LIVRE 11. — HWS ET MARIE
MARGUERITE
Et VOUS, cher monsieur Hans?
H AN s.
Je n'ai pas faim.
MARGUERITE, contemplant Marie.
Ainsi , Vous voilà! Le bon Dieu vous rend à mon cher maître! C'est la seconde fois qu'ici je vous vois naître ! [Mais votre père peut tarder, vous feriez bien De manger un morceau.
MARIE
Merci, je ne veux rien.
MARGUERITE
Vous allez m'en vouloir à la fin, si j'insiste. Faites à votre goût. Mais vous avez l'air triste ? Moi, je ris. Le foyer est au complet , mon Dieu! Je vais préparer tout et mettre l'oie au feu.
HANS, MARIE
MARIE
Je vous en prie encor. Pourquoi m'avoir contrainte Et jusqu'ici traînée? Ah ! je me meurs de crainte! Hans, ce bois va crier ce dont il fut témoin ! Il aurait mieux valu nous en aller bien loin; Notre présence au bas de ce mont nous dénonce.
Je VOUS ai supplie; mais pour toute réponse, Hans, vous pressiez le pas. Nous serions arrivés De jour sans ma faiblesse et mes pleurs ; vous m'avez Permis de m'arrêter pour que je me repose Et de n'entrer au bourg du moins qu'à la nuit close. Eh bien, puisque personne encor n'a pu nous voir, Rien n'est encor perdu. Hans, partons! dès ce soir! Fuyons! disparaissons! Nous prierons Marguerite De se taire. Oh! je suis à vos pieds, fuyons vite! Chaque instant qui s'écoule emplit mon cœur d'effroi. Faites-moi cette grâce. Eh bien, répondez-moi. Que vous ai-jc donc fait pour vous voir si sévère? Parlez-moi, Hans. Il faut vous sauver!
nANS.
Pourquoi faire?
MARIE
Je veux que vous viviez!
HANS
A'ivrc! qu'appelcz-vous Vivre? Est-ce partager un antre avec les loups. Et vous y voir mourir de faim et de démence? Ça m'a coûté trop cher pour que je recommence.
MARIE
Hans, pour que vous viviez, j'aurai tout dévoùmcnl, Jusqu'à vous laisser seul dans votre dénûment ! H en est temps encor, pars de ce lieu funeste. Va-t'en ! oui, s'il le faut pour te sauver, je reste !