LIVRE IV. — PROSERPIXE. '259 SQUAROCCA
Il faut en chercher le moyen.
Attends, je vais poster mes gens, et je revien.
Esit Squarocca.
PROSERPINE, seule.
Je n'étais pas assez terriblement saisie : Ce n'était que l'amour, voici la jalousie!
— Je souffre tant que j'ai plus d'une fois pensé A l'accepter ainsi qu"il s'était proposé,
Ou bien même à lui tout déclarer. Le délire Me prend. Malheur à lui s'il me faisait tout dire! Et puis, cju'y gagnerais-je? un peu plus de mépris, Yoilà tout. Espérer de l'attendrir? Tu ris, Courtisane!... — Mon sort est fixé. Que m'importe Qu'Angiola Tépouse ou non? Fùt-elle morte. En serais-je donc moins une fille? — Pourtant S'il m'aimait? En l'aimant beaucoup, en sanglotant... Il ne prend cette enfant que par dépit peut-être! Certainement! Je suis belle... — Vas-tu te mettre Du côté de l'amour, orgueil? silence, ami! Nous ne lui résistons, tu vois bien, qu'à demi.
— 0 jalousie étrange où mon sort me ravale : (]e serait n'ôter rien que d'ôter la rivale !
— Oui, j'ai tout, or, palais, chevaux, flatteurs, crédit, Les fêtes, dont je suis la reine, comme on dit.
Déesse inférieure à qui mon nom me mêle, Ma sombre royauté de la tienne est jumelle; Toi loin du jour, moi loin de l'amour, deuil pareil Nous sommes, ô ma sœur, deux reines sans soleil
Squarocca accourt.
SQUAROGCA, PROSERPINE.
SQUAROCCA.
Une voiture !
PROSERPINE
Est-ce elle?
SQUAROCCA.
Écoute. Elle s'arrête.
Hruit de voix. Ce sont eux. — Tu tiens au tète-à-tôte?
PUOSER i'im:.
Avec elle? oui.
SQUAROCCA.
Je vais la mettre dans ta main.
]\Iais lu te hâteras; si sûr que ce chemin Puisse être, il faut toujours dépêcher ces besognes.
— Attends, je vais chanter le doux chant des ivrognes.
— Mais cjuand pourrai-je agir?
PROSERPIXE.
Quand je crierai : ilenzo !