LIVRE II. — HANS ET MARIE
Je vous reconnais bien maintenant! Ah! ce joui- Est donc venu! c'est vous! vous voilà de retour! La maison va chanter. Ah! quelle longue attente!
— Et vous aussi, monsieur, la maison est contente De vous voir! — Mais où donc est le père?
MARIE
Comment?
.M.\RGUERITE.
Il vous aura quittés, n'est-ce pas? un moment, En voyant un ami, pour lui crier sa joie?
— Eh bien, en vous trouvant, qu'a-t-il dit? Quelle proie Pour ses pauvres vieux bras!
MARIE
Mon père ! que dis-tu?
Nous ne l'avons pas vu.
MARGUERITE
Vous ne l'avez pas vu !
MARIE
Non ! — Où? quand?
MARGUERITE
Cette nuit ! dans la forêt !
Mon pèreT Par cette aflreuse nuit! qu'est-ce qu'il allait faire?
MARGUERITE
Il allait faire grâce et demander pardon.
Mais si ce n'est pas lui, qui vous ramène donc Aujourd'liui?
H ANS
Ce n'est pas un auteur de la vie !
MARIE, à Marguerite.
Parle ! parle !
MARGUERITE
D'abord, il vous avait suivie Partout pendant un mois sans vous trouver, et puis Il était revenu pleurer dans le pays.
Il restait là, muet et froid comme la pierre. Il était presque bon à mettre au cimetière, Le cher homme! et les vers en avaient appétit, Lorsqu'hicr un chasseur qui rentrait l'avertit Qu'il avait rencontré monsieur dans la montagne. Voilà qu'à ce moment l'espéi-ancc le gagne, Et que, vile prenant son ])àton à la main, Il demande l'endroit et se met en chemin. Je m'elTrayais un peu par une nuit pareille, Et j'ai voulu du moins le suivre. Il m'a dit : vieille! En vous voyant, j'ai cru qu'il vous avait trouvés. Mais qu'est-ce que ça fait? les enfants sont sauvés! Il reviendra pleurant , poncliant sa tète grise, Morne, — et vous verra là. Quelle bonne surprise! 'Venez toujours manger.
Je n'ai pas faim, merci.