LIVRE I. — EX ARRIVANT
Retouche, développe, accentue, agrandis Mon front provincial jusciu'aux rêves hardis ! Pour toi j'ai tout quitté, mère, père, sœur, frère. Je ne t'apporte rien que l'ardeur de bien faire, L'amour du vrai , des yeux que le beau fait pleurer. Un immense besoin de croire et d'admirer Et de glorifier ceux que l'avenir nomme.
Donc, prends-moi. ville I et fais de cet enfant un homme. Et, comme un fils pieux qui, lorsqu'il devient grand, Reconnaît ce qu'il doit à sa mère et lui rend En tendresse, en bien-être, en fierté maternelle Ses soins et la tiédeur divine de son aile, Puissé-je un jour, pour prix des soins qui me feront , Ajouter une feuille au laurier de ton front !
0 femmes! reines par la grâce.
De quel acier et de quel art Peut-on se faire une cuirasse Que vous ne perciez cVun regard ?
L'épée aveugle et triomphale, 0 frêle cil, tu la rompras.
Hercule file aux pieds d'Omphale.
Les yeux sont plus forts que les hra?
Tout cède, empereur comme pâtre.
Brusquement, dans les flots ouverts Par la fuite de Cléopâtre Antoine jette l'univers.
10 Mi:S PREMIÈRES ANNÉES DE PARIS.
Bien, femme! L'humanité pousse Des éclats de rire moqueurs Quand l'ongle rose de ton pouce Fait plier le cou des tueurs.
Venge-nous du meurtre! agenouille A tes pieds les hommes du fer!
Transforme leur glaive en quenouille Jette leur sceptre dans la mer!
Tâche, amour, qu'elle soit prochaine L'heure où la guerre aura cessé, Et qui renfoncera la haine Dans les cavernes du passé.
Abolis tout ce qui nous blesse, Amour! Il est temps de te voir Faire un droit de toute faiblesse Et de toute force un devoir!