LIVRE II. — HANS ET MARIE
Mais tout était fini, le passé s'effaçait ,
Et nous nous aimions tous. Marguerite le sait.
N'est-ce pas? Parle donc! Messieurs, c'est qu'elle pleure.
Les pauvres mangeront chez nous. Notre demeure
Sera la leur. Du pain tant qu'ils voudront. — Eh bien,
Je vous prie en pleurant et vous ne dites rien!
Tous muets î
A Karl.
Vous, monsieur, dites-leur qu'on nous quitte. Vous m'aimiez autrefois lorsque j'étais petite. Et vous m'avez tenue entre vos bras souvent. — Un jour que vous aviez pris un chamois vivant, Ce fut pour moi. — J'étais votre petite fille. Vous me disiez toujours que j'étais très-gentille. Vous m'aimiez. — Parlez-leur. Ils vous entendront, vous.
KARL
Nous vous aimons encor et nous vous plaignons tous. Oui, tous nous déplorons ce jour de grande épreuve Qui vous va d'un seul coup faire orpheline et veuve. Mais c'est pour un devoir que nous sommes ici. Il faut que nous vengions votre père.
iNIerci !
On a tué mon père, eh bien, que vous importe? La maison m'appartient puisque ma mère est morte ! Que faites-vous chez moi? Je vous trouve harJis. C'était mon père, et non le vôtre, je vous dis.
IZlO MES PREMIÈRES ANNÉES DE PARIS.
Vous l'avez rapporte. Le reste me regarde. Allez.
Voyant que les chasseurs s'avancent vers Hans.
Ne touchez pas mon mari !
Elle le couvre do son corps.
KARL
Prenez garde, 3Iarie ! il a du sang de votre père aux doigts. Quoique cela soit dur, je fais ce que je dois. Car le sang veut du sang, et la victime entraîne Sous terre l'assassin. Nous plaignons votre peine, Mais cet homme a tué, nous le ferons juger. Un mort que ses amis négligent de venger S'agite sans dormir sous sa pierre, et la lève, Et vient toutes les nuits les menacer en rêve.
A Ilans.
En avant, ou je vais te saisir au collet.
HANS, armant son fusil.
Une minute encor, mes maîtres, s'il vous plaît ! Un instant.
Les chasseurs reculent.
Ce n'est pas pour vous demander grâce.
Quoique je voie ici mon crime face à face Avec toute l'horreur que l'ombre recela, Quand celle nuit affreuse accouche de cela. Quand je tiens le secret qu'elle avait dans le ventre, Quand je vois quel festin j'apprêtais dans mon antre,