‹ Mes paradisChapitre 12 sur 63 · BALLADE POUR NE TROP BOIRE · texte numérisé non relu

BALLADE POUR NE TROP BOIRE

Bois ! Mais ne bois que du vrai vin, Fils du soleil et de la terre.

C'est le seul breuvage divin.

Tout autre est fade ou délétère.

L'alcool brûle ; c'est un cautère, La bière éteint ; c'est un étui.

Et l'eau gonfle : c'est un clystère.

Bois le vin. Sois l)on comme lui.

Bois ! Même un pichet d'angevin,

Pourvu que rien ne l'adultère,

Tu ne le boiras pas en vain.

11 te chauffe et te désaltère.

Le sang court mieux dans ton artère ;

DANS I.KS RKMOIS

Dans tes yeux un éclair a lui; Bois ! Mais pas trop ne réitère.

Bois le vin. Sois bon comme lui.

Reste à mi-côte du ravin

Où choit l'ivrogne involontaire.

Bois ! Mais gare au rouge levain !

Dans le plus doux, le plus austère,

Renaît la brute héréditaire

Sitôt que le sens est enfui.

L'un devient porc, l'autre panthère.

Bois le vin. Sois bon comme lui.

ENVOI

Prince, voici tout le mystère Pour ne trop boire : avec autrui Partage ton broc solitaire.

Bois le vin. Sois bon comme lui.

XO MT.S l'A H. M) I S

Ouo lu .sois jtulaiu un pucelle, Cœur de lys ou cœur d'arlichaul, ^'ions çà, ma HUo. il ne m'en cliaut, ruis(|ue Ion beau rire étincelle.

Même laveuse de vaisselle, Viens ! J'ai l'Ame comme un cachot, Triste et froide, et la tienne a chaud Comme le creux de Ion aisselle.

'l'on lit soit public ou sacré, Ou'importe ! J'y reposerai.

Kteins le cier^'e ou la camoufle;

Bou|,'e ou temple, mets le verrou; Et dormons souffle contre souffle Comme deux bôles dans leur trou.

1» s ,N - 1 I - I - Kl

A l'âge où je ne serai plus De ceux qu'on baise sur la bouche, Mon sort me sera moins farouche.

Songeant aux yeux à qui je plus.

Mais celui des bonheurs élus Oui d'avance le mieux me touclie.

C'est votre amour, vous dont la couche Fut close à mes vœux superflus.

Les autres, au vent des années Auront jauni, roses fanées.

Le votre restera vainqueur,

Bouquet de fleurs orientales Dont j'aurai respiré le cœur Sans en efleuiller les pétales.

MKS l'A i; \ IM

On a connu r;iniour, i\ plein corps, ;i jilcin cu-ur. On s'est coupé la gorge avec ce handil corse. On est sorti sanglant du maquis, mais vainqueur.

On a sucé le fruit mortel jusqu'à l'écorce, Tant, qu'on trouve à présent les vitriols bénins. Rien, ni fer, ni poison, sur vous n'a plus de force.

On est un mâle. On rit des pièges féminins.

On est Hercule. Passe Ompliale. Seize ans. Vierge.

Et son liaisnr naïf vous roiiirc de venins.

Et dans ses doigts d'enfant on se fond comme un cierge.

PANS LKS REMOUS

« S(»it. dit-cUe, je cède el me voici clémente.

'!;tis pour y croire, à votre amour, si je m'y rends. i on veux un gajre sur el que rien ne démente.

— I.as ! fit-il, où trouver de> serments assez grands?

— Las ! les plus solennels nont plus rien qui m'émeuve, » Répondit-elle, .\lors. lui, soudain : c Je comprends !

• La preuve qu'il vous faut, je l'ai, superbe et neuve. « < » toi que j'aime, tu vas voir si je t'aimais ! >- El comme en souriant elle attendait la preuve,

S;ni^ i-f

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