A MOLIERE
Molière, que dis-tu de tes Femmes sacanles? Trouves-tu que ce soit une bonne leçon? Les femmes, en elTet, sont-elles des servantes Dont l'esprit ne doit pas sortir de la maison?
3Iaître, leur dirons-nous : il ne faut pas qu'on lise Voir « comme va le pot » est-ce tout leur destin? Est-ce que leur science a vraiment nom Bélise, Et que leur poésie est vraiment Trissotin?
Clitandre passe un peu de pensée à la femme. Mais il ne dit qu'un mot et tout ton drame amer
I5'i MES PREMIERES ANNEES DE PARIS.
iN'cst qu'un éclat de rire à la face clc rame. Le vers se couche à plal-Chrysale dans la cliair.
.Molière, si tu viens quelcjuefois dans la salle Quand la foule, emplissant ton Théâtre-Fr-ançais , Bat des mains aux beaux vers monstrueux de Ghrysale, Est-ce que tu n'es pas navre de ton succès?
Avec ces vers on fit de loi, pauvre génie, Le complice du vieux préjugé bestial Oui voudrait empêcher l'ascension bénie Des femmes vers le beau, l'azur et l'idéal.
(l'est loi qui les retiens, et c'est toi qui leur voiles Les vérités, et c'est avec des vers de toi Qu'on leur défend d'avoir des yeux pour les étoiles Et que l'homme leur dit : — Le soleil est à moi !
C'est de tes mois tranchants que chacun les lapide. Sitôt qu'une ouvre l'aile et quille un peu le sol. Ainsi que sur l'oiseau les grains du plomb stupide. Le gros sel de Chrvsale est tiré sur leur vol.
C) grand poète triste, est-ce toi qui les blesses? Homme et penseur, ayant double virilité,