DA.NS LES KKMOUS
Mais reste simple. L'œuvre est grande et magislralf •Jui n'a rien du bazar exhibant ses colTrets. Elle doit se dresser comnxe une cathédrale.
Certe, il n'est pas un coin oii des détails secrets Ne prouvent une main d'artiste qui martèle Des bijoux de vitrine admirables de près.
iVtiul.iiil. 1.1 ui.ijeslé du sanctuaire est telle,
iju'avant de se distraire aux festons précieux,
Ce qu'on voit tout d'abord sou.>» la pierre en dentelU-
si le mystique élan des piliers vers les cieux.
If'8 MHS r.Mî.VDI^
IULLADE AILKE
Ou'elle soit in;\r(juisc ou gi'isolic,
En robe à Irainc ou colillon,
A l'existence fais risette.
Même guenille-guenilion,
Elle est azur et vermillon
i'our toi qu'aiment les neuf ilonzcllcs.
() frère aine du papillon,
l*oète ! N'as-tu pas des ailes 1
Viennent les jours d'àpre disette (Jù, comme un simple barbillon, Tu n'as que l'eau pour anisette, De la ceinture sans billon Tu bducles i)lus loin l'ardillon
DANS LKS U KM ois 11)9
Kt tiiieinenl lu le cisèles
Pour en seiilir moins laiguilioii.
Poète, n'.is tu pas des ailes ?
la Muse, Lraïueuu Lisette, Sur loi déploie en pavillon Ses crins d'or dont chaque frisette remplit le cœur d'un million, «.^u'y met-elle, à ton corbillon 1 Hien. Mais les oiseaux, lesoiscUes.
le sonnent leur gai carillon.
Poète, n'as-lu pas des ailes 1
Prince, il volait, le bon ^ illon.
Et puis après ? Les demoiselles ^■olent bien, et rémerillon.
Poi'l»'. n'.is-tu ji.is ci. -s :ii!»>> ■'
lu
11(1 mi: s l'.vnAiti!^
XIJII
IJALLADE AU DlVlIUMENT UES LOIS
Car au nez du siècle liypocrile il faul le crier l)ravcmcnl :
A la loi pour d'aulrcs écrilc Le poète se gendarmant Refuse de prùlcr serment.
\ otre morale (jui l'opprime I.ui ])arait du haut allemand.
La loi du rimeur, c'est la riiiK.'.
«Juoi ! J'irais dans votre guérite .Monter la garde î Aucunement.
Mon mérite ou mon démérite.
C'est détre bien ou mal rimant.
Mon vers est-il beau, clair, charmant'
DANS LES HEMOl S lit
Suis-je un inailro dans noire osrriino ' Tout esl là. Le reste, un innmtMil ' La loi du rinieur, c'est la riuir.
nue je suis saint ou svbarile.
Hon sujet, mauvais garnenienl.
Ivrogne en proie à la jjrastrile Ou buveur d'eau, sobre ou gourmand.
Chaste ou coureur, sage ou dément, «^•u'importe, si ma voix t'exprime, Splendeur du beau, splendidement î La loi du rimcur, c'est la rime.
Prince, infâme est celui qui ment A son art. Pour tout autre crime Du bon poète sois clément.
La loi du rimeur, c'est la rime.
MKS l'AMAltlS
«">|i ! (Je quels beaux pays vous voilà revenus ' \ .if^ues aux baisers bleus, flols aux vertes colères, Rubis de la mer Hougc et diaiuanls polaires, Archipels fourmillant danlhropophapcs nus,
Terres sans nom, malstroms sans fond, cicux ingénus, • iroix du sud, astres neufs, virginités stellaires, l'artances sous les cris aigus dos procellaircs. Arrivages sur des rivages inconnus,
i.oiiU'z nous tout cela ! Kleurisso/. nos cervelles ! Nos pauvres cœurs ont soif do nouvelles nouvelles. «lontez, tiers voyageurs !... Mais pas un ne i-épnnd.
l^olis bumaiiih, ])as plus au large qu'à l'escale
Ils n'ont eu le loisir de monter sur le pont.
Obî ceux qui font le tour du monde ù fond de cale !
l'assiiger toujours prol à reprendre passage Sur le premier bateau cinglant vers riiori/on. Souvent je me demande à ({uand la guérison l)e ce mal que ne calme aucun atterrissage.
Mouiin-T iiui^ (jiu'Kiui' jtorl >ei;iil 11 p,i-< puis sage, Aujourd'hui que déjà ton poil se fait grisou, Et là, bornant les va^ux, au seuil de la prison Honnir et du repos tenter l'apprentissage?
<^ue la terre est partout la mèuje, et qu'au terrien Ce qui plait dans la mer, c'est qu'elle est inconnue
il révc tout, celui qui ii ;i pas embarqué. Lii-bas, au lointain vague où l'eau rejoint la nue. '^>uels mondes on découvre en restant sur le ipiai '
'Jl MKS lAUAOIS