LIVRE II. — HANS ET .AIARIE
Qu'ils viennent de trouver là-bas sous une roche. Monsieur le curé dit qu'il faut sonner la cloche.
L'enfant passe. Marguerite sort précipitamment par le jardiQ. .MARIE.
Ami, je ne sais pas ce qui va se passer, Mais avant de mourir je veux vous embrasser.
ll.V.NS.
Non ! ne te mêle pas à cela, femme I arrière 1 L'action m'appartient ! je la veux, tout entière ! Maintenant surtout!
La cloche commence à sonner comme pour les agonisants. — Un grand bruit de pas et de voix.
MARIE
Hans!
HAXS.
Dieu me juge aujourd'hui.
-MARIE, s'agenouillant.
Prions.
UANS.
J'ai trop prié!
La porte du fond s'ouvre. Entre une troupe de chasseurs, Karl en
tête, portant un cadavre. Une foule de femmes et d'enfants les
accompagne. Marguerite revient, la figure dans son tablier. La cloche tinte toujours.
MARIE
Mon père! ah!
Elle se jette sur le cadavre.
H AXS, à part.
C'était lui.
HANS, MARIE, LES CHASSEURS; etc.
KARL, à Marguerite.
Nous avions appelé saint Hubert à noire aide, Et nous étions bientôt au haut du sentier raide, Lorsque nous avons vu notre cher compagnon. Ah ! nous avons eu beau l'appeler par son nom Et vouloir réchauffer son vieux corps insensible. Lorsque nous avons vu que c'était impossible, Nous l'avons rapporté tristement à son seuil. C'est une mort qui met tout le village en deuil. On cherchera longtemps un chasseur qui le vaille. 1 1 avait le pied vif. Mais, si vite qu'on aille, La mort aura toujours le pied plus prompt que nous Je me souviens qu'un jour il a tué deux loups. Deux dans le môme jour! Son poignet était ferme. Notre vieux camarade est maintenant au terme. Et son âme est allée où nous irons aussi. Nous vous le rapportons pour qu'on l'enterre ici. Ses pères lui feront sa place dans leur couche. Il était là. la main sur sa plaie, et sa bouche Jitait ouverte et, morte, essayait de crier. Nous le vengerons. Oui. Bien sur!