‹ Mes premières années de ParisChapitre 33 sur 136 · LIVRE II. — HANS ET MARIE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — HANS ET MARIE

Et que, contraints, pour fuir ton père, à de faux noms, Gênés quand il faudrait dire d'où nous venons, Nous ne rencontrerions partout que défiance Et refus. Aujourd'liui, voici, de plus, l'offense ! Va-t'en !

MARIE

Jamais.

II AN s.

Pourcjuoi? si c'est par dévoûment, Te voir souffrir, Marie, est mon pire tourment. Retourne chez ton père, ô ma pauvre affamée ! Sa colère sera promptement désarmée; Tu verras cp'il sera joyeux de te ravoir. Ce matin je pensais à lui faire savoir Où nous étions cachés pour qu'il vînt te reprendre. Mais au moment le cœur m'a manqué. Moi te rendre! Je n'en ai pas la force. Aide-moi.

MARIE

Tout cela Pourquoi? pour cette femme et pour deux mots fju'elle a Pu dire! Sa colère est toute naturelle ; Notre façon de vivre est coupable pour elle : Une religieuse! Ami, pardonnons-lui.

Nous nous adresserons ailleurs. Après l'ennui Et la gêne, l'aisance un jour sera meilleure. Te quitter! ne redis jamais cela, j'en pleure. Je te dis que j'aurai du ti'avail autre part.

Ne désespérons pas. Il ne faut qu'un hasard,

Qu'un instant, pour que tout s'arrange. Sois tranquille

Cette maison n'est pas la seule de la ville,

Et nous arriverons, avec quelques efforts,

A l'âge où nous pourrons nous marier. Alors,

Tout deviendra facile. En attendant, je t'aime.

Tu disais que c'était souvent à l'heure même

Où tout semblait perdu que le destin changeait.

Surtout ne te fais pas de peine à mon sujet.

Je suis heureuse. Et si je te voyais sourire.

Rien ne me manquerait. Notre sort serait pire

Que j'aurais encor tout, ayant ton amitié.

Quand on est pauvre à deux, on ne l'est qu'à moitié.

Une fois mariés, plus jamais de misère.

Et ce ne sera pas assez du nécessaire.

Je veux du superflu! Je t'aime. Allons, venez.

Tiens, je ris !

HANS

Tu rendrais l'espérance aux damnés !

Ils s'en vont.

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