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irVLLADK DE LA LYHK
Fi (iu jeu. puisiiu'il lavorise Le Grec aux profits clandestins !
Fi (le Fanihition ! Méprise La force, recours des crétins.
Et l'astuce, arme des câlins.
Laisse aux autres la tirelire, L'or volé, les honneurs atteints.
Comme un drapeau jjorle la lyre.
Sous les doigts salis de traîtrise, Ou qu'un sang de victime a teints.
Ou que le gros sou vert-de-grise, La lyre aux accents argentins Ne rend plus que des sons éteints.
«>ux «luo la jfloin' doil rlirp Vivant Kiir lioK soiniiioU liaulaiiiK.
l'tumii»* un (Jr.i|w.iii jioric ta lynv
Kni^no les clirvmix <l-uis la Itrihc.
ToK yi^ux (InriK les pUnirs dos inatiiis. Du hois cliaiitatil. du fini (|iii Itriso. Tniduis les ai-cords iiicerlaiiiK.
Fais des vers «jue les teuips loint;<ir)s Aimeront n lire et relire.
Ne cherche point d'autres butins. Comme un dra peau porte ta Ijto.
i: NVOi
Prince, loin de« communs festins.
Manjre ton cœur, bois ton délire, Baise Ui Muse aux purs l«'*tins.
Comme un dnipeau porte ta lyre.
HiO MKS l'Ait A 1)1 S
0 mort, bon fantôme aux yeux creux Qui viens terminer nos souiïranccs, Espoir de nos désespérances, Mort délectable aux malheureux,
Ce qui te rend sans prix pour eux, N'est-ce pas la vie et ses transes, Comme aux marins les biscuits rances Font le pain frais plus savoureux ?
Donc, vous tous que vivre harasse, Au mal de vivre rendez grâce.
\"ï\e la vie et son tourment !
Contre elle injustement l'on rage.
Si la mort est un port charmant, C'est que la vie est un orage.
i»\Ns i.i;s Jll, \HltS IGI
lAWI
Ce qui fait la fcMicilt'' De vivre, c'est la inorl fuluri'.
Être en doute de sa pâture Vous tient l'appiMit excité.
O bonheur, d'être limité !
Durer sans fin. quelle torture !
Vive la mort ! Si d'avenlui-e Hn nous donnait l'éternité.
Notre faim, d'avance assouvie.
Ne prendrait plus ^roùt à la vie.
Désormais sans vœu, .sans remord,
Sans inconnu qui nous enivre, Kt nous inventerions la mort Pour avoir du plaisir à vivrt\
it;'2 Ml". s l'AHAnis
Dans le ciel de fournaise où flambe Thermidor Il pleut du feu. Le vent souffle du feu. La terre Craque de feu, brasier de cendre aux braises d'or.
Aucune auberge sur la roule solitaire !
Point d'arbre ! Mais voici qu'une source a chanté.
El rien que sa chanson déjà vous désaltère.
•Quoique las et fourbu, l'on court de ce coté. 0 caresse de l'eau, douce à la gorge roche ! El comme on te chérit, toi qui. farouche été,
lîends plus àj^ro la soif, mais la source jilns fraîche !
Il \N< 1.1. s m. MOL s |fi3
L\.\.\lll
ti iVii, liU (lu isoU'il, li'U roiiL-^t' l'i r.niii'iix.
l'eu puriticateur, dieu des races preiniéres,
Pour les liommes derniers fulur dernier des dieux !
Il fait nuit. Il fait froid. Les célestes lumières
Sont en neipe. La bise a placé les clioniins.
t)h! les .""itres. les ;rens autour, dans les chaumières î
Kntrons î .\u voyageur les pauvres sont humains, lit voici (jue debout, grave et sacerdotale. Mon attitude semble en étendant les mains
Bénir le feu mystique et l'hiver sa vestale.
