DANS LES UK.MOUS TS
Je sais les soirs d'ivresse ou l'on perd la mémoire, Les soirs qui dans un trou rejoignent les matins, Tandis qu'à des appels de plus en plus lointains On répond vague, avec l'air de lire un grimoire,
Ouand on se sent muré comme au fond d'une armoire. Tandis que le cerveau, tous ses flambeaux éteints, Dérive dans la nuit sur les flots incertains 1 )"un lac dont se déroule à l'infini la moire,
Lac de l'inconscience, abime noir sans fond.
Où Ion coule, où sans bruit on descend, on se fond,
Noyé qui peu à peu disparait, plus livide,
.Jusquà riieure où, l'œil mort et le rictus béant,
On s'éveille, effaré d'avoir palpé le vide
Et d'avoir mis sa bouche aux lèvres du néant.
MKS l'Ait A DIS
Ivrogne, ta crapule est un vice de làclie. Honte au pilote qui, contre Tonde et le vent Chargé de maintenir le gouvernail, le lâche !
lldnle au soldat, placé dans un poste en avant, Et qui, pris de venelle, enfile une venelle ! Honte à celui qui peut rester libre et se vend 1
Ivrogne, la raison s'éteint dans ta prunelle, Et la volonté serve abdique sous ton front. A ta barre, pilote ! OEil au guet, sentinelle !
nui sait l'heure où l'orage et l'ennemi viendront?
DANS LKS REMOUS
Tais-loi donc, sobre, avec Ion nez couleur de rave ! Leau que tu bois te fait parler comme un canard, ■''oute bien : c'est toi le lâche, et moi le brave.
Ta sentinelle, l'œil au jruet, n'est qu'un renard.
Ton pilote, tenant sa barre, a la posture
Dun foireux. Mais pour moi, tempête ou traquenard,
Je m'en fous ! Vers la gloire ou la déconfiture
Je m'en vais en chantant, sans savoir mon chemin,
Par des bois ténébreux, au pays d'aventure, .
Avec mon chef cinijn'' iiour L'uitr-nip à l.i main.
M IS r A 11 MHS
15ALLADE A IJOIUK
dos .Lrour.ir.'indinos de iioutcillcs Débaucheraient le plus tèlu !
Oh 1 les belles gouges vermeilles Oui vous font de l'œil impromptu !
Tant pis pour qui ne l'a point eu, Le bonheur profond et céleste «Ju'oflVe leur ventre court vêtu î liois d'autant. Siffle sur le reste.
.le jjois. Si lu m'en déconseilles, .)»' te dirai lurlulutu, El, me bouchant les deux oreilles, J'attendrai que lu te sois tu.
Prends i)lulùt ce verre paltu
Il \ \ - I. r> lii \ioi s
El !«■ \nlc u mil- lu. 1)11 jil«>lr.
Atiu de uoyvr la vertu.
liois d'autant. Siffle sur le reste.
Bois. Les bouteilles sont pareilles A des tétons au bout pointu.
En les sueant tu Icnsoleilles.
Ton nez fut-il sale et tortu, Ron{;é de pleurs, triste, battu Par les flots d'un destin funeste, Il devient clair et beau si lu Bois d'autant. Siffle sur le reste.