MVRE II. — HANS ET MARIE
MARGUERITE
Irund !
IRUXD.
J'en apporte une!
Allons, nourrice, on peut rire à présent! Allons, Il va falloir frapper la terre des talons!
Jacques se lève.
MARGUERITE
Que veux-tu dire?
IRUXD.
Maître, une bonne nouvelle, Et qui vous va debout remettre la cervelle!
JACQUES, pâle.
Si tu ne parles pas de ma fille!...
Il le menace de son bâton.
IRUXD.
Mais si !
C'est d'elle!
JACQUES
D'elle Attends. J'étoulïe un peu.
Après un instant.
Merci.
Vite, à présent!
IRUND.
En train de poursuivre une trace, Je m'étais écarté du reste de la chasse.
Et j'arrivais au Cou-du-Diablc, quand, au bout
Du ravin , dans le creux le plus noir, tout à coup
Je vois sortir du roc, ou plutôt de la tombe.
Un spectre devant qui tout mon courage tombe,
Pâle, maigre, l'air dur, l'œil désireux du mal ,
Et la face barbue ainsi qu'un animal.
Il armait un fusil. Cet homme dans cette ombre,
J'en conviens, m'a fait peur un moment. Son œil sombre,
Son fusil, ses habits en haillons, sa pâleur,
Sa barbe, — je l'ai pris d'abord pour un voleur,
Et, ma foi, je me suis serré contre une roche
En me disant : Je vais le tuer s'il approche!
De près, j'ai dit : Tiens, Hans! c'est toi! bonjour! IMais lui.
Dès qu'il m'a reconnu , voilà qu'il s'est enfui ,
Comme s'il avait vu Belzébulh. Ma parole,
C'est mal, car nous étions amis depuis l'école,
Et je n'aurais pas cru que le même chemin
Nous vît jamais passer sans nous donner la main.
Par quelle fantaisie absurde et biscornue
IMa figure, — qu'il a, j'en réponds, reconnue, —
La face d'un ami quitté depuis six mois.
Lui fait-elle l'effet d'un fusil aux chamois?
Comme il disparaissait dans le creux, une femme,
— C'était voire fille, oh ! j'en jure sur mon âme, —
Venait, et s'est enfuie avec lui.
JACQUES
Bon! j'y cours.