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Mes premières années de Paris

ru ne t'aperçois pas du nouvel arrivé Qui ce matin, Paris, erre sur ton pavé. Qu'est-ce qu'un pauvre enfant venu de son village Pour toi qui , plus nombreux que les flots de la plage. Vois se ruer sans cesse à tous tes escaliers Les flots des visiteurs et ceux des écoliers? Que suis-je pom' la ville à qui tout grand artiste. Célèbre ailleurs, s"en vient demander s'il existe? .Nul, à quelque hauteur que son nom ait monté, Xe croit en soi s'il n"a chez toi droit de cité;

Tous, de partout, anglais, espagnol, belge, russe, Rossini, d'Italie, et Meyerbeer, de Prusse, ils viennent s'exposer à ton accueil chanceux, Et font de toi leur ville, expatriés chez eux. Quand la grande cite ne l'a pas faite sienne, Leur œuvre est dans la nuit. La gloire est parisienne.

Ville du genre humain, je ne viens pas comme eux

Te faire contrôler un nom déjà fameux.

Ville qui dis les mots que le monde répète.

Je ne t'arrive pas avec une œuvre faite

Oui tremble en attendant ton oui : je viens à toi

Avec une œuvre à faire, — et cette œuvre, c'est moi I

Je ne suis qu'une ébauche, une forme incomplète

Où s'entrevoit à peine un semblant de poète,

Un rêveur commencé par les flots et les bois.

Je suis né sur le bord du fleuve que tu bois.

Mais tout près de la mer, et mon enfance est pleine

De voiles où le vent souffle sa forte haleine

Et qui vont bravement vers les pays lointains.

J'ai dans les yeux le ciel, les couchants, les matins.

Le profond océan où sombre la pensée,

Les grands horizons. Puis Rouen et son lycée

Ont jeté là-dessus des prix de vers latins.

Je viens chez toi n'ayant encor que des instincts.

Dans l'état où m'ont mis la nature et Virgile.

Termine-moi ! pétris à ton gré mon argile,

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