LE SOMMEIL DE L'ENFANT
Pour Madame R e. (1) a la naissance de son
premier e?ifa?it.
Dors, ô mon bel enfant !
Sur le sein de ta mère, Vois ! la nuit se répand, Ferme bien ta paupière.
Tout se tait au dehors, L'oiseau, dans la ramure, De ses joyeux accords A cessé le murmure.
Ton sommeil est si beau, Demain, la fraîche aurore Sur ton petit berceau Viendra briller encore.
(1) La femme d'un ami, morte depuis.
Dors ! ton sommeil, enfant, C'est la sainte prière Qui sur l'homme suspend La divine colère.
Toi qui, du Dieu vengeur Adoucit la sentence, Pour le pauvre pécheur Offre ton innocence.
Le vent, au loin mugit, Mais, ne crains pas l'orage, Dors, aimable petit !
Dieu protège ton âge.
L'ange du Paradis Yeille auprès de ta couche Pour cueillir le souris Que laisse errer ta bouche.
En te fermant les yeux Qu'il couvre de son aile,
Ce messager des cieux.
De la voûte éternelle
T'ouvre les horizons.
Il te prend il t'enlève Parmi les anges blonds :
Tu crois que c'est un rêve.
Et tu le crois encore, Longtemps après le jour :
Ta mère qui t'adore, Ta mère, ton amour,
Eessemblc tant aux anges Qui t'ont bercé là bas, Que tu vois, sous tes langes, Des ailes à ses bras.
Dors, ô mon bel on fan t, Sur le sein do ta mèro.
Vois ! la nuit se répand, Ferme bien ta paupière.