‹ Mes premières années de ParisChapitre 55 sur 136 · LIVRE II. — H ANS ET MARIE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — H ANS ET MARIE

H ANS

Vivre avec vous de moins — et cette nuit de plus ! Bah ! — Vous m'auriez quitté lorsque je le voulus, Que vous auriez hâté l'heure qui me délivre. Vous n'aviez qu'un moyen de me forcer à vivre, C'était d'avoir hier un honneur moins altier Et de vivre avec moi de mon nouveau métier. Je vous appartenais, et, pauvre vagabonde, Je n'avais pas le droit de m'en aller du monde Tant que mon bras pouvait vous nourrir un seul jour. Mais puisque je n'ai rien fait avec mon amour. Puisque je n'ai rien fait avec mon meurtre même. Puisque mon âme en vain a reçu ce baptême De sang, puisque vos mains ont refusé d'ouvrir Cette bourse d'enfer, — merci ! je peux mourir.

MARIE

Hans! je n"ai pas d'abord, dans cette nuit affreuse. Compris votre action terrible et douloureuse, Et j'ai peut-être eu l'air de rejeter sur vous Ce que vous avez fait pour moi, non pas pour nous. Pardonne-moi. D'abord, tu m'avais avertie. C'est ma faute, pourquoi ne suis-je pas partie? J'étais là, t' excitant, souffrant, mourant. Oh! croi Que je n'ai dans le cœur que tendresse pour toi. Ami, ce sang qui teint ta main moins que la mienne T'aurait été moins dur à tirer de ta veine! Tu n'aurais jamais fait cette action pour toi.

13Zj MES PREMIÎÎRES ANNÉES DE PARIS.

(l'est moi qui t'ai poussé le bras. Oli ! donne-moi Ta main, que je la baise, ô sanglante victime, Martyr! Dis, pourras-tu me pardonner ton crime? Moi, t'en vouloir! rougir de toi! te reprocher (le que j'ai fait! Ami, viens avec moi chercher La bourse! J'ai trop faim pour être scrupuleuse. Et, s'il le faut, eh bien, je me ferai voleuse!

H AN s.

Il n'est plus temps!

.Al A R I E .

C'est moi qui volerai!

IIANS.

Jamais!

MARIE, à Hans.

Silence !

MAIU;U£R1TE, allant regarder à la porto du fond.

Pas encore ! Eh bien, je lui promets Un bon sermon ! — Là-bas, — venez donc voir, madame, Tenez, — qu'est-ce qu'ils ont à faire cette flamme? Des torches! voyez!

TJno vague rumeur dans la rue. Marguerite appelle.

Fritz, oii cours-tu donc si fort?

Qu'est-ce?

UNE VOIX d'enfant.

Je ne sais pas, madame, c'est un mort

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