If.l MKS l-AltAlH;
IIALLADK DES PLAlSlIiS
Ah ! le plaisir, quel plaisir esl-ce, Si, iiK^'ine avant d'avoir été, 11 (lai'de sous ta rose, Ivresse, Ton épine. Satiété ?
0 Itonlieur d'avance guetté Par (le trop certaines tortures !
0 pleurs que sème la gaîlé !
Plaisirs présents, peines futures.
lisl-il vrai, ca;ur plein d'allégresse.
Que souvent, près d'être fêlé, Au seuil ouvert de ta mailresse Brusquement lu l'es arrêté De liallre, pris d'anxiété
Au su «1«'N n«iir»'H .ivt'iilurt> Donl ItujI .imour fsl in;4lr.iiti- ' Plaisirs pr«''stM»ls. |»t'inoN fiiluros.
Kst-il vrai. .|uanil la faim nous ])ressp,
l>evant l(^ repas appivlr.
^^uc tout parle à la f(»lle i>i:rossr
l)e la saf.'(.' NobriéU",
Kl que, par les désirs fuuellé.
Un sent déjà les cnurlialures
Du prochain réveil héhélé .'
Plaisirs présenls. peines futures.
Prince, oui, le sort l'a ilécrulé :
Les dégoûts sont fils des bitures.
A printemps joyeux, morne été.
Plaisirs présents, peines futures.
I6G MIS l'A u A ni;
LXWV
liALLADE DE LA PEINE
Tu mours de faim ? Oli ! l'homme heureux !
Avec quelle panse élargie,
Quels coups de gueule valeureux,
Tu vas guérir ta gastralgie !
Fût-ce de pain sans fromagie,
Quand lu bâfreras à loisir.
(^>uelle crevaille, quelle orgie!
Grain de peine, fleur de plaisir.
I u meurs (1 amour, pauvre ainnureux.
Pied de grue et l'd^il en vigie Devant un seuil trop rigoureux.
Mais la belle à la siralégio Doil r(''(ior. Adieu \'v\rc:\o '
UANS l.»> III MOUS \tû
iJiilih (CN lir.'th lu vas la ^ai^l^.
Mouniiit soudain {tU'iii (l'éiuT^'ic.
«iraiii (If j)»'iii«'. fleur «it' plaisi:-
Tu mi'urb de ivver, hoiige-crrux !
Los houiint>s à l'àiue assagie, l'endaut qur lu saignes pour eux, Trailenl ton soleil de bougie.
Mais ta foi. féconde en magie.
Au tinnaraenl de ton désir Voit Taube de ton sang rougie.
Grain de peine, fleur de plaisir.
Prince, fais donc l'apologie Du bien ou du mal, sans choisir :
Car l'un de l'autre est l'effigie.
Grain de peine, fleur de plaisir.
Iti.*< MlCS !• \ H \ m
Arbre sans pied ni cime, aux branchages touffus i^>ue le vent du possible en tous sens échevéle. Parterre en fleurs toujours de floraison nouvelle. Matière, tu n'es pas; tu seras cl tu fus.
Aux caves du grand Tout sont d'innombrables fùls Uoù le vin sans tiirir coule à pleine cuvclle. Le Hasard, qui s'en soûle, y remplit sa cervelle De rt'ves infinis infiniment diffus.
Hue savoiis-iious de toi, monde, nous (jui vcciimes Dans une goutte d'eau d'une de tes écumes? Humbles, que voyons-nous de ta sublimité 1
Nous cherchons cependant une loi ijui la gère, Sans songer (|uune loi bornant l'illimité, Klernelle pour nous, est pour lui passagère.
IIKN"- II'- H l. Mots l«»
i,\\ W II
M:iisil lU' fleurit pas, NHturc, ton priiUciiijis, "^ ;1 n'est beau pour personne et fleurit solitaire. " nul passant ravi n'admire ton parterre, ^ lui in«"Mne es san> yeux à se> Ions éclatants!
Mais ils coulent en vain, ces fiUs cataraclanls. 1 seul l'inconscient Hasard se désaltère ! ciel mystérieux ignore son mystère.