LIVRE IV. — L'AVENEMENT D"HENR[ V
Ce que ton père avait par le droit du plus fort,
Tu vas le posséder selon les lois écrites;
Toi. tu n'usurpes pas le sceptre, tu l'hérites.
Mais, plus assis que moi, tu ne l'es pas assez;
Les vieux ressentiments ne sont pas effacés;
Suis, ô mon cher Henri! l'exemple de ton père :
Pour arracher leur dard et leurs dents de vipère
Aux amis criminels qui m'avaient couronné
Et qui pouvaient m'ôter ce qu'ils m'avaient donné,
J'ai détruit ceux d'entre eux dont surtout j'avais crainte,
Et je voulais mener le reste en terre sainte
Pour occuper leurs bras. Fais la guerre, ô mon fils !
Adresse aux rois voisins de vigoureux défis,
Et, si tu veux trouver la couronne légère,
Jette les mécontents sur la terre étrangère !
— Je voudrais te parler encor, mais je suis las,
Et je sens mes poumons qui refusent, hélas !
La parole me manque. — Ah! que Dieu me pardonne,
Et te laisse porter longtemps cette couronne I
LE PRINCE HENRI
Seigneur, nos ennemis peuvent être acharnés, Mais vous l'avez conquise et vous me la donnez : Je la mets hardiment sur une tète altière, Et je la défendrai contre la terre entière.
LE ROI
M y lord Warwick est là ?
226 MES FHEMitriES ANNÉES- DE PARIS.
LE PRINCE HENRI, appelant.
Mylord Warw ick !
Rentrent Warwick et les autres.
LE ROI, à Jean de Lancastre.
Tu vois.
Je vous quitte.
A Warwick.
La chambre où la première fois Je me suis trouvé mal, tu le souviens, a-t-elle Un nom particulier?
WARW ICK.
Cher seigneur, on l'appelle Jérusalem.
LE ROI
C'est bien. Il n'aura pas eu tort Celui qui m'a prédit que le lieu de ma mort Serait Jérusalem. J'ai cru qu'il voulait dire La terre sainte. Amis, portez-moi, que j'expire Dans cette chambre où j'ai senti la mort venir; C'est la Jérusalem où Henri doit finir.
un l'emporte.
PROSERPIXE