LIYRE II. — HANS ET MARIE
Nous n'avons pas d'argent pour payer deux mansardes.
LA RELIGIEUSE
Eh bien, nous n'avons pas, nous, d'argent pour payer
Les divertissements des filles du métier.
Quand tant de braves gens expirent dans la gêne,
Nous ne pouvons aider une misère obscène.
Le malheur chaste a seul droit à notre tribut.
Nous n'avons pas fondé notre œuvre dans le but
D'encourager le vice et le libertinage.
Nous donnerions donc tort au vertueux ménage,
A la veuve sans linge et sans pain pour son fils,
A la vierge qui dort aux bras du crucifix?
— On ne peut tout avoir. Il faut choisir. Vous êtes Aimée; alors, laissez notre aumône aux honnêtes! Ou, si vous demandez nos secours fraternels, Renoncez en ce cas à vos plaisirs charnels. Quand vous vous passeriez des caresses de l'homme! D'autres que vous le font. Je vous vaux bien, en somme, Et j'ai fait cependant vœu de virginité.
Ah ! vous renoncerez à l'impudicité.
Vous quitterez cet homme, et, juillet ou novembre,
Vous serez, comme moi, seule dans votre chambre,
— Ou bien tu crèveras de faim dans ton sérail!
MARIE
Je ne vous demandais pourtant que du travail.
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LA HL[.l(;iLU8E.
Demande du travail chez une entremetteuse ! Adieu, fille perdue, oui, mais nécessileuse !
Ello entre dans lo couvent. — Ilans revient.
HANS, MARIE
H AN s.
Ange coupable, ayons pitié de sa vertu ! — 0 Dieu ! je l'entendais parler. Je me suis tu, (^ar j'aurais insulté son innocence infâme. (Cynique chasteté! — Cependant cette femme Avait raison. Le mieux est de nous séparer.
MARIK
Nous séparer!
HANS
IMario. il faut te délivrer.
Quand, voyant que sans toi je ne pouvais plus vivre. Tu n'as pas refusé, chère enfant, de me suivre. Je ne t'ai pas promis de t'en remercier l'ai" la faim, et le froid, et leur afTront grossier. Abandonne-moi.
MARIE
Ilans !
UANS.
Ail ! j'aurais du comprendre A quelle destinée il fallait nous attendre.