BALLADE DE LA FALAI
Oui, maniic à la faim, mange cii paix. Ta chair a droit d'èlre nourrie.
Fais ton devoir et la repais.
Pourtant, vois qu'en la bergerie l'ar trop de luzerne fleurie Les moutons crèvent du carreau.
Mange donc, mais sans goinfrerie.
Préfère la lame au fourreau.
Songe que, si lu l'cntripais.
Ton sang vermeil, pur de scorie, Deviendrait un li([ui([c épais Pareil à celte glu pourrie (^>ui s'encharogne à la voirie.
IiAN? LF.S 111. MiH N 71
(^u'il soit char et non tomboreau !
C'est du fer qu'il faut qu'il charrif.
Pn^ft'M't' la lame au founcau.
Les crânes, les jîens à toupets.
Sont les maigres. Leur chair meurtrie
Se taie au dos des parapets.
Quelque vague charcuterie.
Voilà leur meilleure frairie.
Mais ils risquent bagne et bourreau.
Les gueux seuls ont l'àme aguerrie.
Préfère la lame au fourreau.
ENVOI
Prince, ceux dont le ventre crie \ oient rouge. Sois comme eux. taureau, Et pour frapper dans la tuerie Préfère la lame au fourreau.
72 MKS l'ARADlS
Du bon vieux roi Soleil aventureux daupliin, 0 vin, grand bâtisseur de châteaux en Espagne, Oue de fois avec toi ma gaîté fit campagne. Sous ton drapeau de pourpre et les liarnois d'or fin !
On avait toujours soif. On n'avait jamais faim. Tous de francs compagnons ! Et pour seule compagne La Chanson, vivandière au cul rose et sans pagne. Et tous, le cœur plus pur qu'un cœur de séraphin !
Car on était très doux. On ne livrait bataille
Ou'aux bouteilles. Mais comme on prenait par la taille
Ces vierges ! Comme on leur faisait des tas d'enfants !
El comme on revenait joyeux' avec la troupe
De ces beaux fils, désirs, vœux, rêves triomphants,
Que les chevaux berçaient au roulis de leur croupe !