I.''>i-i:aoil flamboyant comme un irlaivr
Ainsi iju'un tas de chiens qu'on fouaillc. Ou que la cendre au vent d'hiver.
Tu verras fuir la valetaille Des sots qui l'ont pris pour leur pair. Ces drôles te disaient « mon cher », Te tutoyaient d'une voix brève.
Plante-leur donc en pleine chair L'orgueil flamboyant comme un glaive.
E iN V I ) 1
Prince, s'ils viennent, culs à l'air, ('.onchier les fleurs de ton rêve, Prends, pour les torcher d'un éclair, L'orgueil flamboyant comme un glaive.
I"J0 Ml> l'MîADlS
Laisse don(^ aux faiseurs d'embarras, aux nicxsirurs. Ce vacarme de fouets, de grelots, de ferraille. O postillon qui sacre et ce cocher qui braille, El ce carrosse d'or à sonores essieux.
Au château de la vie entre silencieux, \ ètu dun manteau pauvre et couleur de niurailh'. Prends les corridors noirs où le papier s'éraille. Les escaliers secrets sans regards vers les cicux.
t.iiiTi ne discrètement, là-haut, sous les mansjirdes. Ta chambre, où pluie et vent passent par les lézarde,^. Et durs tant bien que mal ton somme, et t'en rcii.iis.
l'urs au matin, à pas de loup, furlif et pleutre. Va-t'en, heureux d'avoir, parmi lombi'e cl l.i ]>.tix. Traversé l'existence en semelles de feulrt .
hANS LES RKMiil > it\
Knppe cl Ton l'ouvj-ira. C'esl le conseil du sape.
M.iis ne va pas frapper à petits coups discrets.
>on ! Frappeù coups serrés, toujours sûrs, toujoursprèl>
SMi- tiiiil .ilivt.-ii-lf iifT.Tt f.iis-i'ti I".iiii.r-iMilivx.i'.'i'
Frappe l'huis au milan et les gens au visage. Frappe avant de parler el dès que tu parais. Défonce-moi la porte, et le portier après. C'est lorsqu'on a passé i\n\\ faut quérir passage.
ippe, el l'on louvrira, quand tu seras dedans. 1 rappe à la gueule ceux qui te montrent les dents. Frappe à coups décisifs qu'on ne puisse te rendre.
Fi des longs arguments, des chemins détournés ! upe au court. Celui-là se fait vile comprendre. '.jui pour point sur les i met son poing sur les ne/..
LU
« \ ous saigiKV. î Je iiiollr.ii nn's doi.Lrls ihiiis l;i l)lcsMire
« Et tàchcnù d'avoir les doigts empoisonnes
« Pour que le mal soit âpre et que la ïnorl soit sùrc.
« \'ous me trouvez cruel et vous vous étonnez.
1 Je n'écraserais pas une fourmi par terre,
'■^ «rest vrai ; mais votre esprit me déplaît, votre nez.
« Cela suffit ! ^'ous voir souflrir me désaltère.
» L'homme est ainsi pour l'homme un bourreau s.uis émoi,
' Mi'-iiio un hnurro.Mii joyeux : c-ir à <|iioi Imn lo l.iirc?)
• Le mal que je vous fais me l'ail du bien, à moi. .
I>.\NS II: S RFMOrs 123
un
Ne va pas l'indijrncr, mon cœur. Cela t'enseigne
Quelles pitiés auront les frères généreux,
'■ lu'il faut leur cacher le trou par où l'on saigne.
Gartle les désespoirs, jouissances pour eux. Bois la souffrance ainsi qu'un ivrogne égoïste Qui solitairement hume un vin savoureux.
Puisqu'on achève ici les blessé., .ju m, „>m.u-. Ne parais pas blessé, pose en riant ta main Sur la blessure ; et si le flot de sang persiste,
Dnii- ,.,i unis s.i pourpre en empereur romain.
I*2i MES P A 11 MHS
i; ALI.ADE FHATKHNELLK
l)oiK-, mes tréros, las de larrons, (le vieux sol, commune pairie, A nous l'arraclier nous mourons, 'l'oujours riiiunaiiilé meurtrie Par rhumanilé saigne et crie.
Mais, brute, homme, ô singe Ijaihu, 'l'a propriété, c'est flouerie.
L'air que tu bois, d'autres l'ont bu.
En ce monde où nous j)asserons Comme une ombre sur la j)rairie, Hue nous soyons gueux ou barons, Bien de personne n'est l'hoirie, Ni l'eau que le fleuve charrif.
DANS LES UEMOLS
Ni les pn>s au (apU herbu,
Ni la céleste orfèvrerie.
L'air que tu bois, d'autres l'ont bu.
N'importe ! Au rire des clairons
La guerre souffle la tuerie.
En vain, rt^veurs, nous espérons
De notre voix douce qui prie
Arrêter l'atroce Furie.
