‹ Mes premières années de ParisChapitre 58 sur 136 · VOIX DANS LA FOULE · texte numérisé non relu

VOIX DANS LA FOULE

Un forfait monstrueux ! — Étranglez-le ! — L'infùme !

— Assassiner! — A'oleur! — Le père de sa femme !

— Qu'on le tue! — Il ira voir les juges! — Il faut Qu'on dresse l'échafaud dans le bourg!

138 MES PREMIKHES ANNEES DE PAUIS.

MARIE

L'échafaud !

Le bourreau, n'est-ce pas? avec ses mains maudites! Ali çà. voyons un peu, qu'est-ce donc que vous dites? Vous voulez à présent me tuer mon mari ! Vous venez m'annoncer que mon père a péri. Et pour me consoler vous m'ofTrz d'être veuve i Allons donc ! — Et d'abord vous n'avez pas de preuve! Un mot qu'on aura dit sans songer! Eli bien quoi. Est-ce assez pour tuer un homme? — Ecoutez-moi. Je vais vous expliquer, messieurs. C'est le délire. Il ne faut pas penser à ce qu'il peut vous dire. (!l'est que voici deux jours que nous ne mangeons pas. Nous n'avions pas de pain quand nous étions là-bas. Et, voyez-vous, la faim, cela donne la fièvre. Et les choses que peut alors dire la lèvre Xe comptent pas. On est vraiment un insensé. Personne n"a tué mon père. Il a glissé D'une hauteur. Le pied n'est pas sur à son âge. Et puis, je NOUS demande, est-ce que c'était sage De courir les rochers par cette nuit d'effroi? Il faudra cependant lui faire un beau convoi. Les pauvres mangeront. Oh! la faim, quel martyre! Mais j'y pense, c'est vrai, j'oubliais de vous dire Quelle raison mon père avait de se presser ? C'était pour nous revoir et pour nous embrasser ! Et nous l'aurions tué! Ce qui tous vous abuse, C'est que vous nous croyez brouillés, je vous excuse.

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