‹ Mes rimesChapitre 7 sur 29 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

Pour les élèves de Madame M. d, à V occasion

d'une visite de M. V i?ispectcur des écoles du district de

Montréal.

Pour

travailler, Dieu nous mit sur la terre,

C'est

un arrêt do sa divine loi ;

Car lo travail est une humble prière

Que

'homme adrosso à ce Souverain Eoi.

Pour

accomplir les dessoins du Dieu Sage,

N'attendons pas l'heure des cheveux blancs,

Mais

profitons du beau temps du jeune âge -

Pour

nous montrer ses dociles enfants.

refrain. — Allons le temps nous presse,

Mettons-nous au travail !

Que l'indigne paresse

Soit notre épouvantai I,

Bientôt, de la vacance

Goûtant les longs loisirs,

Notre joyeuse enfance

Prendra de doux plaisirs.

Ne suivons pas ceux qui, dans la nature, Cherchent toujours la richesse de l'or; De notre esprit poursuivons la culture, C'est ici-bas le plus brillant trésor ; Parmi les biens que nous offre le monde, Lui seul surgît au milieu des revers : Tout autre, hélas ! s'échappe comme l'onde Qui disparaît dans le goirffre des mers.

Allons le temps nous presse, Mettons-nous au travail ! etc.

De ce pays où nous prîmes naissance, Il nous faudra faire, un jour, l'ornement, Puissent, bientôt, les maux de l'ignorance Ne plus régner sur notre continent !

Que la science, en fondant son empire, Impose à tous le respect de ses lois ; Que le savant puisse bientôt se dire : Que le savoir et le talent sont rois !

Allons le temps nous presse, Mettons-nous au travail !

Que l'indigne paresse Soit notre épouvantail, Bientôt de la vacance Goûtant les longs loisirs Notre joyeuse enfance Prendra de doux plaisirs.

— go- LA CHAMBRE A FLAVIEN. (1)

Air : Dans un grenier qu'on est bien a vinjt ans.

Disparaissez demeures somptueuses,

Riches palais, vous me faites pitié,

Votre splendeur, vos fêtes luxueuses

Ne valent pas le toit de l'amitié :

Loin de vos murs et de votre opulence,

Dans nos plaisirs nous ne manquons de rien ;

Oui, pour charmer les jours de l'existence,

Nous avons tout dans la chambre à Flavien. (bis)

Dans ce logis, méprisant l'étiquette

Qui, de nos jours, règne chez tant de fous,

On s'introduit sans se tordre la tète

Pour dire aux gens " Comment vous portez-vous ? "

(1) Flavien Bouthillier, avocat de Montréal, ami intime de l'auteur, chez qui se réunissaient, presque tous les jours, un groupe déjeunes gens de talent et d'un brillant avenir.

Chacun y vient apportant sa figure,

Tout arrivant conserve son maintien,

On sait toujours respecter la nature

Comme on la voit dans la chambre à Flavicn (bis)

Un goût modeste orne ce sanctuaire, La vanité s'éloigne de ces lieux, Mais on y voit, précieux reliquaire, Quelques portraits de ses braves aïeux.

Puis au milieu des flacons et des pipes Tout un traité de droit Canadien :

Même en buvant, car on a des principes, On parle code en la chambre à Flavicn. (bis)

Lorsqu'on ce lieu la douce nuit s'annonce,

Du célibat c'est le gai-rendcz-vous,

Entre deux vins tendrement on prononce

Le joli nom d'une femme aux yeux doux

Lors possédant la terre tout entière

On est heureux dans un fol entretien ;

Et bien souvent quand parait la lumière

On veille encor dans la chambre à Flavien. (bis)

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