DEPART D'OSCAR MARTEL, POUR L'EUROPE
Chanson {chantée par M. Bouc lier).
Quelques jours avant son dépari pour l'Europe, où il allait concourir au Conservatoire de Liège, Monsieur Oscar MarteJ, jeune violoniste canadien, donna, à Montréal, un concert auquel prirent part nos principaux artistes et amateurs.
M. Joseph Boucher, notre premier comique, m'ayant prié de lui composer quelque chose en rapport avec la circonstance, dans le cas d'un rappel, je fus heureux de profiter de l'occasion, pour souhaiter à notre jeune artiste, tout le succès auquel lui donnaient droit son talent et son travail.
(M. Boucher.)
(Air: Les poètes de la France devant les Dieux de L'Olympe.)
C'est incroyable, Epouvantable !
Vous voulez donc ici me voir mourir?
O tyrannie !
C'est là ma vie :
On me tourmente à ne jamais finir.
Monsieur Boucher, chantez nous quelque chose, Un seul couplet qui nous puisse amuser, Pardon, vraiment, mon rhume m'indispose ; Bah ! pour si peu, vous allez refuser? ' Si je refuse,
Yite on m'accuse D'ingratitude envers mes auditeurs, En vain j'implore, On crie, encore !
Il faut céder à ces bravos flatteurs.
Ce bon publie qui me trouve des charmes, Et qui, souvent, applaudit ma chanson, Croit que mon cœur est toujours sans alarmes, Que, d'être triste il n'a jamais raison :
Erreur profonde !
Car, dans ce monde,
Qui, parmi nous, n'a pas quelque chagrin ?
Sur cette boule
Où chacun roule, Rire et pleurer, c'est là notre destin.
Oui, moi si gai, toujours dispos à rire, Soudain j'éprouve un sentiment nouveau ; Et ce chagrin, oserai -je le dire ?
Me rend rêveur et trouble mon cerveau.
Si je m'attriste,
C'est que l'artiste Dont vous venez d'admirer le talent,
Va pour la France,
Plein d'espérance, Quitter, demain, les bords du St Laurent,
Mais, si l'espoir ici-bas nous console, Je redeviens plus joyeux que jamais :
Ce jeune ami, couvert d'une auréole, Viendra, bientôt, nous dire ses succès,
E t sa patrie
Enorgueillie Lui dévouera son amour maternel,
Toi, jeune fille,
La plus gentille ; Tu chanteras le nom d'Oscar Martel. (1)
( 1) M. Martel revint après une année d'absence, avec le premier prix du Conservatoire de Liège. 11 s'est fixé à Montréal, où il forme d'excellents élèves.
MA FIANCEE.
Romance dédiée à L. L. Maillet, Ecr., Avocat, chantée par lui a un concert de charité donné a Montréal, en 1869.
Seize printemps, c'est là son âge, Un teint de rose, un bel œil noir, Sa douce voix, c'est le ramage De l'oiseau qui chante, le soir :
Sa bouche inspire la tendresse, Son front est pur comme un saphyr, Ou comme l'onde que caresse Le souffle amoureux du Zéphir.
Ces dons brillants'de la nature, Pour elle sont biens superflus ; Car dans son âme chaste et pure, Naissent les plus belles vertus.
Au bonheur dont elle rayonne, Quand sa main s'ouvre au malheureux.
On croit qu'elle voit la couronne Promise à tous cœurs généreux.
Son esprit de charmes pétille,
Toujours dispos, joyeux, ardent ;
C'est une étoile qui scintille
A la voûte du firmament.
Son tendre cœur est sans mystère,
Temple prodigue de faveurs,
C'est un riche et charmant parterre
Où l'amitié cueille des fleurs.
N. B. — M. J. B. Labelle, auteur de la musique de cette romance, en joua l'air sur l'orgue de l'église paroissiale, au moment où Mr. Maillet et sa fiancée s'agenouillaient à l'autel pour recevoir la bénédiction nuptiale. J'étais garçon d'honneur.
AU DR. CODERRE.
Je mots main à la plume, Pour vous prier, docteur, D'accepter ce volume, De la part de l'auteur.
Bien que je m'imagine, Que, comme souvenir, Un traité de vaccine Vous ferait plus plaisir, De grand cœur je vous donne Tout ce que mon cerveau, Depuis que je fredonne, Chansonnette ou rondeau A produit, (qu'on s'incline!) D'aussi triste à mes yeux Que, ce qu'on médecine On a trouvé de mieux.