LIVRE II. — HANS ET MARIE
MARGUERITE
xMaintenant !
JACQUES
Oui.
MARGUERITE
Voyez tous ces nuages lourds.
Pas cette nuit!
JACQUES, à Irund.
C'était auprès du (^ou-du-Diable?
IRUND.
Tout auprès.
JACQUES
Mon chapeau ! vite !
MARGUERITE
Un temps effroyable Se prépare.
JACQUES
Faut-il que j'aille le chercher?
MARGUERITE
J'y vais.
Elle entre dans la maison.
JACQUES, à Irund.
De quel côté les as-tu vus marcher Quand ils ont disparu?
IRUXD.
Vers Saint-Luc.
JACQUES, tout bas.
Et ma fille?
— Elle était, comme lui, n'est-ce pas, en guenille?
IRUND.
Je ne l'ai pas bien vue. Ils ont lutté le pas.
JACQUES
Tu crains de me le dire. En haillons, n'est-ce pas?
Appelant.
Marguerite !
MARGUERITE, à une fentHrc.
Monsieur?
JACQUES, à Irund.
Elle aimait la parure!
Tu la voyais, jamais tache ni déchirure!
MARGUERITE
Qu'est-ce que vous voulez?
JACQUES
Prends ma bourse, et mets-y Tout ce que tu pourras. — 11 ne faut pas qu'ici On les voie arriver de cette façon vile. Je les ferai d'abord habiller à la ville Pour cju'ils rentrent chez eux vêtus comme autrefois.
— En haillons! mon enfant! ses jolis petits doigts! Je suis un monstre ! Et maigre? Une santé si tendre ! Moi qui mangeais ici! Mais c'était pour l'attendre. Et je mangeais le moins possible.
Marguerite revient avec le chapeau, le manteau et la bourse.