Jamais son cheval nesl fourbu.
Et pourquoi celte boucherie ?
L'air que tu bois, d'autres l'ont bu.
ENVOI
Prince, il faut que la \niï\ sourie Aux fils de la même tribu.
Elle est à tous, laube fleurie.
L'air que tu bois, d'autres lont bu.
l-fi MRS l'AHAUlS
HALLADK DK LA (il i:UI{K
I'uis{|uc la guerre est nécessairt' Enlrc frères cohéritiers, En guerre, alors ! Qu'on se lacère !
Mais sans faiblesse et sans quartiers ! Loîs du droit des gens, vous mentiez.
A nos instincts de cannibales Huons-nous, francs et tout entiers.
Tords ta lame et mAchc les balles.
Doux rêveurs dont le cœur se serre A ce massacre, et qui tentiez D'unir l'un et l'autre adversaire Au nti'ud des lentlres amitiés.
Parmi les vacarmes ailiers
DANS LES HEMOLS U:
Dos cuivres, Uiinhours el cyinbalos.
Meurt la chaiisun que vous chantiez.
Tords ta lauic et mâche tes bal les.
La ^'lU'iTo V(iu> iHiil dans sa si-rir. Nous aussi, qui la combattiez.
L'apotre est le bouc émisiinire Ou'immolenl d'abord les routiers.
Ils prouveront que vous étiez Des traîtres, fauteurs de cabales.
Et Vous tueront conune émeutiers.
Tonls ta lame et mAche tes balles.
Prince, adieu les vaines pitiés Où pour Ion fK>re tu t'emballes î Et puisqu'il faut que vous luttiez.
Tords la lame et mâche tes balles.
IJS 1A\'.'> l'AIlAllIï^
Tiio majesté, loi? Tu n'en as que la mine, (juà tes infirmités d'autres soient complaisants ! Moi, je n'aurai pour toi que des mots méprisants. Plus le coquin est vieux, et plus je l'abomine.
Cheveux blancs, soit ! Mais non pas blancs comme l'hcnuim <,)uel droit, parce qu'il a vécu quatre-vingts ans, Ont ses crimes passés à des honneurs présents ? La vermine caduque est doublement vermine.
Anifi-c donc, ii-^pccl^ qu'il n'a point mérités ! j:i sans peur qu'on lui crache au nez ses vérités ! Plus il vécut, plus il eut le temps d'être infâme.
De notre piété, vieux, tu te régalais.
L'auréole des ans ! Mais ton front la diffame. L'argent de tes cheveux est du métal anglais.
ItANS LK:> RKMulS l'.1>
l.Vll
1 1 jeunesse, c'est loi qu'il faut que l'on vénère, Même dans tes excès dont on est revenu. On admire, resté debout, l'arbre cbenu «^'u'.t dépouillé le temps ot .viv.'. i.. i,,.,.,,!-,-,. •
Mais celui qui bourgeonne et qu'avril régénère, «Jui monte, qui grandit d'un ell'ort continu, ('.olui-là, c'est l'espoir, l'avenir, l'inconnu, Ddiil 1.1 si'VP est tai-ii^ ;iu rd-ui' du ci'uliMi.iiri'
Donc, à déraisonner, la jeunesse a raison.
Kt tant pis si parfois sa folle frondaison
\ii front des vermoulus grimpe et les tarabuste !
\ ieux troncs, dont plus ne doit reverdir le sommet. De vos brancbages morts n'écrasez point l'arbuste. Hespectez dans sa fleur les fruils qu'elle promet.
130 Mi:S l'AHAniS
Ne nous faisons donc pas meilleurs que nous ne sommes.
Assassins, une fois par hasard soyons francs.
Ouel homme n'a pas dit : « Meurent ces autres hommes !
« r.eux-h'i sont au pinacle et me ferment leurs rangs. « J'y veux être comme eux, vu par la populace. « Les petits d'aujourd'liui demain seront les grands.
« Jeunes, voire sang bout ; le leur, vieilli, se glace; « A voire tour, quand ils seront morts, vous vivrez. " Si In vie psI un liicn, (ju'ils m'y donnent leur ])lacc '
« Si la vie est un mal, qu'ils en soient délivrés! »
DANS Lt^S RI^MUUS 131
ôuand mon heure viendra d'être dans les partants,
Puissé-je ne pas peindre en birbe ridicule
Qui ' • ^ '"il au ciel et dit : c Ali ! de mon temps ! »
Puissé-je ne pas croire au monde qui recule,
Ne pas être de ceux qui vont en plein midi
Criant que rien n'est beau comme un beau crépuscule !
Puissé-je aimer toujours le jeune homme hardi, Trouver bon qu'il soit fou, moi que sagesse enchaîne, Et par sa gaillardise être ragaillardi !
mon soleil coufli.mt. lH'iii> raulic iJiocli.iiii.^
\.\i Mi:S l'AHAltlS