VIATIQUES
LKS TR(US l EUX
I.is dragons ne sont pas si mauvais que lu crois, ' Princesse. A nie voir ijui risque la partie, s ont miséricorde et presque sympathie
Knvers si riche audace en si pauvres arrois.
1 doni.- à ma rencontre il en est venu trois Mapporter des joyaux de sagesse sertie I»ans du houx, de l'ajonc, des ronces, de l'ortie. I.o premier étiùt vieux avec des yeux très froids.
Le deuxième était jeune avec des yeux de flamme. Le troisième semblait n'avoir plus rien (jue l'àme ; ^<'s yeux étaient crevés et pourtant grands ouverts.
i de leurs trois joyaux, (luand mon poing se soulève, l!iincellent les feux, pâles, rouges, et veri<, ',»ue sème dans la nuit le pommeau de mou Lii.nv.-.
|s MKS l'AHAKl'
Li: V\LV
Si tu (lis tiiu' la \ie est un l)ou(juet de fleurs, Tu le trompes, l/épino est toujours sous la rose ; Le fruil cache souvent un ver ; el la chlorose
Hoiiiio parfois 1<^< yiMix !•"< uU\<. r^nsorceleurs.
Mais ne dis pas non i)lus cpi il n"y ail que douleurs. Il n'est point de désert que le printemps n'arrose : Des plaisirs imprévus suivent l'instant morose : M^me la maladie et la mort ont les leurs.
Jouis donc de ces "biens, quels (juils suilmiI, in i.hmim. Ûle le ver du fruit ; prends la fleur sur l'épine ; Aime les femmes sans leur demander d'amour.
Vois ce coq, el l'imite. 11 va, vient, cherciie cl Irollc,
Travaillant des ergots et du bec tout le jour,
Pour trouver quehiues grains dans un amas de crotte.
\ lA I lijl K> IV
LE IIOKIF
l'iotite des hasards au rire bénévole.
l'i i-nds les bonheurs sans voir quels caprices les font.
iidant que celle neige entre tes doigts se fond, - iTt'-l.i fortement comme un trésor qu'on vole.
l'''une-tûi tout entier à l'heure si frivole ;
. siiclianlde quel pas les minutes s'en vont, I n-he au moins de jouir à plein cœur, jusqu'au fond. 1 1.' i-.'ll." i|i)i \,' liaiso (Ml jiass;int ft s;'..iiv..l..
■- lige que cet instant n'aura pas de jumeau, Hu'on ne se baitcne pas deux fois dans la même eau Va '(11.- r...c,isi(iii morte ne peut renailre.
l»onc, avant qu'elle tombe au goulfre universel. Dans ce baiser furtif fais tenir tout ton être
Mm.; ,111.. 1(1, •,•.,,! t!<Mit dans un irrain de sel.
20 MKS l'AKAnm
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D'ailleurs, si les inslanls .-uix i.Mlops furibonds l'assonl (levant les mains d'un train tolicnnMil vil» <^>ue lu ne puisses dans leur fuite qui l'évite Kn arrêter aucun par l'aile de ses bonds,
11 te reste ceci pour t'en créer de bons : Hôve qu'autour de loi le monde entier gravite, il te viendra tous les atouts à celle invile. Transforme en diamants toi-même tes charbons.
L illusion suflit au fou (jui s'en contente.
De ton linceul, ô mort, fais-toi comme une tente
.\u dôme illuminé de tes enclianlcmcnts.
Sans doute ta raison qui bientôt se rebelle A cette illusion saura dire : < Tu mens ! » Mais l'heure ainsi vécue a quand môme été belle.
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