sa charge; elle était plus vieille que moi, et ses douces atten- -tions m'ont bientôt reconciliée avcc mon entourage, Mon père venait me chercher souvent pour me faire faire une petite excursion sur l'eau qui touchaït à haute marée aux murs du couvent, et comme une vieille Dame de la Congrégation de St. Roch me disait: Les matelots, n'étant pas gênés, laissaient frapper leur voiles sur

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les fenêtres. Que je détestais ces excursions qui me rendaient toujours malade, — papa l'attribuait à la soupe riche du couvent. L'effet de cette soupe a duré plusieurs années, car l’eau me rendit toujours malade, à l'exception d’une fois, quand, me rendant à Charlotte Town, un automne orageux, j'ai placé mon matelas sur le plancher de la cabine et ne sentit pas le mouvement du bateau, Je me levais sur mon lit que pour manger, et j'attribue mon exemption du mal de mer à cette circonstance, tandis que tous les autres voyageurs ainsi que plusieurs des employés en souffraient. Ainsi cette suggestion, peut-être, servira-t-elle aux autres.

La demoiselle de qui je viens de parler était Antoinette Belzaretti, petite fille de Monsieur Romain, si je ne me trompe pas premier bibliothécaire du Parlement de Québec. Mon père, M. Gethings, aimait beaucoup les livres, et c’est sans doute dû à ce fait que la première maison qu'il ait jamais visitée à Québec fut celle de ce monsieur, Ainsi a commencé ma connaissance avec Mlle Belzaretti, plus tard Dame de P. Boucher, Ecr. qui est maintenant employé dans le département du Sénat à Ottawa. Vous vous souvenez sans doute

de sa tante, Mad, François Roy, qui n'est morte que depuis quelques années, et qui a divisée avec la belle Mad, Duval (veuve du juge Duval) l'attention pendant une si longue période à la gaie société française de Québec. Mad. Duval, par sa beauté, ses manières gracieuses, ses réceptions ; Mad. Roy par son espièglerie, ses talents de société, ses petites parties de cartes, Sa maison, pour moi, jeune, était comme une maison paternelle, car j'ai eu le malheur de perdre ma mère à l’âge de neuf ans, J'accompagnais souvent mon père cù je me rappelle il faisait souvent une partie de whist avec Mons. Berthelot, le père de Lady Lafontaine et la vieille Dile Romain, et dans le cours de la vie, comme dans une lanterne magique, une succession de personnages tant soit peu célèbres, car même à l’âge de vingt-quatre ans Mad. Roy a su attirer dans son salon tons les principaux Canadiens de Québec.

Ma seule souvenance de Lévis dans ma jeunesse est d’avoir traversé dans un bateau mue par des chevaux. Pour renseigner les jeunes gens il faut leur expliquer que ces bateaux, maintenant

si rares, étaient à peu près de la grandeur des

petits bateaux à vapeur; quatre chevaux faisaient

marcher les roues, comme vous voyez rarement maintenant quelque malheureux animal scier du bois.

Laissons le couvent de la Congrégation et montons la grande Côte de la Basse-Ville, comme tous les pas dans la vie, fatiguant et demandant de la patience, si vous voulez surmonter les obstacles ; et ayant atteint le sommet, encore une obstruction, la barrière posée là, la porte gardée par les soldats, et à qui à certaines heures on est obligé de donner la consigne si on veut passer. À quelques pas, était le vieux chien d'or, — je n'ai pas besoin de vous en parler; mais peut-être il vous intéressera de savoir qui occupait les maisons qui font face à la Place d'Armes en l’année 1770 —et qui existe encore, À la fin de ce livre vous trouverez un document curieux par son antiquité, et par lequel vous pourrez savoir où exactement demeuraient vos

ancêtres dans l’année

, S'ils étaient propriétaires ou locataires ; la plupart étaient à la Basse-Ville, dans ce temps-là, un lieu de résidence charmante, bornée par les eaux du fleuve, occupée par tout le monde d’affaires, car la Haute-Ville était presque entièrement réservée

aux militaires, Enfin, il y avait dans l’endroit

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de la maison occupée maintenant par le comte de Turenne, consul de France aujourd’hui, une seule maison où demeurait mon grand-père, le capitaine James Gethings, et jusqu’en haut de la côte une autre maison pour des soldats, maintenant le site de la résidence superbe de l’'Hon. J. Thibaudeau, et celle de feu M. DeFoy. Il y avait très peu de maisons entre ce local et les trois maisons qui existent encore, et dont la plus élevée était occupée par M. Méthot (chef de la Maison Méthoty et ses intéressantes élèves. Diles Louise Welling et Julia Masson. Je pense que cette dernière est devenue plus tard Mad. Simard, Vis-à-vis la citadèle était une rangée de maisons occupées par le lieutenant-colonel Gore,père de la comtesse de Errol, John Carleton Fisher, M. Dyde, plus tard, Col. Dyde, A.D.C. de la reine, et marié à une des sœurs de mon grand-père H. M. Patton, qui plus tard demeurait sur la jolie propriété occupée par Mons. Bender à St. Thomas. Je ferme les yeux au présent et je vois dans le passé plusieurs belles dames, entre autres les Dlles Fisher, les filles de J. Carleton. Une, plus tard Mad, Burstall, l’autre,

mariée avec un officier anglais (M. Murray), ils avaient un ÂArchery Club (archer), et tiraient

leurs flêches ; et il me semble que je n'ai jamais vu un amusement plus gracieux et plus convenable aux dames. Dans mes autres livres (“ Quebec and its vicinity,” et “ Old Memories ”) j'ai dépeint avec assez d’ampleur ce local ; ainsi, je m’arrêterai qu’à une seule maison, celle maintenant occupée comme maison de pension par L. F. O’Hare, et j'attire votre attention à ce domicile. C’est un fait que mon grand oncle a trouvé caché dans le grenier de cette maison un livre grand comme ceux dont se servent les marchands pour tenir leurs écritures. Ce livre était à part des couverts attaché par une infinité de pièces de galon rouge cerise, scélé avec de la cire, de manière que nous ne pouvions l'ouvrir ; mais en cassant quelques morceaux de cire nous venions à bout de lire quelques mots qui nous portaient à croire que le contenu appartenait au record du Nord,

C'était un livre de bonne grandeur, et pesant, dont l'écriture serrée nous faisait croire qu'il contenait sans doute beaucoup de matière, Dans les premières pages on lisait ces mots :—

“ Je prie celui qui trouvera ce livre de le

garder en sûreté jusqu’à l'an ; et s’il n’est pas

reclamé à cette date, de le détruire sous peine

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